dimanche, novembre 08, 2015

René Girard à rebrousse-poil


Les thèses de René Girard résumées hâtivement.

A cause du mimétisme, les hommes sont naturellement envieux, ils veulent être comme l'autre, ils veulent avoir ce que l'autre a (si vous n'êtes pas convaincus de la pulsion mimétique, regardez un parking).

Pour surmonter ce conflit de tous contre tous, les hommes trouvent une victime innocente qu'ils chargent de tous les péchés de la tribu et sur le dos de laquelle ils se réconcilient. C'est le fameux bouc-émissaire.

Ensuite, ils déifient cette victime qui les a réconciliés.

Vous avez reconnu une perspective très chrétienne. Le bouc-émissaire parfait est le Christ.

Par un des ces tours de passe-passe dont notre époque débile a le secret, alors que René Girard nous invite chacun  à examiner en quoi nous sommes pécheurs et donc bourreaux d'une innocente victime, nos contemporains  ont inversé la perspective et sont lancés dans un concours fou de victimisation, c'est à qui se posera, plus que son voisin, en victime.

Quelquefois, j'ai l'impression que nous sommes une poignée à être encore sains d'esprit et cernés par les fous.

Et pas seulement à cause de René Girard : cet après-midi, promenade dans les jardins de Versailles, entre le démontage des «oeuvres» d'Amish Kapoor (oui, oui, le dimanche) et une éruption de perches à selfie, j'ai eu un instant la certitude que j'étais dans un asile d'aliénés. Heureusement, cent mètres à droite ou à gauche de l'axe et on se retrouve entre gens civilisés, le contraste est d'ailleurs saisissant.

Peut-être les Vieux Romains avaient-ils le même sentiment à la chute de l'empire ?






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