mercredi, janvier 17, 2018

Zéro Autorité Démontrée (mais quel pouvoir de nuisance !)

Le chœur des adorateurs, journalistes courtisans (pléonasme) et autres benêts, s’extasie devant un prétendu geste d’autorité d’Emmanuel Macron à propos du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

C’est pure escroquerie : céder aux protestataires alors que tous les recours légaux ont été épuisés et que le projet est validé est le contraire de l’autorité. La saine réaction des observateurs aurait été « Bon, c’est une décision pitoyable imposée par les circonstances d’un dossier pourri et d'un pouvoir sans couilles, passons à autre chose ».

La bonne décision était d'évacuer la ZAD et ensuite de décider pour l'aéroport.

Si la France des années 60-70 avait multiplié les « gestes d’autorité » à la Macron, il n’y aurait ni centrales nucléaires, ni TGV, ni autoroutes.

MACRON, CAPITULARD MAIS MALIN.

La "fermeté" de Macron à l'épreuve de Notre-Dame-des-Landes

Mais, plus que la décision elle-même, ce qui m'inquiète, vous l'avez compris, c'est la tyrannie molle qui règne, le culte de la personnalité, le silence de l'opposition, l'apathie de ceux dont il serait naturel qu'ils réagissent, l'endormissement du pays des râleurs ...

Génération Orwell

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Tous les ingrédients sont en place

Un État omniprésent, des ponctions tous azimuts, une société totalement crispée, des intellectuels perdus, une génération future complètement fichue : tout se met en place pour un glissement lent mais décidé vers une société typiquement orwellienne.
Et non, ce n’est en rien une exagération. C’est simplement le constat froid de ce que nous avons, ici et maintenant.
Regardez ce que vous n’auriez jamais accepté il y a 10 ans, 20 ans, 50 ans et que vous trouvez à présent si ce n’est acceptable, tout au moins parfaitement normal au sens « qui entre dans la norme », autrement dit, qui s’inscrit si bien dans le ventre mou des gaussiennes statistiques :
  • les fautes d’orthographe et de grammaire dans les journaux, de français à la télé,
  • les approximations intellectuelles de plus en plus baveuses dans les raisonnements tenus par tous ceux qu’on lit dans les organes officiels, qu’on entend sur les plateaux autorisés, qu’on supporte ou pour qui certains s’obstinent à voter,
  • ces ligues de vertu, toujours plus nombreuses, aux acronymes qui fleurent bon la censure, le blocage et le dépôt de plainte,
  • ces combats invraisemblables de décalage avec le réel,
  • les incivilités (dans la rue, dans les transports en commun, partout),
  • l’insécurité (ce pénible sentiment de se faire tailladerdéfigurerdécouper),
  • ces appels de plus en plus courants à la dénonciation à la Kommandantur,
  • cette judiciarisation systématique de tout problème, ce légalisme en carton qui agite les petits flocons qu’on bouscule et qui n’en finit pas de créer toujours plus de victimes bidons quand le nombre de victimes, bien réelles, elles, croît d’heure en heure.
J’arrête ici la liste, mais je crois que vous saisissez l’idée générale : regardez par exemple la décontraction avec laquelle on nous balance le chiffre du nombre de voitures brûlées au Jour de l’An ; c’est un peu comme le bêtisier de fin d’année, c’est devenu une tradition qui ne semble plus inquiéter personne et dont on ne s’offusque que du 2 au 3 janvier, un peu, sur les réseaux sociaux (et encore, sans trop forcer pour éviter la censure discrète).

Une dérive qui dure depuis plus de 30 ans

Le constat est sans appel : la société orwellienne, composée pour moitié d’une surveillance d’État de tous par tous et pour moitié d’un contrôle social complètement perverti, cette société est déjà là et elle n’a pas été mise en place par la force, en écrasant la tête des hommes libres par la botte d’un militaire armé, mais plutôt par l’utilisation des médias, de l’éducation et la démission intellectuelle de tout un peuple qui a préféré les promesses faciles de lendemains qui chantent à l’âpre réalité.
En 1988, Jean Van Hamme faisait sortir une bande dessinée prémonitoire, « SOS Bonheur », que je vous recommande. Sa lecture, édifiante 30 ans plus tard, ne laisse aucun doute sur les dérives qui ont eu lieu. Mais le pompon est atteint lorsqu’on se fade la suite, la « Saison 2 », sortie récemment, scénarisée par Desberg : la lucidité des propos de Van Hamme contraste violemment avec les tonneaux de moraline que ce nouvel opus nous déverse d’une planche à l’autre, en pleine figure et sans semonce.
La dérive est presque complète. Ce pays est foutu.


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