vendredi, février 14, 2014

Vilain consumérisme, vilain libéralisme, vilain capitalisme

En guise de préliminaire, un commentaire :

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Curmudgeon 



Comme je l'ai relevé ici, Yann Carrière accuse le capitalisme, mais en passant, c'est l'affaire d'un instant minime. Je trouve au contraire dans Atlantico une analyse centrée pratiquement là-dessus. Pierre Duriot, instituteur, estime que des livres comme "Tous à poil" ou "Papa porte une robe" constituent un symptôme grave. Mais un symptôme de quoi ? Voici :
"C’est assez simple, dans une société libérale libertaire et surtout consumériste, plus un enfant est éduqué par ses parents ayant autorité et qu’il respecte et moins il consomme car les parents savent résister à la pulsion infantile et être castrateurs de l’achat. L’intérêt du monde libéral, des médias qui vivent de la publicité est de disposer d’une société totalement infantile, asexuée, où personne n’est susceptible de castrer le moindre achat et où tout le monde est manœuvrable à merci et incapable d’associer son égo malmené, individualiste, à d’autres pour former un collectif susceptible de résister. Vision dangereuse et à court terme qui au mieux fera marcher le commerce quelques années, au pire, permettra d’installer une forme de dictature consentie et aliénante.
Ces livres ne sont évidemment que l’un des aspects de l’offensive libérale-libertaire, il ne faut pas les brûler puisque ce faisant ce serait la dictature politico-policière classique bien connue, qui ne
vaut pas mieux que l’autre, mais on n’est pas obligé de les acheter et de les lire à ses enfants."
Donc s' il y a "offensive", ce n'est pas celle des idéologues du genre, c'est celle du commerce, qui nous asservit par la consommation. Décidément ça devient obsessionnel. Les commerçants sont des êtres vils, qui visent à installer une "dictature", en connivence avec les adhérents de la pensée "libertaire", peut-être même libertine.
Abolissons le commerce ? Ces gens s'arrêtent-ils une minute pour réfléchir à ce qu'ils disent ?
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Il y a une confusion entre capitalisme, consumérisme, libéralisme, libertarisme, mondialisme.

Elle est en partie excusable par la proximité des mots et des arguments. Elle est en partie inexcusable parce que les choses ne sont pas si compliquées. Raison de plus d'essayer d'être clair et de trier les patates.

Je commence par la définition du Littré en italique.

Capitalisme : système économique basé sur le capital.

Il est clair que notre système économique n'est pas capitaliste. Il est basé sur la dette non sur le capital, comme Bruno Bertez l'explique souvent.

Je ne connais pas de mot pour définir ce système. «Capitalisme de connivence» est plus proche de la réalité mais utilise encore «capitalisme». Le mot le moins inapproprié est encore «socialisme», mais il est trop vague.

Consumérisme : pas de définition. De ce que je comprends, les gens qui emploient ce mot entendent un excès de consommation compulsif, comme une drogue. On peut définir le consumérisme dans le fait de se projeter dans ce que l'on consomme de manière déraisonnable. Je suis ce que je consomme.

Il me semble qu'on est là dans le divertissement pascalien. Or, le remède divertissement pascalien est toujours, d'une façon ou d'une autre, la confiance en Dieu.

Autrement dit, le problème n'est pas la société de consommation, fort difficile à définir, mais la société sans Dieu.

Ce point mérite développements et justifications, mais je n'en ai guère le courage ce soir.

Libéralisme : doctrine civile et politique qui tend à donner aux citoyens le plus possible de libertés et de garanties contre l'ingérence de l'Etat.

Il me semble que la chose doit être examinée par comparaison avec le libertarisme. Même le pape fait la confusion.

La différence essentielle est que le libertarisme est une utopie : un homme réduit à sa seule volonté, faisant table rase de tous les liens involontaires. Nous ne sommes pas loin de l'Homme Nouveau socialiste.

Le libéralisme prend au contraire en compte l'existant, c'est pourquoi il se réduit souvent (et à tort) à la seule sphère économique. C'est aussi la raison pour laquelle, n'en déplaise à Hayek, le libéralisme est parent du conservatisme.

Le libéralisme a de très fortes racines dans le personnalisme chrétien. Les positions du pape (que je m'abstiendrais de qualifier pour ne pas me montrer irrespectueux) sont d'autant plus regrettables, ces  déclarations sur le sujet sont une accumulation de vagues idées générales et de pieux sentiments sans consistance qui ne lui font pas honneur. Intellectuellement, c'est du pipi de chat. Quelqu'un pourrait-il me rappeler le nom de ce curé américain lancé dans une défense du libéralisme ?

Si les propositions des libéraux et celles des libertariens semblent souvent n'avoir qu'une différence de degré, l'esprit est tout autre.

Aux libertariens, peut s'appliquer la phrase de Pierre Manent : «De quelque parti qu'ils soient, les modernes ont un point commun: ils pensent n'avoir rien fait tant qu'ils ne se sont pas mis sous le pouvoir absolu d'une idée abstraite».

Comment distinguer un libéral d'un libertarien ? Facile, le libertarien paraît toujours un peu farfelu. Le libéral, lui, pourrait facilement passer pour un conservateur. Il faudrait que je fasse un billet plus long sur cette différence.

Enfin, le mondialisme. Là encore pas de définition dans le Littré. C'est un libre-échangisme promu par des Etats sur-dendettés (une des raisons est de pouvoir caser sa dette dans le monde entier) et des organes supra-étatiques anti-démocratiques et technocratiques (tic tic tic). Rien à voir de près ou de loin avec le libéralisme.

Nous sommes plus proche d'un fascisme, même si le mot est galvaudé.

J'espère que ce billet trop rapide peut quand même aider les Polony, Zemmour, Chevènement, pape François, Le Pen, Philippot et compagnie qui dégoisent un infâme brouet anti-libéral / libertarien / mondialiste / consumériste à longueur de médias qui rend malade comme un bateau qui tangue.


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