vendredi, juillet 01, 2016

Boris et Winston

Comme les temps changent !

Boris Johnson, un des champions de l'indépendance du Royaume-Uni par rapport à l'UE, était vu par beaucoup comme un leader naturel des Tories et donc un futur Premier Ministre, conséquence logique du résultat fracassant du referendum.

Il renonce suite à des propos publics assassins de Michael Gove, ministre de la justice sortant, non pas sur ses idées, mais sur son caractère. Paroles qui ont confirmé les doutes et achevé de saper le soutien des parlementaires tories.

Or, il se trouve qu'il y a soixante-seize ans, en mai 1940, les parlementaires britanniques avaient exactement le même genre de doutes sur Winston Spencer Churchill : brouillon, colérique, imprévisible, peu apte au travail en équipe.

Mais, à l'époque, les parlementaires ne se comportaient pas comme des midinettes et n'étalaient pas leurs états d'âme dans les journaux. S'ils avaient quelque chose à faire savoir à la nation, c'était à la tribune du parlement, sinon ils discutaient entre eux à la buvette.

Les amis de Churchill étaient si inquiets de son tempérament que, pour la fameuse entrevue où Chamberlain lui proposa de lui succéder, ils lui avaient donné un seul conseil : « Ne dites rien, taisez vous ».

On connaît la suite. J'ai bien peur que la comparaison entre cette époque est la nôtre ne soit guère en notre faveur.

La situation est d'autant plus amusante que Boris a écrit il y a deux ans, sur un ton très personnel, une plaisante biographie de Winston.

Enfin j'en profite pour vous rappeler l'excellentissime Five days in London.


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