samedi, novembre 11, 2017

L'alliance pas si difficile du conservatisme et du libéralisme

Les conservateurs français éprouvent les pires difficultés à concilier conservatisme et libéralisme alors que les Anglais y arrivent fort bien (voir Roger Scruton). La plupart (voir Polony, Zemmour, Rougeyron , ...) se disent anti-libéraux : or, c'est une impasse qui les condamne à la stérilité. On n'arrive à rien en trahissant son histoire.

En effet, la France est un pays de libertés, elles sont un pilier de notre culture. Dois-je rappeler l'étymologie du mot « France ». ? Bien sûr, les anti-libéraux feront mine de ne considérer que les libertés collectives, ce qui est une ruse de garçon de bains sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Certes, la tradition de liberté civile et politique est mieux ancrée en Grande-Bretagne, mais considérer que l'étatisme est l'alpha et l'oméga de la « francitude » est une aberration. Refuser un libéralisme raisonnable par peur de le voir dévier avers le libéralisme libertaire, c'est s'amputer un membre faute de savoir le soigner. Etre conservateur, c'est aussi vouloir conserver ce que notre tradition a de libéral.

Or, Jean-Louis Harouel, utilisant sa grille de lecture gauche = gnose / droite = christianisme, explique de façon limpide comment on réconcilie conservatisme et libéralisme :

J-L Harouel : « Une droite vraiment à droite n'a pas peur de parler de tous les sujets qui fâchent »

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La frontière entre droite et gauche passe à l'intérieur du libéralisme.

Le libéralisme est de droite quand il insiste sur la responsabilité de l'individu quant aux conséquences de ses actes, dans la tradition du Décalogue. Il est de gauche quand il refuse cette responsabilité au nom de la souveraineté absolue du moi, laquelle renvoie à l'homme-Dieu de la gnose, à qui est permis l'immoralisme.

À cela s'ajoute l'antithèse entre l'individu inséré dans une société particulière et l'individu pareil à un électron libre, sans attache ni identité. À l'état pur, quand il ne veut connaître que l'individu et l'humanité, le libéralisme est une religion séculière, une utopie, un système total, comme le communisme.

Face au libéralisme de droite - héritier du christianisme, gardant la notion de bien et de mal -, les libéraux modernes poursuivent une utopie de la liberté illimitée, par-delà le bien et le mal, par-delà les spécificités des peuples, des civilisations, des sexes même. Pour ce libéralisme total œuvrant à l'uniformisation du monde, il n'y a que des individus interchangeables selon le modèle de l'homo œconomicus et festivus d'un marché mondialisé hédoniste.
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Ceux qui sont incapables de réconcilier conservatisme et libéralisme raisonnable manquent tout simplement d'esprit de finesse. Ils ont trop l'esprit de système. Ils sont à la pensée politique ce que la perceuse à percussion est à la musique de chambre.

Enfin, il ne faut pas oublier que la politique est un art tout d'exécution (un art et non une science). On ne peut pas se passer d'idées nettes. Mais cela ne suffit pas. Et on n'est pas obligé de les dire, ou de les dire toutes. Exemple : De Gaulle 1958. Contre-exemple : Theresa May 2017.


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