vendredi, janvier 15, 2016

Maréchal Juppé, nous voilà !

Alain Finkielkraut a accepté de débattre avec Alain Juppé ... pas sûr que ce dernier doive s’en féliciter

Vous connaissez mon amour immodéré pour le « brillant » Alain « le meilleur d'entre nous » Juppé.

Je pense l'avoir pesé depuis longtemps à sa juste valeur, je ne suis donc pas surpris qu'il donne un entretien intellectuellement affligeant.

Petit rappel :

« Peyrefitte, je vous supplie de ne pas traiter les journalistes avec trop de considération. Quand une difficulté surgit, il faut absolument que cette faune prenne le parti de l'étranger, contre le parti de la nation dont ils se prétendent pourtant les porte-parole. Impossible d'imaginer une pareille bassesse - et en même temps une pareille inconscience de la bassesse.

Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d'avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement ! Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort ! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre.

Bien sûr, cela représente 5% de la nation, mais 5% qui, jusqu'à moi, ont dominé. La Révolution française n'a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu'est la bourgeoisie. Cette classe qui s'est de plus en plus abâtardie, jusqu'à devenir traîtresse à son propre pays.

Bien entendu, le populo ne partage pas du tout ce sentiment. Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l'intérêt du pays. Il ne s'y trompe pas souvent. En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d'argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles s'entendent pour se partager le pouvoir.

Cela m'est complètement égal que vos journalistes soient contre moi. Cela m'ennuierait même qu'ils ne le soient pas. J'en serais navré, vous m'entendez ! Le jour où Le Figaro et l'Immonde me soutiendraient, je considérerais que c'est une catastrophe nationale ! »

Alain Peyrefitte: C'était de Gaulle, Editions de Fallois/Fayard, 1994.

Vous remplacez Pétain par Juppé, 40 par 2017 et Allemands par musulmans et ça tombe juste, pile-poil. Je ne suis pas le seul à faire cette analogie, signe qu'elle n'est pas totalement excentrique.

Quand tout est dit, Alain Juppé ne vaut rien et, en plus, c'est un traitre.

Si vous me trouvez trop sévère, souvenez vous que personne ne force Alain Juppé à chercher la place et les honneurs, rappelez vous Napoléon « le pire crime en politique est d'avoir des ambitions au-dessus de ses capacités » et méditez Montaigne, cet autre maire de Bordeaux :

« A ceux qui nous régissent et commandent, qui tiennent le monde en leur main, ce n'est pas assez d'avoir un entendement commun : de pouvoir ce que nous pouvons. Ils sont bien loing au dessoubs de nous, s'ils ne sont bien loing au dessus. Comme ils promettent plus, ils doivent aussi plus ».

Je m'en voudrais de vous priver de cette superbe photo du futur Brillant Guide :





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