jeudi, janvier 29, 2015

Le crucifix au mur et l'islam dans la tête

Une anecdote tirée d'un éditorial de Valeurs Actuelles :

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Les Italiens ont accueilli près de 200 000 réfugiés l’année dernière. Et ce flot continue. Ils viennent des rives sud de la Méditerranée, via la Turquie et la Grèce. On connaît les Italiens, accueillants, généreux, sympathiques et bons catholiques. Ils ont mobilisé toutes leurs associations caritatives au service de ces réfugiés. Des milliers de bénévoles secondent les pouvoirs publics pour les nourrir, les vêtir, les loger en attendant leur “dispersion” vers le nord de l’Europe…

L’une de ces bénévoles, le coeur sur la main, dévouée à son association paroissiale, a offert plus que son secours à ces émigrés : sa maison. Elle a libéré une chambre pour la mettre à disposition ; un réfugié s’est présenté, avec toutes les recommandations. Elle lui a fait visiter la maison et montré sa chambre. Il a dit : « Je ne peux pas coucher là. » « Et pourquoi ? », a demandé cette dame. Il a désigné le crucifix qui se trouvait sur le mur : il fallait le retirer. La dame au coeur sur la main a trouvé ce geste indigne et elle a refermé sa porte.

Cette anecdote, naturellement authentique, a tout d’une parabole.
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Mon drame n'est pas qu'un musulman agisse comme un musulman, c'est que je connais des chrétiens qui auraient retiré le crucifix par «respect de l'Autre», ce paravent de la lâcheté et de la bêtise.

Sur le même thème, je vous recopie un dialogue sous un billet précédent :

Curmudgeon

Observons bien ce qui se passe. Il y a la prudence diplomatique, parfaitement compréhensible, mais dans certaines limites. Elle concerne les diplomates, hauts fonctionnaires, ministres, évêques, présidents, papes, secrétaires généraux de l'ONU, etc.

Ce que le professeur Boespflug recommande, c'est vraiment tout autre chose. Car la "prudence citoyenne", dès lors qu'elle est qualifiée de "citoyenne", s'impose non seulement aux journalistes, publicistes, auteurs de toutes sortes, responsables divers, chefs d'entreprise, etc. mais à chaque citoyen. Vous, moi, tout le monde. Chaque citoyen doit pratiquer cette "autocensure pacifiste", et qui plus est, il n'est tenu de la pratiquer *que* dans le cas de l'islam.

L'amusant de la chose est que si M. Bospflug est professeur d'université à Strasbourg, par ailleurs, il se trouve être un père dominicain. Jean-François Revel parlait autrefois de la "connaissance inutile". M. Boespflug ne s'étend sur la portée de la "prudence citoyenne" alias "autocensure pacifiste" qui fait l'objet de son prõne, mais le temps est venu où, pour ne pas blesser la délicate sensibilité des musulmans, il conviendra que chaque citoyen ne dise que "le Prophète".

fboizard

Oui, les intellectuels et les clercs catholiques sont parmi les plus prompts à se ruer à la dhimmitude. Les moines de Tibihérine étaient bien complaisants avec l'islam, cela ne leur a pas porté chance.

Certains font une interprétation masochiste, sacrificielle et suicidaire du christianisme. Ils confondent martyre et suicide. Il serait temps que ces gens-là se rappellent que le Christ ne s'est pas suicidé et qu'il a dit "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie", il n'a pas dit "Je suis la Vérité, mais ne vous en vantez pas trop et faites preuve de prudence citoyenne".

Quand on est porteur de la Vérité, on se bat quand c'est nécessaire et on part en croisade. Chesterton, avec sa science du détail significatif, fait remarquer qu'un bon catholique peut être fier des croisades.

The meaning of the crusade

C'est un bon critère pour trier le bon grain de l'ivraie : es-tu fier des croisades ?

Hélas, le cléricalisme favorise les mollassons, les obséquieux, les naturellement courbés, les à genoux d'avance, pas les guerriers.

Curmudgeon

J'attends que les Boespflug nous montrent le chemin. Tout citoyen devra respecter l'"autocensure pacifiste" et la "prudence citoyenne", mais les catholiques seront chargés de devoirs supplémentaires, toute critique de l'islam devenant une grave faute morale, un péché. On ne va tout de même pas faire pleurer son ange gardien, non ?

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