samedi, novembre 23, 2013

Qui n'a pas tué John Kennedy ? (V. Quivy)

Livre d'actualité, à l'occasion du cinquantenaire de l'assassinat de Kennedy.

Plaisamment écrit, il est de lecture agréable.

Il passe en revue les différentes hypothèses et conclut que la plus vraisemblable est que Oswald a agi seul. C'est aussi mon opinion.

1) Les hypothèses alternatives présentent chacune encore plus de trous que la thèse officielle.

2) Il manque le mobile pour les hypothèses alternatives. En effet, on nous dresse toujours des listes d'ennemis de Kennedy qui avaient intérêt à sa mort.

Certes. Mais il ne faut pas confondre avoir intérêt à sa mort et organiser son assassinat. En effet, si l'on se place dans l'hypothèse d'un complot, nous avons affaire à des individus rationnels qui doivent envisager l'échec de leur opération.

On constate alors que le coût de l'échec est pour eux immense. Pour un gain, en cas de réussite, assez mince : après tout, Kennedy est en fin de mandat et il n'est nullement assuré qu'il sera ré-élu. Il n'est donc pas rationnel d'organiser un tel attentat.

D'ailleurs, le temps joue contre l'hypothèse du complot : un complot implique nécessairement du monde. Qu'aucun participant à un crime si célèbre ne s'en soit vanté, même de manière posthume, paraît peu vraisemblable.

D'ailleurs, il suffit là encore de regarder l'histoire : combien d'assassinats politiques sont dus à un complot, combien sont dus à un illuminé solitaire ? La balance penche nettement du coté des illuminés.

Mais je sais bien que cette rationalité ne peut être entendue de tous : le complotisme, qui voit des complots partout, est consubstantiel à la démocratie moderne, comme l'avait expliqué François Furet à propos de la révolution française.

Remarquons que le phénomène s'auto-entretient : si la thèse officielle est la bonne, il n'y a plus rien à découvrir. Du fait qu'on ne découvre plus rien, le complotiste tirera que le mystère est particulièrement protégé et donc le complot d'autant plus puissant.


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