samedi, octobre 31, 2015

Princesse de Clèves, Modiano : qui a peur des écrivains ?

Princesse de Clèves, Modiano : qui a peur des écrivains ?

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Quoi qu'on en dise, ce fut une affaire assez stupéfiante. Il est regrettable que certains l'aient si vite oubliée et pardonnée. Le 26 octobre 2014, après l'annonce, par les jurés suédois du prix Nobel de littérature, de leur choix d'honorer Patrick Modiano, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, s'est révélée incapable de citer le titre de l'un de ses romans. Quels titres pourtant! La Place de l'Etoile, Rue des Boutiques obscures, Dans le café de la jeunesse perdue… A ceux qui l'interrogeaient, la ministre expliqua qu'elle n'avait plus le temps de lire depuis deux ans. Une façon de sous-entendre qu'une fonction sérieuse ne s'accordait pas à des futilités telles que la littérature. Elle avait visiblement oublié Charles de Gaulle lisant Lord Jim de Conrad lors d'un voyage en avion et François Mitterrand savourant Chasses subtiles de Jünger avant ses réunions à l'Elysée.

Ce qui est effrayant, c'est que dix-sept jours séparaient les aveux de la ministre de la Culture de l'annonce des jurés suédois. Deux semaines n'avaient donc pas suffi à l'exquise Fleur Pellerin pour envoyer l'un de ses collaborateurs à la librairie Delamain (155, rue Saint Honoré à Paris, en face de son ministère), acheter les éditions de poche de Dora Bruder (144 pages), de Voyage de noces (157 pages) ou de Vestiaire de l'enfance (150 pages) afin de les lire de toute urgence et de découvrir un écrivain dont la reconnaissance internationale honore la France — et surtout perpétue l'idée que le monde continue de se faire de la France: une nation littéraire. Cette technicienne, si prompte à parler d'«offres» et de «contenus», n'avait même pas songé à demander à son chauffeur de glisser un disque dans le lecteur de sa Citröen C6 blindée afin d'entrer dans l'univers soyeux de Patrick Modiano par l'intermédiaire d'un livre-audio tandis qu'elle se rendait à l'aéroport dans une ambiance paisible et climatisée. La preuve que la littérature n'a plus la moindre valeur aux yeux de cette femme bardée de diplômes. Ni d'usage, ni d'échange.
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Fleur Pellerin est, comme tous nos politiciens, un robot, sans tripes, sans âme, dépourvu du moindre intérêt. Il ne leur reste d'humain qu'un ego surdimensionné et un narcissisme pathologique, ce sont des outres pleines de leurs propres vents. Abandonné sur une île déserte avec eux, vous auriez à vous défendre contre leurs tentatives d'exploitation et une fois que vous les auriez maitrisés, ils vous feraient périr d'ennui.


D'aguesseau (je crois) a dit quelque chose comme : « En France, on prend la vivacité d'esprit et la facilité de parole pour de l'intelligence». Il nous reste juste le bagout, la tchatche, le toupet sans limite.

Il est tout à fait normal qu'ils haïssent sans mesure la culture, elle est ce qu'ils ne sont pas, elle dévoile leur vacuité.

La culture est gratuite. On ne se cultive que pour soi, pour le plaisir, pas pour passer des concours ou épater la galerie dans les diners en ville.

La culture est héritage. Elle nous replace dans le temps et remet à leur place nos petites vanités.

François Hollande est un inculte notoire. Comme il est de gauche, les journalopes le ménagent et ne lui font pas le même cinéma qu'à Nicolas Sarkozy, mais il ne vaut pas mieux.

Comment espérer de ces pantins pleins de vide qu'ils soient «nos guides et nos chefs» (ils n'ont pas lu Homère, juste La culture générale de Aà Z pour les concours administratifs) ?




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