mardi, novembre 28, 2017

La France, la mer, toujours recommencées

Comme le savent mes fidèles lecteurs, je ne crois guère aux fariboles qu'on nous raconte sur l'erreur terrible que constituerait l'espérance de l'homme providentiel.

D'abord, parce qu'elles sont racontées par des gens assez satisfaits, voire très satisfaits, de la situation, qui ont intérêt à ce que le sauveur n'arrive pas, ce qui est tout de même suspect. Ensuite, l'histoire de France ne manque pas d'hommes providentiels, même si le plus extraordinaire est une femme. Enfin, comme disait Clemenceau, il faut être en nombre impair pour décider et trois, c'est déjà trop.

Nous reconnaitrons cet homme providentiel à sa profondeur historique (ce n'est guère difficile de briller en ce domaine par rapport aux ignares qui nous gouvernent) : il regardera loin dans le passé pour regarder loin dans l'avenir.

Mais il aura aussi une large vue géographique, pas limitée aux frontières étroites de l'Europe de l'ouest (les histoires de « couple franco-allemand », c'est assez mesquin). Il nous parlera de la mer, enjeu stratégique pour la France, il nous rappellera que nous avons le deuxième territoire maritime du monde

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Ce que peut nous apporter la mer : les clefs du monde dedemain

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Vous dites que « La France s'est longtemps caractérisée par une orientation essentiellement terrienne » ; alors qu'elle dispose du deuxième espace marin mondial, elle ne s'est toujours pas dotée d'une politique maritime digne de ce nom, comment expliquez-vous cela ?

Les Français sont fascinés par la mer - nous avons les meilleurs navigateurs - mais ne mesurent pas que c'est l'espace économique par excellence. Jamais de toute notre histoire notre pays n'a eu de si grands atouts que depuis 1994, date de l'adoption du nouveau droit de la mer qui nous attribue, en effet, le deuxième plus grand domaine maritime.

La mer peut apporter des solutions à nombre de nos problèmes, à commencer par l'emploi, mais nos élites ne le comprennent pas. 2 conteneurs sur 3 qui entrent et sortent de France passent par trois ports: Hambourg, Rotterdam et Anvers. Chaque entreprise qui importe ou exporte subit donc un surcoût. Dans conditions, le pays ne peut pas être compétitif. Nos deux grands ports, Marseille et le Havre, s'ils disposent d'excellentes infrastructures, sont aussi des culs-de-sac, puisqu'ils n'ont pas les voies ferrées, fluviales et autoroutières suffisantes pour transférer les conteneurs. Tant que l'axe Seine n'aura pas été réalisé, avec une ligne à grande vitesse, l'approvisionnement de l'Île-de-France et au-delà se fera par Anvers et Rotterdam. C'est une question de courage politique.

On peut comparer notre époque à la Renaissance. Elle se caractérisait par une croissance démographique: c'est également le cas ; de nouvelles inventions: il y a plus de découvertes depuis quinze ans que depuis le reste de l'histoire ; de nouvelles routes maritimes ; c'est ce qui s'annonce avec les passages du Nord. Le seul élément qui nous manque par rapport à la Renaissance, c'est la confiance en l'avenir. Et pourtant, jamais notre pays n'a disposé d'autant d'atouts.
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