vendredi, décembre 27, 2013

Hollande : marre des grosses ficelles et des petites magouilles

A propos de la désormais fameuse «inversion de la courbe du chômage», tout le monde a compris la kolossale finesse de François Hollande : les courbes économiques ont toujours quelques soubresauts à rebours de la tendance de fond. La tendance de fond est à l'augmentation massive du chômage, il y aura bien quelques sursauts à la diminution. Si on aide ces mouvements erratiques favorables à coups d'emplois inutiles subventionnés par les moutontribuables, Hollande pourra annoncer triomphalement (et faussement) pendant un quart de seconde qu'il a fait baisser le chômage.

Je crois que les Français sont fatigués de ces ruses de garçon-coiffeur.

Mais sont-ils fatigués au point de renoncer aux fausses solutions de facilité ? On peut définir le socialisme comme la politique de la jalousie, mais c'est aussi la politique du moindre effort. Après tout, si les socialistes détiennent tous les leviers du pouvoir en France, c'est parce que les Français l'ont voulu ou ne s'y sont pas opposés assez fermement, ce qui revient au même.

Il y a toujours des Français qui croient qu'on peut résoudre nos problèmes sans effort, d'où les imbécilités sur l'abrogation de la loi de 1973 ou sur la sortie miraculeuse de l'Euro (1), ou en faisant porter les efforts sur les autres, les immigrés par exemple (2).

Or je pense que tous, absolument tous, y compris Marine Le Pen, nos politiciens sont fondamentalement incompétents à redresser le pays. Fondamentalement car la racine du problème vient de notre cursus honorum, de notre manière de les sélectionner et des pouvoirs et des contre-pouvoirs que nous leur donnons, dans nos institutions malades.

Mon théorème (théorème  = proposition démontrable) est le suivant : tout homme politique apte à redresser le pays est éliminé par le système avant d'arriver au sommet.

D'où il s'en suit que tout homme politique arrivé au sommet est inapte à redresser le pays.

Le grand déni : quand l'obsession française pour les chiffres du chômage cache la défaite intellectuelle du renoncement au plein emploi

Puisque le salut ne peut venir d'en haut, il viendra d'en bas.

Mais avant, il faudra que les institutions qui paralysent le pays soient brisées. Or, elles sont solides. Une administration aussi tentaculaire et envahissante que la nôtre ne se laissera pas contourner sans réagir violemment. Je suis hanté par le destin espagnol, j'ai peur que nos descendants soient concierges à Londres.

Je crois donc qu'il faudra sombrer dans l'anarchie et la dislocation, et probablement dans une forme plus ou moins larvée de guerre civile avant que les Français puissent de nouveau prendre, chacun, leur destin en mains. Pour l'instant, les seuls Français qui retrouvent pleinement leur liberté sont ceux qui s'exilent.

En attendant, j'espère, sans y croire une seule seconde, que M. Hollande renoncera à ses gosses ficelles et petites magouilles et entamera une politique de vérité, de lucidité et de courage. Rien qu'à l'écrire, je mesure la vanité d'une telle idée.


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(1) : je suis favorable à une sortie de l'Euro mais je pense qu'elle ne sera pas une solution miracle. Elle sera très douloureuse pendant quelques années.

(2) : je pense qu'il faut chasser les immigrés extra-européens, mais l'économie n'est pas ma raison principale.

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