dimanche, février 26, 2017

L'échec de Fillon

La campagne électorale de François Fillon est d'ors et déjà un échec.

Il devrait être grandissime favori, il ne l'est pas. Même s'il gagne (c'est quand même le plus probable), il n'aura pas la légitimité que donne une large victoire.

Pourquoi ?

Réponse courte : parce c'est un con.

Réponse longue : parce qu'il nous ramène quinze ans en arrière. Il fait campagne comme s'il n'y avait pas eu Sarko 2007, Buisson, Zemmour, de Villiers, (et leur plus d'un million d'exemplaires à eux trois), Guilluy, le supplice de la Grèce, le Brexit, Trump. Evidemment, quand on a comme conseiller Henri de Castries, les peines de la France profonde et l'intérêt de la France ...

L'affaire Pénélope n'aurait pas pris une telle ampleur si Fillon n'avait pas lui-même placé sa campagne sur le terrain de la morale parce que, au fond, il ne veut pas discuter de politique puisqu'il n'a aucune intention de changer la politique qui échoue depuis trente ans.

Guillaume Tabard : « L'inefficacité électorale du vieux logiciel anti-FN »

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Emmanuel Macron «ne se résout pas» à sa qualification en finale de la présidentielle ; François Fillon prévient qu'elle risque de gagner s'il n'est pas lui-même présent au second tour ; Benoît Hamon recherche l'unité de candidature à gauche pour empêcher un face-à-face entre «la droite dure et l'extrême droite». Mais en affichant leur obsession de la présidente du FN, ces candidats montrent aux électeurs, à leurs propres électeurs, que la courbe des sondages de Marine Le Pen leur importe plus que celles du chômage, des violences, de la pauvreté, du malaise des salariés, du niveau d'instruction… Alimentant ainsi, à l'inverse de leur souhait, ce vote Le Pen.
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Mélenchon, quoi que je pense de lui, est plus intelligent : en 2012, il était opposé à la sortie de l'Euro. En voyant ce qui est arrivé à Tsipras, il a changé d'avis.

Et pourtant, Fillon n'a rien à inventer, il lui suffit juste de ré-écouter le discours de Seguin de 1992. Même cela paraît au-dessus de ses capacités.

Sarkozy, en le qualifiant son premier ministre de collaborateur, avait été cruel mais juste.

Buisson raconte une anecdote éclairante : il est assis à coté du président, il se lève pour aller aux toilettes, quand il revient, le premier ministre lui a pris sa place. Fillon, ça vole haut.

Seul contrepoint : à mes yeux, la passion fillonesque pour la course automobile ne cadre pas bien avec cette médiocrité générale







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