dimanche, juin 28, 2015

Dans la tête de Merah : une entretien passionnant (et désespérant)

De Merah à Salhi : «Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau»


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Ce qui m'inquiète, ce sont les conférences de presse de Mr. Cazeneuve après chaque attentat. Le temps passe, elles restent identiques. Tout comme Merah, Salhi avait «une fiche S et était connu comme salafiste». Bernard Cazeneuve a certes injecté «200 millions et 1 500 agents supplémentaires» à la lutte anti-terroriste, mais cela ne veut rien dire. 200 millions pourquoi? On ne peut pas jeter de l'argent à un problème sans connaître la nature de celui-ci. Le député Eric Ciotti qui se veut le champion de la lutte contre l'islamisme n'a pas voulu d'une commission d'enquête après Merah, ne voulant pas «d'un procès des services». Il est resté étrangement silencieux sur ce sujet après Charlie. C'est à croire que la classe politique ne veut pas définir la problématique, donc de penser des solutions. Les services les premiers semblent démunis parce qu'ils ne se sont pas adaptés au mode de pensée et à l'idéologie propagée. «Ils ont la tête dans le guidon, sont dans la procédure et débordés», me disait un haut gradé du renseignement. Tout est dit. Sans vouloir être alarmiste, je crains que le pire est à venir. C'est notre réalité.

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Aujourd'hui l'enquête [Merah] est finie, les familles ont demandé que le dossier soit clos. Il y aura un procès, mais personne dans le box des accusés. Du point de vue de la justice, c'est un fiasco absolu. Abdelkader, le frère de Mohamed, nargue les juges depuis sa prison de Villepinte. Sabri Essid le «beau-frère» de Merah, sans doute celui-qui en sait le plus, joue les bourreaux YouTube en Syrie pour l'Etat islamique.

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Du point de vue du renseignement, il y a eu une prise de conscience. Qui n'a pas pu empêcher la tuerie de Charlie Hebdo rendue possible par de nouvelles failles dans le renseignement. Mais le politiquement correct reste un frein qui, aux dires des policiers, empêche de parfois de voir le réel. L'affaire des voitures folles fonçant sur des foules à Nantes et Dijon à Noël qu'on a attribué à des «déséquilibrés» en dit long sur notre incapacité à saisir la détermination des nouveaux terroristes.
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Notre problème est politique, pas sécuritaire : si nous continuons notre mauvaise politique en matière d'immigration, d'éducation, de social, de religion, de relations avec les pays islamiques, l'appareil sécuritaire échouera, quelques soient ses moyens. Inversement, avec la bonne politique, la résolution du problème est assez aisée, il est encore temps.

Les plus atterrants sont, de ma sensibilité, les évêques français : à cause de l'actualité des chrétiens d'Orient et de la très ancienne tradition chrétienne de confrontation avec l'islam, ils devraient être à la pointe des bonnes idées. Pas du tout : dès qu'il y a une grosse connerie, bien sirupeuse, bien dégoulinante de mièvrerie, à dire, crétine à souhait, bien désarmante et castratrice, ces eunuques répondent présent.






Pour bien enfoncer le clou de notre impuissance volontaire :

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Nous ne sommes pas en guerre contre l'islam», a rappelé le premier ministre dans les colonnes du Journal du dimanche. «La bataille se situe au sein même de l'islam avec, d'un côté, un islam pratiqué par l'immense majorité de nos compatriotes de confession musulmane qui revendiquent des valeurs humanistes universelles et, de l'autre, un islamisme obscurantiste et totalitaire».
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Avec de puissantes analyses comme celle-ci, c'est clair, on est sauvé.

J'aurais préféré entendre : «Faire le tri à l'intérieur de l'islam n'est pas notre problème. Notre problème est de défendre la France et les Français contre ceux qui leur font la guerre. Dès aujourd'hui, le gouvernement consulte les chefs des partis politiques en vue d'un referendum sur le contrôle de nos frontières, première étape d'une défense nationale conséquente.»






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