vendredi, mars 25, 2016

Zemmour, populisme et islamisme : c'est bien mais trop peu trop tard

Ce peuple qui tambourine à la porte

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Ultime paradoxe qui brouille encore les cartes : au moment où le populisme s'impose comme le grand retour du peuple en tant que peuple, le Front national - qui en fut longtemps son principal porte-parole politique - est en train de basculer du « nationalisme identitaire du père » vers un « nationalisme civique républicain plus proche du chevènementisme de la fille ». Incroyable faute de temps de dirigeants qui se convertissent au républicanisme des élites au moment où le « républicanisme du peuple » s'affirme. Si cette évolution se confirmait, le populisme serait, plus que jamais, selon la belle définition de notre auteur, « le parti des conservateurs qui n'ont pas de partis ». Et l'impasse politique serait totale.
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Le tandem Marine Le Pen - Philippot est une catastrophe pour le FN. Pour des gains médiatiques à court terme, il sabote le long terme. C'est une preuve de la bêtise de Marine Le Pen qu'elle se soit entichée d'un chevènementiste : par nature, un chevènementiste, c'est un type qui perd les élections, même les imperdables.

Et les Français sont abandonnés comme des chiens au bord de l'autoroute. Méfiez vous qu'il ne leur vienne pas l'idée de mordre.

Éric Zemmour : « Molenbeek est en France ! »

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Ainsi, ce n'est pas, comme nous le serinent nos politiques et nos bien-pensants, l'islam qui arrêtera l'islamisme, mais au contraire l'islam qui est le terreau de l'islamisme. Ce n'est pas la radicalisation qui s'islamise mais l'islam qui croit le moment venu de se radicaliser. Pour sonner la revanche de l'islam humilié depuis deux siècles par les victoires des « mécréants chrétiens et juifs ». Ce n'est pas en accueillant toujours plus la «diversité» qu'on retrouvera la paix civile, mais en engageant la reconquête des territoires perdus de la France. Sinon, les Belges riront à leur tour, mais riront jaune : Molenbeek sera notre avenir à tous.
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Attentats à Bruxelles : "Les foules... par rtl-fr


Il fallait que ces choses là fussent enfin dites et écrites dans des médias grand public, mais c'est tard, très tard. Trop Tard ? Non, mais le soleil est tout de même près de se coucher.

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Je vous ai fait une compilation d'articles qui ont pour point commun de dire quelques vérités interdites :

Attentats de Bruxelles : la bien-pensance mode Cavada

Comme Zemmour, une stigmatisation (osons le mot !) du bisounoursisme. On ne gagne pas une guerre avec des fleurs, des « hashtags » et des bougies, pire, des larmes :

Terrorisme: on ne déclare pas la paix ! Face au fondamentalisme islamiste, l’hésitation est fatale

The Molenbeek Problem

Jean-Claude Guillebaud : « Nous avons désappris à penser la guerre »


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Vous avez couvert beaucoup de pays en guerre…

Si nous sommes en paix depuis soixante-dix ans, les guerres violentes n’ont jamais cessé autour de nous, dans l’hémisphère Sud. J’en témoigne. Après le 13 novembre, à Beyrouth, les gens compatissaient mais ils étaient surpris de voir que des jeunes gens armés de kalachnikovs suffisaient à ébranler l’État et semer la terreur. Pour les Libanais, c’est une situation courante depuis des décennies. Nous avons oublié que la violence menace toutes les sociétés du monde. La tâche des gouvernants est d’empêcher qu’elle ne ressurgisse. Or, nous avons désappris à penser la guerre. Nous nous en sommes tenus au vers de Jacques Prévert « Quelle connerie la guerre ». Il faudrait relire le « polémologue » Gaston Bouthoul qui avait fait de la guerre un objet d’étude scientifique. Il montre que même les responsables élus d’une démocratie rêvent, un jour ou l’autre, de devenir « chefs de guerre ». Il ajoute qu’il n’y a pas d’autres activités humaines qui aient produit autant de magnificence et de raffinement : les uniformes, la solennité militaire, etc. Bouthoul explique aussi que la guerre peut être jubilatoire, et cela aussi bien pour les chefs d’État qui la mènent que pour les journalistes qui la couvrent. Elle offre à tous ce que j’appelle des « plaisirs dégoûtants ».

