jeudi, février 06, 2014

Le «fasciste» Zemmour


Bob est quelquefois un peu excessif :

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Consternante interview de Zemmour dans le Figaro, qui fait son coming-out fasciste.
Au nom de la défense des droits de l'homme, les socialistes se sont alors ralliés à la gauche libérale renonçant à leur spécificité: la volonté de contraindre l'individu au nom de l'intérêt supérieur de la collectivité.
Voilà : donc pour commencer la gauche c'est bien, et ce qui est bien dans la gauche c'est la volonté de contraindre l'individu au nom de l'intérêt supérieur. Intérêt supérieur qui sera déterminé par moi et mes potes, naturellement, les Gens Bien qui passent à la télé. Les autres sont trop cons pour savoir où se situe l'intérêt supérieur.
À partir de mai 68, on constate l'émergence de la gauche libertaire avec le slogan: «il est interdit d'interdire». Avec le libertarisme, cette gauche charrie déjà le libéralisme sans le savoir. Elle va peu à peu dominer la vieille gauche étatiste et socialo-communiste. En quelque sorte, Daniel Cohn-Bendit règle son compte à George Marchais !
Et bien sûr, c'est regrettable. Georges Marchais, c'est bien, et en tous cas c'est mieux que Cohn-Bendit. Georges Marchais, cet espèce d'employé de bureau à demi-débile mais sanguinaire, employé servile de Moscou, traître à la patrie si ce mot a un sens, simple exécutant des ordres criminels du système communiste mondial, devient aujourd'hui, pour certains "intellectuels", le parangon des vertus sociales, le socle de la tradition, l'incarnation des vertus conservatrices et du "bien commun".
On mesure où nous en sommes sur la pente de l'abêtissement.
Je m'excuse, mais entre Georges Marchais et Cohn-Bendit je choisis immédiatement Cohn-Bendit. Marchais est un type qui a consacré sa vie à tenter d'asservir ses concitoyens à un Etat totalitaire pratiquant une idéologie criminelle. Marchais a 100 millions de morts sur la conscience. Cohn-Bendit était un aimable branleur dont le principal souci, en 1968, était de sauter des filles.
Les Cohn-Bendit, au moins, on peut les neutraliser par l'argent, les filles -- justement --, ou le vieillissement naturel. Les Marchais, ils naissent et meurent traîtres et tyrans dans l'âme. Ils sont prêts à mourir pauvres et délaissés pourvu qu'ils n'abandonnent jamais leurs idéaux totalitaires et assassins.
Le prix à payer pour la soumission définitive de la gauche au libéralisme économique, c'est effectivement la marche en avant totalitaire vers un libéralisme sociétal.
Il faut vraiment être con pour oser écrire que le libéralisme peut être totalitaire.
-- Vous avez voté François Mitterrand en 1981. Face à l'effacement du clivage droite/gauche où vous situez-vous désormais?
-- J'ai rompu avec la gauche depuis 1984 et la naissance de SOS racisme qui avait justement marqué le début de la dérive sociétale des socialistes. Je me reconnais depuis toujours dans le vieux courant bonapartiste français à la fois national et social.
National et social : donc soralien, mussolinien, hitlérien moins l'antisémitisme (dont Zemmour peut difficilement être soupçonné)... bref, fasciste.
Bonjour Madame, je suis candidat aux élections municipales de votre commune et je suis bonapartiste. Aimez-vous Napoléon Bonaparte ? Etes-vous pour son retour au pouvoir ? Souhaitez-vous que la glorieuse armée française aille à nouveau s'illustrer en Russie ? Voulez-vous que nous nous fassions à nouveau ratiboiser par les Angliches à Trafalgar ? Aimeriez-vous à nouveau 6 millions de morts sur le champ de bataille ? Je vous assure que le Bien Commun et l'Intérêt Supérieur de la Collectivité le commandent.
Le problème de Zemmour et des gens comme lui, c'est qu'il a appris la vie dans les livres. Les livres d'histoire, en l'occurrence, ce qui est un moindre mal, mais les livres quand même.
En fait, Zemmour est un énarque. Il a raté l'ENA, et ça se voit. Il a une revanche à prendre sur ses camarades qui ont réussi l'examen. Il n'est "anti-système" qu'en apparence. Il est rafraîchissant et sympathique parce que dépourvu de l'arrogance des énarques, à laquelle nous sommes tellement habitués que nous sommes prêts à donner le bon Dieu sans confession à quiconque, par extraordinaire, se comporte comme un type normal.
Mais cela ne l'empêche pas de se nourrir des mêmes illusions criminelles que les autres. Zemmour, c'est un Villepin avec moins de cheveux et sans la morgue des aristocrates.
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C'est envoyé et assez juste ! Le seul reproche, c'est que Bob surestime à mon avis la conscience qu'a Zemmour des implications de ce qu'il dit.

1) J'aime bien Zemmour. Comme le dit Bob, c'est un énarque sans l'arrogance.

2) On se distingue par comparaison. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Dans le milieu des journalistes, habituellement incultes, abrutis et sectaires (voir Patrick Cohen ou Bruno Roger-Petit), il fait figure de monstre de finesse et de culture.

3) La passion de Zemmour, c'est la politicaillerie, la politique politicienne. Je suis d'accord avec lui sur un certain nombre de points (Europe, moeurs) mais il manque de hauteur.

4) Il a compris que les Etats, dirigés par l'oligarchie mondialiste, et les instances super-étatiques (UERSS, ONU, OMC) étaient les instruments de la destruction des nations, des peuples et des cultures, mais il en conclut qu'il suffit de changer les têtes pour tout changer (illusion bien française, partagée par le FN). C'est un peu court : il n'a pas compris qu'étatisme et mondialisme ont partie liée et peu importent les têtes.

5) Il considère que tout est politique, une philosphie fruste et barbare.

6) Zemmour est brillant. C'est une qualité superficielle et mondaine. Blaise Pascal n'était pas brillant, il était intelligent. Zemmour au mileu d'une assemblée de nos modernes politiciens s'en sortirait. Blaise Pascal serait réduit au silence par leur jactance. Mais si, par une courtoisie, inimaginable de ces gens, ils lui laissaient la parole, il les écraserait avec deux ou trois de ces phrases lumineuses et profondes dont il a le secret.

7) Zemmour ne comprend visiblement pas la différence entre libéralisme et libertarianisme, différence pourtant assez simple.



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