samedi, février 16, 2019

Abandonnés

Berthez est verbeux (1), mais il a raison :

EDITORIAL. LE GÉNOCIDE SOCIAL. LES INSURGÉS, LES MANIFESTANTS, LES CITOYENS SONT ORPHELINS, ILS SONT SEULS.

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Ce qui est recherché c’est le génocide symbolique de la partie de la population qui est non conforme.

Macron a dessiné un monde binaire, il a tracé une ligne : d’un côté les bien pensants de l’autre les barbares . Et il s’est mandaté avec ses sponsors et ses complices européens et européistes pour exterminer, mettre en déroute totale les populistes, les illibéraux. Macron fait une croisade. C’est une sorte d’illuminé. Macron ne l’oubliez pas s’est proclamé chef de guerre, on n’ y a pas assez porté attention quand il l’a fait car c’était à l’étranger, dans les pays dits de l’Est. C’est pour cela que les insurgés ne reçoivent aucune aide l’étranger sauf de l’Italie.

Le soutien des chaînes d’information russes est utile à Macron car il permet de dire que les Gilets sont manipulés par les ennemis de l’extérieur.
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Je suis très frappé de l'abandon des Gilets jaunes, et plus largement du peuple français dans sa partie qui veut rester française (les GJ en sont la manifestation). Pas un membre de la France d'en haut (à part, un peu, Houellebecq) pour parler pour eux. Les uns ont leur prolétariat de substitution, les immigrés ; les autres se foutent de tout ce qui n'est pas eux-mêmes.

Cela me dérange beaucoup. C'est inédit depuis la révolution : jusqu'à maintenant, il s'est toujours trouvé un Hugo, un Zola, un Mérimée, un Camus plus récemment, pour porter la misère, que ce soit celle des ouvriers ou des paysans, dans le débat public. Là, rien, personne.

Même les prétendus rebelles genre Finkielkraut leur tournent le dos.

Les seuls intellectuels qui parlent pour les Gilets jaunes, Michéa, Guilluy,  sont ceux qui, précisément, ont refusé de faire partie de la France d'en haut. Ils ne peuvent donc être le relais des Gilets jaunes dans cette classe sociale.

Première conséquence : il est impossible aux Gilets jaunes d'être efficaces politiquement.

Gilets Jaunes. La véritable révolution reste à faire.

Deuxième conséquence : une dérive tyrannique d'autant plus aisée que personne en haut ne s'y oppose. C'est à vomir.

FRANCE : PSYOP EN COURS POUR TRANSFORMER LA CONTESTATION SOCIALE EN MOUVEMENT TERRORISTE

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C’est le retour des opposants politiques emprisonnés et de la dictature à la dure sous un mince vernis de légalité de façade.
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Avec un peu de manipulation basique :

Le Canard affirme que le gouvernement a empêché des policiers d’intervenir contre des casseurs afin de monter l’opinion.

Je vous en présente mes excuses par avance : j'ai le goût de la liberté. Je sais,  c'est pas bien. Esclave obéissant comme tant d'autres, c'est mieux, ça dérange moins.

Mais je suis ainsi. Il ne me convient pas de vivre dans un pays où il faut s'auto-censurer, de peur de la censure tout court.

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Il s’est établi un système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs.
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Il ne me convient pas non plus de vivre dans un pays où on réprime la moitié de la population (puisque c'est l'évaluation du nombre de ceux qui partagent les soucis des Gilets jaunes), même si je ne suis pas directement concerné (on ne fait pas de la politique que pour soi).

Or, il se trouve que ce pays n'est pas la Perse lointaine gouvernée par un satrape. C'est mon pays, la France, où je suis aussi légitime qu'un Macron ou qu'un Castaner.

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(1) : c'est une question d'habitude. J'ai des collègues pareils, très amoureux du son de leur propre voix, qui s'écoutent parler, qui emploient 4 ou 5 mots là où un seul irait. Ca n'est pas grave : vous hochez poliment la tête tout en faisant autre chose, cette satisfaction d'amour-propre leur suffit et vous échantillonnez : tous les 4 ou 5 phrases, vous vérifiez qu'ils disent bien ce que vous pensiez qu'ils allaient dire (quand on parle beaucoup, on se répète souvent. Moi aussi, je radote beaucoup).

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