jeudi, septembre 10, 2015

Ceux dont l'âme s'étiole

Stendhal écrivait des bourgeois de Paris en 1830 : «Ils prennent l'étiolement de leur âme pour de la civilisation et de la générosité».

Cette citation, souvent utilisée par Eric Zemmour, obsédé à juste titre par le problème de l'âme des Occidentaux, fait écho aux célèbres lignes de Chesterton sur les vertus chrétiennes devenues folles.

Pour Chesterton, le christianisme est la religion où le lion couche à coté de l'agneau sans cesser d'être un lion, sans se transformer en agneau. On a les moines et les martyrs qui se font tuer en tendant l'autre joue, mais on a aussi Saint Louis qui part en croisade. Le christianisme ne consiste pas seulement à tendre l'autre joue mais aussi à partir en croisade (contrairement à ce que beaucoup disent aujourd'hui, je ne vois aucune raison de nous repentir des croisades). Chesterton place très haut Jeanne d'Arc.

Chez nombre de catholiques pratiquants (dont le pape actuel. On se demande, effaré, s'il est catholique ou franc-maçon), la charité chrétienne s'est transformée en masochisme et en soumission à l'Autre. Ils confondent martyre et suicide.

Une conversation avec quelqu'un qui, à ma connaissance, n'est pas religieux, m'a rappelé tout cela.

Il me soutenait que la France avait toujours changé (ce qui, au sens de notre conversation, est, tout bêtement, tout simplement, faux) et que l'invasion migratoire en cours n'était qu'un changement parmi d'autres, que ce n'était pas grave que les Français s'africanisent et qu'il fallait être généreux (avec les Autres, bien entendu, pas avec les Français).

J'ai commencé à m'énerver, puis, comme Dalrymple, je me suis résigné : que dire à une machine, qui ne sent rien de ce qui ne se met pas en chiffres et et en procédures ? A quelqu'un pour qui ici vaut là-bas, qui ne sent pas que l'esthétique, l'harmonie, l'équilibre d'ici sont différents de là-bas ? Pour qui la poésie de l'existence est une terre inconnue ?

Alors, j'ai pensé qu'il n'avait pas d'âme. Oh, bien sûr, pas au sens théologique, je ne vise pas si haut, mais au sens sens social, humain, quotidien.

Combien y a t-il de zombies de ce genre autour de nous ?



Addendum :

Je pense que le mouvement de la modernité depuis la Renaissance a été d'épuiser l'énergie spirituelle et intellectuelle accumulée au Moyen-Age.

Nous arrivons au bout du rouleau : nous avons maintenant des hommes tellement pleins d'eux-mêmes qu'ils sont vides de tout autre chose. Vides d'énergie, vides de sens, vides d'être. Prêts à tout et bons à rien. Pas étonnant que ces gens trouvent que tous les hommes sont interchangeables, ils les croient aussi vides qu'eux.

Combien de candidats pour une croisade ou pour une conquête ?

Soit nous sommes submergés, façon Camp des Saints, par des hommes qui, eux, ne sont pas las de vivre (c'est le scénario en cours), soit la société éclate et des ilots de résistance français se forment (ce scénario est loin d'être impossible : nous tolérons les envahisseurs parce que nous sommes encore relativement riches. Que se passera-t-il quand ils auront importé la tendance à la misère de leurs pays d'origine ? Je sais : les Romains se sont résignés à la misère de la chute du vieux monde, mais l'histoire se répète-elle toujours ?).













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