dimanche, juillet 31, 2016

Contre le pacifisme

Le pacifisme est une pulsion suicidaire qui consiste à consentir à la mort ou à l'asservissement non pas de soi-même, mais de son peuple et des siens, c'est-à-dire des autres. C'est donc une belle saloperie par de beaux salauds. Pas étonnant que les pacifistes français aient fini à Vichy, comme l'expose Simon Epstein.

Ces quelques mots devraient régler le sort du pacifisme, mais ce que j'entends autour de moi, dans les médias, ce matin à la messe, ne laisse pas de m'inquiéter.

Ne nous voilons pas la face : la première source du pacifisme est la lâcheté morale, intellectuelle et physique. Ceci est bien symbolisé par la femmelette Hollande, qui joue les fiers-à-bras pour les guerres lointaines faciles à assumer mais, quand on rentre dans le dur, la guerre à domicile, difficile, déchirante, atroce, il n'y a plus personne.

Il faut donc ruiner les bases morales et intellectuelles du pacifisme.  Si l'on veut un jour retrouver le courage physique, il faut commencer par retrouver le courage intellectuel et moral. Aujourd'hui, la pacifisme a deux sources cousines : la culture de l'excuse et le pacifisme chrétien (qui provient, comme tous les errements catholiques, d'une théologie douteuse).

Une mise au point m'apparaît nécessaire.

C'est pourquoi je vous présente deux textes que je cite d'abondance. Comme ces extraits sont longs, je me suis permis de souligner :

Et s'il était temps de regarder aussi ces autres complices du terrorisme : les artisans très français de la culture de l'excuse

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Cette tendance à nous apitoyer sur le malheur du criminel vient de notre culture chrétienne. Cette perversion compassionnelle est une idée chrétienne devenue folle. On a entendu un prêtre dire : "pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" ; mais c'est déformer l'utilisation qui en avait été faite par le Christ : dans son cas, c'est lui-même qui se sacrifie, pas un autre. C'est à partir du moment où l'on pardonne ce que l'on n'a pas subi que le système devient pervers. Le discours de l'Eglise est aujourd'hui ambigu, car il semble parfois participer de cette culture de l'excuse et du compassionnel. Certains disaient "eux aussi ont leur part d'humanité" : mais que peut-on faire de cette affirmation quand on a perdu un enfant écrasé par un fou ? C'est ce que j'appelle la tyrannie de la faiblesse dans un de mes livres, qui fait que le pathos ambiant devrait exorciser le mal, et en même temps nous guérir de nos souffrances. C'est cela que je rejette. Si on regarde un pays constamment agressé comme Israël - qui est loin d'être parfait, mais qui sur ce point nous domine - on voit ce qui est le bon sens en la matière. Personne ne dirait "pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font là bas". C'est peut être la différence entre judaïsme et christianisme, me direz-vous. Il ne faut pas oublier qu'à une époque, l’Église catholique considérait qu'on devait se défendre si on était attaqué. La légitime défense est reconnue par Saint-Thomas d'Aquin et Saint-Augustin. Si on ne doit pas avoir peur comme le dit le pape François, pourquoi est-il escorté et protégé par des gardes du corps ? A mon sens il faut refuser la compassion quand elle est faible, et mettre en valeur celle du fort, par exemple celle du Christ qui tend la joue gauche. Mais c'est lui qui la tend et qui est fort. Pas ceux qui s'en attristent et qui sont incapables de voir que dans la haine, certains trouvent une jouissance, et que donc parfois le mal n'a pas de causes suffisantes. On peut toujours justifié le mal, mais ce n'est pas comprendre qu'il y a quelque chose de mauvais qui s'exprime radicalement au delà des circonstances.

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À la source de cet affaiblissement moral, il y a d’abord une volonté d’égalisation de tous les avis : le vôtre vaut le mien, et celui de n’importe qui a le même poids. À l’école, par exemple, dans la grande furia d’oralité qui a saisi les programmes depuis trente ans, la réflexion la plus fréquemment entendue est : "C’est votre avis, pas le mien" — comme si l’avis de l’élève avait le même poids que celui émis par le maître appuyé d’exemples circonstanciés et de raisonnements construits. C’est ainsi que l’on en vient à réfuter Darwin, à contester la Shoah ou à expliquer que le 11 septembre est une grande victoire palestinienne (quand ce n’est pas — en même temps, ce qui peut sembler curieux — un complot du Mossad). Ce que l’on a voulu effacer, c’est la hiérarchie des savoirs, en faisant de toute opinion, pour indéfendable qu’elle soit, un avis autorisé. Le brouhaha permanent que prônent les inspecteurs — le "papotis" dont ils font l’éloge dans les réunions organisées pour "vendre" à des enseignants sceptiques la réforme du collège de Mme Vallaud-Belkacem — est un exemple frappant de cette abdication face aux superstitions les plus ancrées.

