jeudi, mars 06, 2014

A propos du «buissonisme»

Patrick Buisson s'est décridibilisé avec sa paranoïa mais je pense que son analyse reste juste, à savoir que les Français sont plus à droite que les «élites» sur les questions morales (sur les questions économico-sociales, j'en suis moins sûr) et que le seul moyen pérenne pour la droite de gagner les élections est de s'assumer et de contester le magistère morale de la gauche.

Cette analyse est corroborée par de nombreuses études et dépasse la personne de Patrick Buisson. Cela reste pour moi un mystère que seul le Front National en tire parti. Il y a bien longtemps que l'UMP devrait avoir réduit au silence les NKM, Raffarin, Juppé et compagnie comme étant des boulets électoraux. Sans doute est-ce là un des symptômes de cette coupure entre le peuple et les «élites».

Addendum : j'ai trouvé ça sur Atlantico :

Guillaume Bernard : La "ligne Buisson" n’est pas décriée pour des raisons électorales car elle a permis la victoire de 2007 et empêché l’hémorragie en 2012. En fait, elle est attaquée pour des raisons idéologiques : pour tous ceux qui ont adopté (consciemment ou non) l’idéologie de gauche, la ligne Buisson est une anomalie, une hérésie face au sens inéluctable de l’histoire qui voudrait que les idées de droite disparaissent totalement. La ligne Buisson a conduit une partie de la droite qui, pendant deux siècles avait été colonisée par les idées de gauche, à penser de nouveau avec certains des concepts de droite.

Indépendamment de cette "affaire" d’enregistrements, ceux qui ont dénoncé la ligne Buisson sont, semble-t-il, ceux de ces politiques électoralement positionnés à droite mais qui ne sont pas (ou pas beaucoup) doctrinalement de droite. Analyse froide et pragmatique des évolutions sociologiques et idéologiques qui traversent le pays, la ligne Buisson ne devrait pas, en tant que telle, déchainer les passions. Mais, elle révèle – ce qui ne lui est pas pardonné – l’alternative devant laquelle l’UMP se trouve : soit accepter la droitisation de son discours pour se maintenir sur son créneau électoral, soit consentir de glisser sur sa gauche et laisser, sur sa droite, un espace politique qui sera inéluctablement occupé. Il est certain qu’une partie du personnel politique qui serait conduit soit à devoir renouveler son discours soit à être remplacé n’entend pas ce discours d’une oreille très favorable.

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