samedi, janvier 30, 2016

Islamisation et paresse intellectuelle

Il y a, dans le consentement à l'islamisation, voire la promotion de l'islam, de ceux qui causent dans le poste de la lâcheté et de la trahison.

Mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de paresse intellectuelle, de cet egocentrisme qui fait qu'on est incapable d'imaginer que l'autre puisse réellement penser différemment de soi, pas sur des détails, sur l'essentiel.

Les gens qui causent dans le poste se croient intelligents parce qu'ils amphigourisent et font ronfler de grands mots, vides de contenu. De ce point de vue, Christiane Taubira va nous manquer, c'est une perte irréparable, elle n'avait pas d'égal pour la grandiloquence creuse, la vanité pompeuse, l'enflure pleine de vent.

Ah ! Comme ils l'aiment, l'Autre, avec une majuscule qui sort de la page. Comme ils l'adorent, comme ils donneraient leur vie et leur argent (non, pas leur argent, l'argent des autres contribuables, faut pas pousser, quand même. On ne rigole pas avec le fric, c'est sérieux) pour l'Autre. A condition que l'Autre partage leur culture et leurs idées, leurs valeurs « républicaines ». Bref, que l'Autre ne soit pas vraiment autre. Bref, que l'Autre n'existe pas.

Quand l'Autre se met malgré tout à exister, façon viol de masse de Cologne, c'est la stupéfaction, la chute de l'armoire avec un grand «  boum ! ». Nos amoureux de l'Autre sont soudain stupéfaits, saisis, empoignés par la réalité humaine, rendus muets par la rencontre d'un vrai autre en chair et en os.

Et la paresse intellectuelle, qui a refusé l'effort de penser qu'on puisse être vraiment autre, se paye comptant. Mais, pour l'instant, ce sont encore ceux qui ne causent pas dans le poste qui trinquent.

Mettre systématiquement le terrorisme islamique sur le compte de la folie et du «  déséquilibre » est certes une lâcheté visant à masquer un conflit qu'on ne veut pas assumer mais c'est aussi un refus obstiné de l'altérité. Dans cette vision, refuser de souscrire au comportement occidental et bobo est une folie.

Essayons, nous, de faire l'effort que ceux qui causent dans le poste refusent.

La meilleure définition de l'Islam que je connaisse est celle de G. K. Chesterton et de H. Belloc. L'islam est une hérésie chrétienne hors de la chrétienté. C'est pourquoi l'Eglise n'a pas pu la combattre comme les autres hérésies, internes. Il me plaît de penser que Saint Thomas d'Aquin aurait approuvé.

La philologie récente tend à confirmer cette hypothèse (oui, Chesterton est un visionnaire, on s'habitue).

Comme toutes les hérésies, elle consiste à séparer et à enfler démesurément un élément du dogme, en oubliant les autres, alors que le dogme chrétien forme un tout dont on ne peut séparer une partie sans en rompre l'équilibre.

Au-delà du folklore (Marie et Jésus, qui, revus par l'islam, prennent une tout autre signification et que nous n'avons donc pas en commun, malgré les apparences nominales), l'islam a retenu du christianisme l'Eglise militante et universelle.

Mais, sans l'Alliance,  ni la Trinité, ni l'Incarnation, ni la Charité qui en découle, « militante et universelle » devient « guerrière et conquérante ».

De ce point de départ et de quelques autre autres circonstances, on peut dériver les caractéristiques bien connues de l'islam, en opposition avec notre culture chrétienne : religion du conformisme et non de l'intériorisation, religion politique imperméable à toute notion de laïcité, religion intrinsèquement violente (contrairement au christianisme et au bouddhisme), religion dont la vocation est de conquérir le monde.

C'est pourquoi l'islam est différent de toutes les autres religions et nécessite absolument, sans compromis possible, un traitement politique différent, puisque c'est une religion qui fait de la politique comme le pommier donne des pommes. Rien de nouveau sous le soleil. Les chrétiens savent cela depuis les origines de l'islam. Exemple entre mille, Jacques Ellul l'explique fort bien. C'est parce que nous avons cessé d'être chrétiens (même beaucoup de ceux qui fréquentent le moutier) que nous avons perdu cette connaissance.

Une fois qu'on a fait cet effort de décentrement, pas si difficile -l'islam est plus proche de nous que le confucianisme, tout s'éclaire. La politique à suivre devient limpide.




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