[…]

Pourtant, les Indochinois ont été sacrément exploités par le colonisateur ! Que l'on pense par exemple à la culture importée de l'hévéa et au travail forcé qui en a résulté — ou à l'importation de travailleurs indochinois dans les rizières camarguaises pendant la Seconde Guerre mondiale, sans rémunération ni reconnaissance… Et c'est par une guerre aussi qu'ils se sont libérés des Français — une guerre gagnée sur le terrain, alors que le FLN a gagné la sienne à Evian. Il y a quelque chose de spécifique aux anciens colonisés d'Afrique du Nord qui tient peut-être à la façon dont on leur a raconté leur histoire — et il y a là une double responsabilité, celle de la famille et celle de l'Ecole. Qui tient aussi peut-être à l'islam, à la certitude d'être dans le vrai — et d'être rejetés alors même qu'ils devraient être au sommet — et au fatalisme quelque peu contemplatif de cette religion où "c'est écrit", et où par conséquent l'effort personnel n'est pas survalorisé. D'où cette culture de l'excuse, le discrédit jeté a priori sur le travail scolaire (les travaux de Jean-Louis Auduc sur la "fracture sexuée" à l'école ont prouvé que les garçons sont bien plus mauvais élèves que les filles, et les garçons maghrébins particulièrement), et un sentiment de frustration que la religion peut compenser — ou la violence, qu'elle s'exprime à travers la délinquance ou à travers le terrorisme — et, de plus en plus souvent, à travers les deux.

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Il y a aujourd'hui une déliquescence de Foucault et Bourdieu, qui étaient des penseurs puissants et dont la pensée a été pervertie et appauvrie peu à peu. Elle a, dans le même temps, été institutionnalisée et intégrée. Le fait qu'on ne puisse plus punir un élève vient de cela. Aujourd'hui, si vous giflez un élève, vous traumatisez un enfant qui souffre de son état social. Cette culture de l'excuse et cette culture victimaire est partout. C'est pourquoi on ne dispose pas d'un système immunitaire suffisant pour se défendre de l'agression massive que représente le djihadisme aujourd'hui. On le voit par exemple dans les réactions à l'attentat de Nice : des gens ne trouvent rien de mieux que de mettre de petits nounours en peluche sur le lieu du massacre. Si en 1940, quand l'Allemagne avait attaqué l'Angleterre, les Anglais avaient fait des marches blanches ! Soit on est en guerre, soit on ne l'est pas. Le président François Hollande dit qu'on l'est. Une réaction comme celle des jeunes qui s'engagent dans la garde nationale me semble plus appropriée. C'est un signe très positif pour le coup. On n'est pas dans la jérémiade qui demande de ne pas haïr son prochain.
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Force et violence dans la pensée chrétienne, par le père Louis-Marie de Blignières

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Contrairement aux accusations sans cesse renouvelées de ses ennemis, de Celse à Voltaire et de Lucien à Nietzsche, le christianisme n’est pas un doux irénisme qui déviriliserait les hommes. Il sait que la violence existe et qu’un usage sage de la violence est nécessaire pour repousser l’injuste violence. Il aime l’héroïsme, mais il sait que le véritable héroïsme est d’abord une victoire sur soi.

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Saint Thomas d’Aquin explique pourquoi la force est une vertu : « Il faut supprimer les obstacles à [l’]établissement de la droite raison dans les affaires humaines. Or la volonté humaine est empêchée de suivre la rectitude de la raison de deux façons : parce qu’un bien délectable l’attire hors de ce que requiert la rectitude de la raison, et cet empêchement est supprimé par la vertu de tempérance ; ou parce qu’une difficulté qui survient détourne la volonté de faire ce qui est raisonnable. Pour supprimer cet obstacle, il faut la force d’âme, qui permet de résister à de telles difficultés, de même que par sa force physique l’homme domine et repousse les empêchements corporels. Aussi est-il évident que la force est une vertu, en tant qu’elle permet à l’homme d’agir conformément à la raison . »

