jeudi, mars 17, 2016

Trump card

On en fait trop sur les élections américaines, nous sommes français, que diable. Intéressons nous d'abord aux problèmes de la France plutôt que de nous laisser distraire par l'étranger. Moi aussi, je m'y laisse prendre.

Ceci étant dit un Français a deux raisons de s'informer sur les élections américaines :

1) une raison majeure : la politique étrangère américaine a une influence directe sur la France et l'Europe.

2) une raison mineure : les tendances politiques américaines ont une influence sur les nôtres, mais cette influence est faible : nous n'avons jamais élu de Reagan français, et le seul noir pour lequel nous sommes susceptibles de voter est Gérard Depardieu (dont chacun sait qu'il est noir en permanence).

Trump ou Clinton: qui est le plus dangereux ?

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Pragmatique et prudent – et sans doute peu soucieux de défendre les droits de l’Homme –, Trump compte sur Bachar Al-Assad pour rétablir l’ordre en Syrie et étouffer l’État islamique. Les renversements des dictatures irakienne et libyenne, assure-t-il, se sont révélés catastrophiques, tant pour les intérêts américains que pour la sécurité et la stabilité des sociétés concernées. « Nous ne pouvons pas aller dans chaque pays dont nous ne sommes pas tout à fait satisfaits et dire “nous allons le recréer” », déclare-t-il au journal britannique The Guardian en octobre 2015. « Cela n’a pas marché. […] Rien de tout cela [les projets américains de « nation building »] ne marchera jamais ». Un positionnement iconoclaste au sein du camp républicain qui, paradoxalement, le rapproche de Bernie Sanders [3] – la coqueluche de la jeunesse progressiste et pacifiste américaine.

Hillary Clinton, à l’inverse, semble avoir toujours été convaincue par les bienfaits des opérations de « regime change ». En 2002, alors sénatrice de l’État de New York, elle vote en faveur de l’intervention américaine en Irak. Elle a par la suite regretté publiquement ce choix… mais s’est félicitée du renversement du régime de Kadhafi en 2011 (alors qu’elle était secrétaire d’État) et a reproché au président Obama la faiblesse de son soutien militaire aux mouvements insurrectionnels syriens. Par ailleurs, elle n’hésite pas à comparer le chef du Kremlin à Hitler, quand Donald Trump entend dégeler les relations russo-américaines et laisser aux États européens le soin de s’occuper eux-mêmes de leur défense…

Bien sûr, un observateur avisé des primaires américaines ne manquera pas de noter que les positions du « Donald » en matière de politique étrangère restent à ce jour, sur certains points, floues – voire contradictoires. Le candidat à l’investiture républicaine a soutenu, par exemple, l’idée de retourner en Irak pour « prendre le pétrole » … Mais le parti pris interventionniste et belliciste d’Hillary Clinton, lui, ne souffre aucune équivoque.
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Inutile de vous dire que la politique étrangère de Trump (à supposer qu'il soit élu et que le Congrès lui laisse l'appliquer) a toutes mes faveurs. Elle redonnerait aux Européens la liberté d'assumer leurs responsabilités, dont nous sommes depuis longtemps déshabitués (l'armée dite française ne parle plus français mais NATO, un sabir étrange et incompréhensible au paysan beauceron, pourtant bien français). Savoir si les Européens profiteraient de cette liberté retrouvée est une autre histoire.


Ce sera Donald Trump

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En Europe, il est pratiquement impossible d'avoir la moindre information non biaisée sur Donald Trump. Le niveau de condescendance et de mépris est si proche de l'hystérie que le soutien - en masse! - des Américains à cet individu semble totalement incompréhensible, comme s'ils avaient été saisis d'une sorte de délire collectif. Il y a pourtant bien des raisons à sa popularité.

Certes, Trump dynamite le politiquement correct. Certes, un Trump européen est juste impensable - il aurait tôt fait de croupir en prison sur ce continent, condamné grâce à nos vigoureuses lois sur la "liberté d'expression". Mais Trump est un communicateur expert en accord avec son époque et ses moyens de communication, la télévision bien sûr, mais aussi Internet, ses réseaux sociaux et Twitter. Il en maîtrise les moindres ficelles.

De plus, et contrairement aux propos tenus par nombre de nos éditorialistes, il n'est ni superficiel, ni stupide. C'est sans doute ce qui fait le plus peur aux élites des deux côtés de l'Atlantique. Orgueilleux sans doute mais réel entrepreneur, il connaît le monde des affaires comme personne et porte un jugement sans appel sur la veulerie et la corruption de la classe politique - y compris celle de Mme Clinton.

Le canal TVLibertés fait œuvre de salubrité dans le débat en publiant mardi une vidéo des nombreux discours de campagne de Donald Trump depuis l'annonce de sa course à l'investiture. La séquence de 25 minutes représente un effort méritoire pour comprendre le point de vue authentique de M. Trump sur un certain nombre de sujets - l'immigration, la classe politique corrompue, l'interventionnisme militaire, la diplomatie - et ce qu'il espère accomplir à travers une présidence des États-Unis.
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