vendredi, mai 19, 2017

La dernière chance de la droite ? Mon espoir et ma crainte

La dernière chance de la droite ?

Je suis pour l'union des droites et je pense qu'il faut y travailler d'arrache-pied, mais, au fond, je n'y crois pas. Les différences, voire les oppositions, sociologiques et idéologiques entre les droites sont bien réelles. Il ne faut pas les exagérer, mais elles existent.

Ce n'est pas seulement une question de programmes, les intellectuels qui trainent sur internet surestiment la puissance des idée désincarnées. Emmanuel Macron vient encore de le prouver : une incarnation réussie dénoue bien des contradictions.

Les gens de droite, à la Zemmour, citent souvent l'exemple du RPF gaulliste. Or, il n'y a aucun De Gaulle à l'horizon. De plus, Mongénéral lui-même s'est fait bouffer par ce qu'on n'appelait pas encore le Système et a échoué. Nous sommes, mutatis mutandis, dans une configuration très proche :

« La loi des apparentements est une loi électorale mise en place en France à partir du 7 mai 1951 par les partis de la Troisième Force [Macron]pour réduire l'influence du Parti communiste français [FN] et du Rassemblement du peuple français (gaulliste) [LR] à l'Assemblée nationale. À cette fin, elle introduisait une faculté d'apparentement dans le mode de scrutin.

[...]

Pour les élections législatives du 17 juin 1951, la France était découpée en 103 circonscriptions électorales. Les apparentements étaient autorisés dans 95 d'entre elles et ont été utilisés dans 87 cas (dont 36 apparentements intégraux SFIO + MRP + RGR + Modérés, les autres apparentements étant doubles ou triples). La Troisième Force l'a finalement largement emporté (51,3 % des suffrages exprimés et 61,9 % des sièges en grande partie grâce aux apparentements), le PCF fut laminé (79 sièges en moins par rapport aux élections précédentes) et le Rassemblement du peuple français n'atteignit pas les 200 sièges, comme l'avait souhaité Charles de Gaulle. » (source Wikipedia)

Emmanuel Macron sera assez malin pour empêcher l'union des droites, d'autant plus qu'il n'aura pas d'adversaire assez fort et assez intelligent pour le contrarier.

Donc, l'union des droites est un espoir, une flamme, qu'il faut maintenir pour plus tard, parce que l'avenir est toujours riche de possibilités, mais il ne faut pas se faire trop d'illusions.

Il y a un point sur lequel je n'arrive pas à me faire un opinion. Macron a remporté une victoire politique, c'est certain. Mais peut-être a-t-il aussi remporté une victoire idéologique ? On se rassure en disant qu'il n'a fait que 16 % des inscrits au premier tour, c'est gentil, mais la droite, elle, n'a fait que 43 % (Le Pen + Fillon + Dupont-Aignan) des votants, donc elle n'a même pas la majorité des votants. C'est le doute qui me taraude depuis un moment : c'est une sagesse admise que les opinions de droite sont majoritaires en France. Seulement, quand on regarde le résultat des élections, même en tenant compte des divisions de la droite, le moins que l'on puisse dire est que cette évidence ne saute pas aux yeux.

J'ai l'impression que les Français sont ambigus : ils veulent le résultat d'une politique conservatrice (sécurité, protection, entre-soi, etc.) mais sans encourir l'étiquette infamante de conservateurs. Entre la réalité et le qu'en-dira-t'on, ils choisissent encore le qu'en-dira-t'on. Ils n'ont pas encore assez souffert.

J'écris souvent que la France n'a plus son destin en mains. Je pense tout aussi fort, mais je l'écris moins souvent, que le sursaut, si sursaut il y a, viendra après une phase de décomposition. Nous sommes en plein dedans, mais elle est loin d'être achevée. Il faudra sans doute que les Français soient menacés physiquement pour qu'ils prennent conscience des vertus de la solidarité ethnique et culturelle, c'est déjà le cas dans beaucoup de quartiers (d'où les 34 % de Marine Le Pen) mais nous n'en sommes qu'au début.

Pendant ce temps, il faut continuer sans faiblir à propager nos idées et à aller à la rencontre des gens.





Contre le césarisme technocratique de Macron, par Sébastien Laye


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Jacques Sapir n'est pas un imbécile, mais ... ça y ressemble fort. Encore un de ces intellos qui savent tout et ne comprennent rien.

Comme tous les cocos plus ou moins repentis (plutôt moins que plus), il ne veut pas assumer que les nécessités identitaires et démographiques sont prioritaires. Il verse dans un économisme étroit.

Ce qui fait que ses analyses ne sont pas vraiment fausses, il y manque juste l'essentiel. Je vous laisse faire le tri et boucher les trous.

Macron : l’hiver vient …

Rectificatif : sur le site du Figaro ce jour 19 mai, Jacques Sapir donne un entretien où le journaliste insiste sur l'identité et il ne botte pas en touche. Ce n'est pas encore ça, mais il y a un progrès évident. Mais a-t-on besoin des progrès des gauchistes, qui viennent toujours trop tard ? Comme dit en rigolant Zemmour citant Coluche : « Sylvie Vartan progresse ? Bon, alors j'attendrai la fin des progrès ».

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