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Le Catéchisme de l’Église catholique montre comment, dans la légitime défense, le tort causé à l’agresseur n’est voulu qu’indirectement : « La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. “L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur [...]. L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas” (Somme ThéologiqueT, 2 a 2 æ , q. 64, a. 7) . » Et il montre que c’est l’ordre de l’amour qui justifie cela : L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide, même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :

« Si, pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais, si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite [...] Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui. » (Somme Théologique, 2 a 2 æ , q. 64, a. 7)

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Voici ce que déclare l’apôtre des gentils : « Ce n’est pas pour rien que [l’autorité] porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal. » (Rm 13, 4) Saint Thomas, dans son commentaire, déclare : « Par conséquent et de toute évidence, il est non seulement licite mais aussi méritoire pour des princes d’exécuter, par zèle de la justice, la vengeance contre les méchants . »

[…]

En dépit des fléchissements observés chez certains hommes d’Église, et malgré le caractère particulièrement dramatique des conflits modernes, le pacifisme absolu n’est jamais entré dans la doctrine catholique. La doctrine de la « guerre juste » fait l’objet d’un enseignement précis du magistère. Ainsi s’exprime, citant le concile Vatican II, le Catéchisme de l’Église catholique : « Chacun des citoyens et des gouvernants est tenu d’œuvrer pour éviter les guerres. Aussi longtemps cependant “que le risque de guerre subsistera, qu’il n’y aura pas d’autorité internationale compétente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait dénier aux gouvernements, une fois épuisées toutes les possibilités de règlement pacifique, le droit de légitime défense” (GS 79) . »

[…]

Dans l’islam, la guerre sainte a le statut d’une véritable institution, intrinsèque et permanente , alors que, dans l’Ancien Testament, elle n’est prescrite que dans certaines circonstances, selon un ordre ponctuel transmis par un prophète. Elle n’est donc pas détachable des circonstances particulières qui la justifient.

[…]

D’une façon plus générale, le conseil de ne pas résister au mal 
[tendre l'autre joue], loin d’être une recommandation de lâcheté, s’entend d’une façon forte et prudente :

Il y a deux façons de ne pas résister au mal. La première consiste à pardonner une injure personnelle. Cette manière d’agir peut contribuer à la perfection, quand elle favorise le salut d’autrui. La seconde consiste à supporter patiemment l’injure faite à autrui. Et cela relève de l’imperfection et même du vice, si l’on était capable de résister à l’insulteur. C’est pourquoi saint Ambroise écrit : « Ce courage qui, à la guerre, protège la patrie contre les barbares et, chez soi, défend les faibles et les familiers contre les bandits, c’est une parfaite justice. » (De Officiis, I, 27)


La pensée de l’Aquinate et des théologiens de son époque, sur ce point, loin d’être émolliente, va jusqu’à affirmer qu’un juste exercice de la violence peut en certains cas constituer une œuvre de perfection :


La fonction militaire est susceptible d’être ordonnée au bien du prochain, et non pas au bien des particuliers uniquement, mais encore à la défense de tout l’État. […] Le métier des armes peut aussi servir au maintien du culte divin. […] Il est donc convenable d’instituer un ordre religieux pour la vie militaire, non certes en vue d’un intérêt temporel, mais pour la défense du culte divin et le salut public, ou encore la défense des pauvres et des opprimés.

On peut souligner en terminant que, si la force doit soutenir la justice jusqu’à l’emploi de la violence, elle doit s’allier à la prudence et refuser tout esprit de vengeance personnelle. Les combattants savent que le plus difficile est souvent de dominer sa propre violence désordonnée et de s’abstenir de toutes injustes représailles contre un ennemi vaincu.

« La justice sans la miséricorde, c’est de la cruauté ; la miséricorde sans la justice aboutit à la dissolution . » 
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Beaucoup d'occidentaux et de chrétiens, y compris des clercs, sont perdus, déboussolés. Il faut revenir à la source : Dieu incarné en homme. Le christianisme ne prétend jamais que l'homme nouveau est de ce monde, il vit avec l'homme de ce monde,  imparfait, avec ses qualités et ses défauts, qui, parfois, nécessitent l'usage de la force.

S'il n'y avait que deux citations à retenir :

« Ce courage qui, à la guerre, protège la patrie contre les barbares et, chez soi, défend les faibles et les familiers contre les bandits, c’est une parfaite justice. » Saint Ambroise


« La justice sans la miséricorde, c’est de la cruauté ; la miséricorde sans la justice aboutit à la dissolution . » Saint Thomas d'Aquin

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