dimanche, février 11, 2018

Université

Le naufrage de l'Université occidentale m'est un crève-coeur.

Les causes sont connues : lâcheté et négligence face à l'entrisme gauchiste et à la massification.

Le résultat aussi est connu : fabrication de générations de demi-intellectuels tarés.

Et les conséquences également : pourrissement liberticide du débat intellectuel par la bêtise la plus crasse et très sonore, braillarde comme pas possible.

Mais les dégâts à plus long terme sont aussi politiques : quand la liberté intellectuelle disparaît, il ne faut pas longtemps pour que la liberté tout court suive. Nous le voyons tous les jours






Source: Simon Leys, L'Ange et le Cachalot, Seuil, 1998, p. 11.

Si l'on considère les plus grands maîtres à penser de l'humanité – le Bouddha, Confucius, Socrate, Jésus –, on est frappé par un curieux paradoxe : aujourd'hui, aucun d'entre eux ne pourrait obtenir ne fût-ce qu'un modeste poste d'enseignant dans une de nos universités. La raison en est simple : leurs qualifications sont insuffisantes – ils n'ont rien publié. (Il n'est pas impossible que Confucius ait édité certains textes, mais, comme tous les universitaires le savent, les travaux d'édition font un peu figure de rembourrage dans un curriculum vitæ – on ne peut pas dire qu'ils comptent vraiment.)


La distinction des ordres

Simon Leys

N° 150 Été 2015

Citation


Source: Simon Leys, Le Studio de l'inutilité, Flammarion, 2012, p. 289-290.

Si l'exigence d'égalité est une noble aspiration dans sa sphère propre – qui est celle de la justice sociale –, l'égalitarisme devient néfaste dans l'ordre de l'esprit, où il n'a aucune place. La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément elle n'a d'application qu'en politique. Hors de son domaine propre, elle est synonyme de mort : car la vérité n'est pas démocratique, ni l'intelligence, ni la beauté, ni l'amour – ni la grâce de Dieu. (La grâce de Dieu : des auditeurs m'ont demandé si j'étais janséniste. Il n'en est rien. Je pensais seulement à la parabole des Ouvriers de la onzième heure et à celle du Fils prodigue. Les ouvriers qui n'ont travaillé qu'en fin de journée reçoivent une aussi belle récompense que ceux qui ont trimé depuis l'aube. Le jeune voyou qui rentre à la maison après mille frasques est fêté comme un prince par son père, alors que son aîné, qui fut toujours attentif et zélé, ne bénéficia jamais d'une telle faveur. Réconfortante leçon : nous ne méritons rien, mais nous recevons tout. Tandis que le janséniste qui mérite tout craint de ne rien recevoir.) Une éducation vraiment démocratique est une éducation qui forme des hommes capables de défendre et de maintenir la démocratie en politique ; mais, dans son ordre à elle, qui est celui de la culture, elle est implacablement aristocratique et élitiste.

Puisque vous aimez Peterson :












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