lundi, juillet 25, 2016

Une crise de régime, certes, mais laquelle ?

L'attentat du 14 juillet 2016 et la crise de régime

*************
De fait, un système de gouvernement axé sur la posture, les annonces spectaculaires, les coups médiatiques, la récupération des émotions a volé en éclat. A deux reprises, la magie de la communication a permis aux autorités de ce pays de se tirer avantageusement de situations effroyables [Charlie et Bataclan]. La troisième fois est de trop. Une forte majorité de Français juge le gouvernement inefficace dans la lutte contre le terrorisme. Est-il pire désaveu pour un gouvernement ? L'opposition demande aujourd'hui des comptes au pouvoir politique sur son action concrète face à la terreur. Elle exerce par là-même son devoir démocratique. En y répondant par la fureur et l'injure, les socialistes donnent l'impression de s'enfoncer dans la panique.
*************

Je suis circonspect face à cette histoire de crise de régime :

1) Nous vivons dans un  Etat policier comme jamais dans notre histoire et je n'écris pas cela à la légère. L'Etat défaille face au terrorisme mais nullement face aux Français mécontents. Tant que les policiers sont payés, la crise de régime violente, assassinat politique, coup d'Etat ou révolution, est à exclure.

2) Plus profondément, la science moderne de la manipulation des foules, inaugurée par les utopies totalitaires du XXème siècle mais grandement perfectionnée depuis, empêche un mécontement diffus de se transformer en politique.

3) Conséquence du point précédent, il n'y a pas d'opposition politique crédible. Dans tous les pays européens, fausse droite et vraie gauche font la même politique et les politiques vraiment alternatives sont encore très éloignées du pouvoir.

4) En conclusion, nos politiciens sont des nullités pour agir mais ils sont excellents pour empêcher les autres de prendre leur place et faire ce qu'ils ne font pas.

Bref, la crise de pouvoir risque de déboucher sur ... encore plus de crise de pouvoir.


Aucun commentaire: