lundi, mars 11, 2013

Polony contre Obertone : les Français pris dans un cercle d'acier

Cet article :

Débat biaisé sur l'ultra-violence

est plus intéressant par ce qu'il passe sous silence que par ce qu'il dit.

D'abord, un élément de contexte : Natacha Polony a été inexistante lors du passage de Laurent Obertone chez Ruquier. Cet article, dans le confort douillet du Figaro, sans opposition, apparaît comme un rattrapage facile.

On peut reprocher à La France Orange Mécanique (je vous en ai épargné la recension, puisque tout le monde en parle tant) un certain nombre de choses : c'est un livre brouillon qui mélange les choux et les carottes. Mais il a le grand mérite de dire ces vérités dont le dévoilement terrifie la classe jacassante et la rend hystérique (voir l'attitude d'Aymeric Caron chez Ruquier).

Laurent Obertone soutient deux thèses :

1) Le mélange des populations et «l'assimilation à la française», ça ne marche pas. Pas avec des centaines de milliers d'immigrés de races et de cultures différentes. Surtout (c'est moi qui l'ajoute), quand une culture arrivante (l'islam), est fondamentalement hostile et conquérante.

2) La société française n'est pas assez défendue par la justice, qui manque à son devoir de répression (sauf pour les automobilistes, mais c'est une autre histoire - enfin presque). Quelle que soit la race des criminels, blancs, noirs, jaunes, ils devraient aller plus en prison et plus longtemps.

Or, Natacha Polony ne s'attaque qu'au premier point. C'est une technique typique de la malhonnêteté intellectuelle de la bien-pensance : en focalisant sur un seul point, on donne à croire que ce livre est obsédé de racisme.

En effet, le deuxième point est encore plus dérangeant que le premier : accuser les institutions d'avoir un penchant en faveur des populations allogènes ouvre la porte à d'infinies discussions. Accuser l'institution judiciaire d'avoir un penchant en faveur des criminels est net et clair : c'est l'accusation de trahir les devoirs de sa charge, de trahir sa mission, de voler ses budgets et ses emplois.

Natacha Polony fait donc oeuvre de bon petit soldat de la bien-pensance en s'attardant sur le point le plus litigieux mais pas le plus important. Elle contribue à brouiller l'écoute.

Pourquoi m'y attardé-je ?

Parce qu'il me semble qu'on voit bien dans cet article anecdotique comment on enferme les Français dans un cercle d'acier.

Comme Eric Zemmour, Natacha Polony nous est présentée de manière trompeuse comme une opposante au système. En réalité, elle en partage les idées fondamentales : elle est socialiste, immigrationniste et, même, progressiste. Les seules nuances sont sur la vitesse et les modalités de la course à l'abîme.

En organisant des débats entre gens mimant le désaccord alors qu'ils pensent tous fondamentalement la même chose, on empêche un véritable débat de s'établir et une opposition véritable d'émerger.

Cela mérite bien qu'on s'y attarde cinq minutes.

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