lundi, janvier 18, 2016

Les non-dits de la déchéance de nationalité

Les non-dits de la déchéance de nationalité

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Les adversaires de la déchéance de la nationalité invoquent pour la combattre beaucoup de principes et peu d'arguments. On voit mal quel droit sacré serait bafoué par une loi qui prévoit le retrait de la nationalité française à un individu qui l'a de luimême abdiquée — et qui ne s'estime du reste nullement apatride puisqu'il se veut citoyen de l'État islamique. Et pas davantage en quoi une telle révocation heurterait notre droit du sol. Et moins encore qu'on puisse assimiler tous les binationaux de France à des terroristes qui font la guerre à leurs concitoyens en violant toutes les lois de la guerre.

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Les déclamations élevées à gauche contre la déchéance de la nationalité contredisent une tradition de gauchequi va, pour le meilleur et pour le pire, de Sieyès à Renan et au-delà. L'un comme l'autre tient la nationalité pour un acte de volonté, «un plébiscite de tous les jours», dit admirablement Renan, qu'il oppose aux conceptions culturalistes et territoriales de la nation. Les Alsaciens, écrit-il au lendemain de la défaite de 1870, ne sont et ne peuvent devenir allemands parce qu'ils ne le veulent pas: «Cela tranche la question.» Aujourd'hui, les terroristes l'ont tranchée, à leur manière. Les partisans de la déchéance l'ont tranchée aussi, du moins sur le principe. Tout comme les Français dans leur écrasante majorité ainsi qu'une bonne partie de la classe politique.

Pour démentir tout ce monde, on sent bien que l'usage habituel de l'indignation ne suffit plus.
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Jean-Pierre Chevènement a vendu la mèche en se demandant si les opposants à la déchéance de nationalité pour les terroristes n'étaient pas en réalité des opposants masqués à la nation française elle-même. Et poser la question, c'est y répondre.

N'importe quel Français se prenant pour un Français et non pour « un citoyen du monde » n'éprouve aucune gêne à déchoir un traitre revendiqué de sa nationalité française.








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