Que vous inspire la formule « être en guerre contre le terrorisme » ?

C’est une formule, pardonnez-moi, d’une profonde bêtise. Le terrorisme n’est pas une essence, c’est un moyen. Il n’y a pas le terrorisme, il y a des terroristes. Quel rapport entre un djihadiste et un Basque d’ETA ? Cette formule réductrice efface l’histoire, la culture, la géopolitique. Elle décrit une pieuvre fantasmatique qui enserre le monde. Elle nous entraîne dans un combat abstrait, donc inefficace.
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Bouthoul est une lecture de jeunesse, découverte par hasard, qui fait quelquefois bien les choses. Il me paraît symptomatique que l'édition la plus récente du traité de polémologie qu'on trouve sur Amazon date de 1991, un quart de siècle.

Deux articles consacrés à la nullité de nos gouvernants :

Comment les attentats révèlent la nullité de notre classe politique. Elle le sait aussi bien que vous, elle tente juste de le cacher.

Attentats de Bruxelles : la faillite de l'Union européenne ?

Je souligne :

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L'Europe est-elle armée pour faire face à cette guerre?

Manifestement non. On ne peut qu'être étonné par l'incroyable naïveté et impréparation des dirigeants européens. Il est vrai que la petite bourgeoisie libérale qui dirige l'Europe a des valeurs et une vision du monde aux antipodes de celles des gens qu'elle combat. Quand l'Europe était dirigée par des humanistes, des croyants, des officiers, des soldats ayant côtoyé la mort, des révolutionnaires, des chefs de guerre, des combattants de la liberté, des dissidents ou des écrivains, souvent pétris d'Histoire et habités par son caractère tragique, sans oublier la conscience de leur finitude, la guerre était une affaire sérieuse et les relations internationales un champ de bataille.

Les juristes, les fonctionnaires et les technocrates qui nous dirigent, professionnels de la politique et du droit administratif, qui n'ont fréquenté que les capitales internationales et leurs dirigeants dans de grands hôtels, qui ne lisent pas et n'ont jamais fait la guerre, qui regardent les religions comme une foutaise, et n'ont pas toujours de conscience historique, sont-ils aptes à combattre l'Etat islamique, et discuter avec l'Arabie saoudite, Erdogan et Bachar el-Assad? C'est une vraie question, car ils n'ont pas été élus pour cela, mais pour veiller au maintien des pensions et des remboursements sociaux.

Depuis novembre, on sait que Molenbeek, et par extension un certain nombre de cités de la drogue et de la délinquance, sont des foyers de contagion du djihad ; on sait que des hommes nombreux et armés sont déterminés et prêts à mourir. Europol a prévenu que des dizaines de djihadistes formés à la guerre en Syrie s'étaient infiltrés parmi les migrants ; on sait que plusieurs Etats et organisations du Moyen Orient veulent frapper l'Europe et faire un maximum de morts ; on sait que les réseaux de la drogue accueillent des cellules terroristes, selon le mode opératoire propre aux maffias etc. Qu'a fait l'Europe? Hérisser des barrières dans le désordre, négocier avec le roublard Erdogan, et se déchirer sur des projets de lois toujours en attente…
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Nota : quelqu'un pourrai-il me rappeler le nom de ce philosophe ou historien qui prétendait qu'en histoire, les problèmes reviennent toujours, jusqu'à ce qu'ils soient résolus ou qu'on change d'élites ou que le pays disparaisse (on notera que cette théorie est l'exact contraire de la phrase d'Henri Queuille qui a inspiré ces enf..rés de Chirac et Hollande « Il n'y a pas de problèmes que l'absence de décision ne finisse par résoudre ») ? Toynbee ?


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