jeudi, mai 31, 2018

Pourquoi il faut mettre les entités surendettées en banqueroute, prendre nos pertes et repartir (si possible) du bon pied

Ce que vous allez lire a mis longtemps à percoler dans mon petit cerveau.

Il y a une douzaine d’années, j’écrivais des billets dans la ligne ordo-libérale à la Merkel : les Etats doivent rembourser leurs dettes, il faut « libéraliser », il faut « réformer » etc.

J’étais con, je ne me rendais pas compte que j’étais le jouet des apparences, d’illusions savamment créées.

C’est l’idée de capitalisme de connivence qui m’a ouvert les yeux. De capitaliste et de libéral, notre système n’a que l’apparence.

En réalité, les « réformes » touchent toujours ce qui s’oppose au mondialisme, comme c’est étrange. Autrement dit, les « réformes » servent toujours l’hyper-classe mondialiste et non la prospérité des pays qui les subissent. Ceci m’ayant éveillé, s’en est suivi un long cheminement.

Je vous passe les étapes, mais voici ma conclusion :

♗ Politiquement, les dettes étatiques (1) hyper-gonflées servent à contrôler les peuples, à la fois en achetant une pseudo-paix sociale à crédit et en leur faisant craindre qu’un changement politique trop radical fasse disparaître leurs économies et leurs retraites.

♗ Economiquement, en obligeant les institutions à entretenir les bulles (les fameux quantitative easings), les dettes étatiques empêchent les pommes pourries de faire faillite, elles empêchent le renouvellement des acteurs de l’économie, la destruction créatrice shumpeterienne. Bref, elles jouent dans la main des acteurs déjà en place pour prévenir autant que possible toute remise en cause, toute apparition de concurrence. Ceux qui sont en haut y restent, et ceux qui sont en bas aussi. Elles « zombifient » l’économie, y compris au niveau du peuple, qui est maintenu dans un état zombie, ni complètement miséreux, ni vraiment prospère.

Notons que c'est précisément cette utilisation de la monnaie comme arme politico-économique d'une caste contre le peuple que voulaient éviter les opposants à la création de la banque centrale américaine, la Fed. Cest pourquoi elle a été crée si tard (1913). Nos débats ne sont pas nouveaux. Nous n'avons pas inventé grand'chose.



La solution ? C’est simple, puisque le problème est identifié. De même qu’il faut rétablir les frontières pour faire périr l’hyper-classe mondialiste, comme on coupe un arbre de ses racines, il faut répudier les dettes étatiques pour enlever le poids qui pèse sur l’économie et la prive de sa vitalité.

Ce sont les deux pieds sur lesquelles marche la domination mondialiste (si vous me permettez cette image bancale) de l’hyper-classe : l’absence de frontières lui permet de ne jamais subir les conséquences des drames nationaux qu’elle provoque, ses intérêts sont détachés de ceux du peuple, et la menace que fait peser la dette lui permet d’éviter les vraies révoltes.

Que faire ? Fermer les frontières (Trump a commencé) et répudier les dettes. Oui, ça sera très douloureux (je ne suis pas Le Pen ou Mélenchon, je ne vous raconte pas d’histoire), il y aura des morts et ils ne se relèveront pas à la fin. Mais il vaut mieux la fin de l’horreur que l’horreur sans fin. C’est le prix de la liberté.



La répudiation partielle des dettes (750 mds d’Euros ? Je ne me souviens plus du chiffre) était au programme de la coalition italienne et a été retirée. Mais cela a sans doute fait plus peur aux euro-tyrans que la menace de dépenses folles. Les eurocrates ont gagné la première manche.

Mais, comme pour la fermeture des frontières, comme pour la création d’une monnaie parallèle à l’Euro, une fois que l’idée est dans l’air, c’est le dentifrice sorti du tube, difficile de faire comme s’il ne s’était rien passé. Si vous préférez une image plus adaptée, quand l’enfant a dit que le roi était nu, plus personne ne peut prétendre ne pas l’avoir entendu.

La situation actuelle peut continuer un certain temps, mais elle éclatera un jour, Bruno Bertez le dit dans une autre image : c’est comme la mort, on ne sait pas quand ça arrivera, mais on a la certitude que ça arrivera. L’Euro cessera d’exister en tant que monnaie unique et les dettes excessives seront répudiées. Et les banques feront faillite (à commencer par les banques allemandes et françaises), et les salaires et les retraites ne seront pas payés, et le prix des importations flambera.

Mais ce drame ne sera que transitoire, peut-être pas plus de quelques semaines, quelques mois, si on prend les bonnes décisions, éternel si on prend les mauvaises décisions. C'est la liberté économique retrouvée. Pour le meilleur ou pour le pire : avoir le choix, c’est vivre.

Comment faire passer cela ? De Gaulle en 1958 : mettre en face des sacrifices du jour, les gains de demain. Encore faut-il avoir des politiciens dignes de confiance, qu'on croit sur parole. Et là ...

N'oubliez pas Jean Bodin : la souveraineté est un bloc, elle ne se partage pas. Partager la souveraineté, c'est cesser d'être souverain. Et cesser d'être souverain, c'est s'exposer aux pires malheurs politiques. Toute l'histoire de l'Euro est contenue dans ces quelques maximes d'un auteur français de la Renaissance (2).



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(1) : je parle des Etats, mais on peut y ajouter d'autres entités, les banques et groupes zombies. Comme ils ne survivent que par leur connivence avec les Etats, c'est kif-kif bourricot.

(2) : je rappelle qu'il a par le passé, pas si lointain, existé des politiciens intelligents :



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