samedi, mars 03, 2018

Comment l’affaire Wauquiez va bâillonner l’Université. La liberté de parole n'y est désormais plus assurée

Comment l’affaire Wauquiez va bâillonner l’Université. La liberté de parole n'y est désormais plus assurée.

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Mais ici, il ne s’agit pas de plateau télévisé. Il s’agit d’une formation supérieure. Il s’agit d’un endroit où il est essentiel que la parole soit libre. L’étudiant qui a enregistré les propos de Laurent Wauquiez et les a « transmis » à l’émission de Yann Barthès est une sorte de traître à sa fonction d’étudiant. A-t-il reçu ses trente deniers ? C’est probable. S’est-il rendu compte que, par cette démarche, ce qu’il met en danger, ce n’est évidemment pas l’avenir politique de Laurent Wauquiez. C’est peut-être un peu le sien, car si cela se sait, personne ne pourrait plus faire confiance à celui qui est capable de tels coups bas. Qui a trahi trahira. Mais peu importe l’avenir compromis de cet étudiant. Le coup porté par cet enregistrement nuit essentiellement à toute l’Université, car il n’y a d’Université qu’autant que la parole y est libre. Sans cette liberté, il n’y a plus d’Université. Un professeur, ou tout autre intervenant, qui doit s’interdire de dire ce qu’il pense par crainte d’être dénoncé ne peut plus enseigner. Il ne peut que hurler avec les loups et voler au secours de la victoire. Confirmer les gens en place. Celui qui a vendu Laurent Wauquiez a-t-il conscience de son geste ? L’université ou l’école dont il est l’étudiant ou l’élève, ont-elles pris la mesure de ce qui s’est passé ? Cet étudiant a-t-il été convoqué par la présidence ? Pour lui rappeler, par exemple, l’histoire d’Hippase de Métaponte puni par son école (celle de Pythagore) pour avoir révélé au-dehors l’existence des nombres irrationnels qu’il était tenu de tenir cachée… Et si on ne sait pas qui est le Judas, a-t-on au moins averti les autres étudiants des conséquences de cette indiscrétion ?

[…]

Le phénomène médiatique, aujourd’hui pris dans une dynamique que nul ne peut plus contrôler, se révèle bien être la plaie de notre époque. En imposant une norme de pensée, elle impose une autocensure. On ne compte plus les professeurs qui renoncent à leur spontanéité enseignante, se sachant surveillés par des élèves qui ne veulent pas l’entendre, mais l’écoutent cependant pour pouvoir s’en plaindre. Les professeurs se retrouvent ainsi dans la situation d’aggraver la dégringolade de l’école.

On ne peut rien faire contre ce phénomène qui fait vivre les médias et qu’amplifient les réseaux sociaux. Rien, sauf ceci, les enseignants, en corps, doivent apprendre à refuser cet état de fait. On dit bien : les enseignants en corps. Et non la corporation des enseignants. Peut-être conviendrait-il de pénaliser ces faits de trahison des libertés universitaires… Par exemple, comme pour les tricheries au bac, par une interdiction de se présenter aux examens. Mais je sens que ce que je dis n’est pas correct. Permettez ? Je m’autocensure !
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La seule nuance que j'apporte à cet article est qu'il ne faut pas se raconter d'histoire : le naufrage de enseignement supérieur occidental, spécialement universitaire, a commencé de puis longtemps.

Depuis que l'admission des imbéciles est est devenue non plus un erreur mais une politique.




















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