dimanche, décembre 16, 2018

Les manants du roi (J. de La Varende)

Ca faisait longtemps que j'avais envie de lire un de ces auteurs prisés dans les milieux royalistes, La Varende, Barbey d'Aurevilly et compagnie.

La Varende est plus connu pour Nez de cuir, qui fut aussi un film.



Les manants sont ceux qui restent attachés à la terre, ceux qui demeurent, ceux qui maintiennent,  nobles et roturiers.

Les manants du roi sont un assemblage de nouvelles qui suit une famille noble du pays d'Auge, de 1793 à 1950, extinction de cette branche (notons que ce fut écrit en 1936).

Un des personnages les plus captivants est un vieux propriétaire lié à la famille, qui ne se résout pas en 1906 à  suivre les ordres des « violets » (les évêques, bien entendu) sur les accommodements raisonnables avec la république.

Cela fait une impression très étrange comme discuté avec notre serial-commentateur Curmudgeon :



Mais cette fidélité, qu'on retrouve dans les romans de Raspail comme Sire, est réconfortante, car les personnages de roman font écho à de vrais hommes : ainsi, il y a des gens fidèles jusqu'au ridicule (ce qui, au fond, les empêche d'être vraiment ridicules). On songe aux vieux-croyants russes.

Ces dernières semaines, avec les Gilets jaunes, j'ai particulièrement souffert : je suis entouré de petits-bourgeois parisiens qui ne se sont pas montrés sous leur meilleur jour, c'est le moins que je puisse dire. Je suis tenté, par esprit de conciliation, de déclarer qu'ils ne sont pas méchants, mais ce n'est même pas vrai. Ils ont la méchanceté des trouillards, la cruauté de la chiasse (1).

Alors, retrouver un univers où on a d'autres valeurs que l'argent et son petit moi, ça fait un bien fou.

Jusqu'à maintenant, je croyais à l'existence de classes sociales avec un brin d'ironie. J'ai été détrompé par mon entourage. La Varende respire à d'autres altitudes que la bourgeoisie de l'ouest parisien. Evasion.

********
(1) : un commentateur faisait remarquer que la noblesse du XVIIIème avait eu la générosité de renoncer volontairement et avec enthousiasme à ses privilèges. La bourgeoisie du XXIème siècle, qui sait compter (c'est même la seule chose qu'elle sait), est bien plus raisonnable, elle n'a pas de ces emportements fous. Elle doit prendre la noblesse, qui vole quelques kilomètres au dessus d'elle, pour un ramassis de naïfs.


Aucun commentaire: