lundi, août 31, 2015

Blocage de l'autoroute A1 ou l'Etat en miettes

Blocage de l'autoroute A1 ou l'Etat en miettes

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A l'évidence, les autorités de l'Etat, en refusant de procéder à l'évacuation des gens du voyage, ont failli dans leur mission d'assurer l'ordre public. La préfète n'est en aucun cas seule responsable de cette défaillance. Dans une affaire de ce type, engageant la circulation sur l'un des grands axes routiers européens, il ne fait aucun doute qu'elle aura tenu le ministre de l'Intérieur informé et qu'elle aura sollicité ses instructions. Le contraire n'est pas concevable. Il est également certain que le Premier ministre, responsable du pouvoir de police de l'ordre public sur la plan national, d'après l'article 21 de la Constitution et le célèbre arrêt du Conseil d'état Labonne (1919), a été tenu étroitement associé au déroulement des évènements.

Cette dérobade s'explique sans doute par un contexte politique et idéologique. Les gens du voyage font partie de ce qu'il est convenu d'appeler les minorités. Or ces dernières sont au cœur des valeurs du politiquement correct. Le pouvoir d'Etat n'a pas voulu prendre le risque d'être accusé de réprimer une minorité, ou pire, d'avoir provoqué une blessure ou de décès dans l'intervention. En pleine «université d'été» du parti socialiste, la position du gouvernement semble avoir été motivée par des considérations politiciennes ou idéologiques contre l'intérêt général. Le choix de la prudence a été celui du renoncement et de la faiblesse, au détriment de l'autorité de l'état. Il est symptomatique d'un pouvoir politique en déliquescence.
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Bien sûr, si les romanichels avaient été des Français blancs, catholiques, payant leurs impôts et manifestant contre la dénaturation du mariage, l'Etat socialiste aurait été d'une grande fermeté.

Nous rappellerons, juste pour rire, que Manuel Valls se réclame de Clemenceau. Cette revendication saugrenue, insultante pour Clemenceau, n'est, comme n'importe quelle parole de nos politiciens, que du bruit avec la bouche, sans aucun rapport avec une quelconque réalité.

Cela confirme toutefois ma thèse favorite : l'Etat, dans son expression provinciale, parisienne ou bruxelloise, est le principal facteur de désordre de la société française. Disons le autrement, si l'Etat français, tel qu'il fonctionne (ou plutôt dysfonctionne) aujourd'hui, disparaissait par un coup de baguette magique, les Français s'organiseraient mieux, se défendraient  mieux et vivraient mieux.

Je ne suis pas anarchiste, je ne pense pas que cela soit toujours vrai. Je pense qu'un Etat qui fonctionne et s'en tient à ses missions régaliennes est préférable à pas d'Etat.

Mais, dans l'état de folie qui atteint notre appareil politico-administratif, je me pose la question de savoir si la France ne serait pas mieux sans Etat et je réponds, avec regret, positivement.

L'Etat est devenu un système d'exploitation et d'oppression des Français honnêtes et travailleurs au profit des malfaisants et des feignasses, à commencer par les pourris qui nous gouvernent ou ambitionnent de le faire. Il est donc logique de supposer que la disparition de l'Etat (et la liberté de s'organiser et de se défendre qui en découlerait) serait une libération pour la meilleure part du peuple français.

On peut aussi faire l'hypothèse hasardeuse d'une réforme de l'Etat. Mais la déliquescence est si profonde que le nettoyage des écuries d'Augias était un coup de chiffon sur la commode en comparaison d'un grand ménage de printemps. Je ne vois pas d'où pourrait venir notre nouvel Hercule (qui jamais ne recule).

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