jeudi, mars 19, 2020

Coronavirus : comme en 1940, d'abord une faillite de l'intelligence collective.





Les experts qu'écoutent nos politiciens ont dit :

  • pas de fermeture des frontières.
  • pas de masques.
  • pas de tests.
  • il y a quelques années : on peut fermer des lits d'hôpital sans problème, au nom de l'optimisation.

Les pays qui ont jugulé l'épidémie, sans trop de victimes et sans trop meurtrir l'économie, ont :
  • fermé les frontières très tôt.
  • des masques pour tout le monde, pas que les soignants.
  • des tests faciles, abondants et gratuits, pour tout le monde aussi.
  • des lits d'hôpital en surplus.
Nous avons donc à faire à une faillite intellectuelle collective tant des experts que des politiciens.

C'est une défaite du même ordre que mai 40, où nous n'avons compris ni l'offensive militaire allemande, ni la politique hitlérienne, où nous n'avons su faire ni des réserves militaires, ni des réserves politiques, de l'autre coté de la Méditerranée.

Et il faut le rappeler en notre époque individualiste : quand le mauvais destin frappe le pays, rares sont ceux qui échappent à l'épreuve commune. Il est donc important, même par calcul, même par égoïsme, de ne pas se désintéresser de la politique.

Cette défaite intellectuelle, vous la trouvez expliquée par Taleb.

Il faut bien faire la distinction :

  • Intellectuel : fait des prouesses avec les concepts et avec les mots.
  • Intelligent : comprend et utilise les réalités, visibles et cachées.


Non seulement, un intellectuel n’est pas forcément intelligent, mais, dans la plupart des cas, il y a antinomie. Taleb, toujours lui, emploie l'expression IYI : Intellectuel Yet Idiot.

Nos politiciens sont des intellectuels pas intelligents.

Ce qui permet de trier les intelligents des idiots, c'est l'épreuve de la réalité. Et, comme vous le savez trop bien, nos dirigeants sont en train d'échouer largement, à nos dépens, dans cette épreuve.

Pourquoi ? Parce que, depuis des décennies, les médiocres, les carriéristes, se tiennent les coudes. Malgré leurs désaccords entre eux, ils sont toujours d'accord sur un point : éviter l'épreuve de la réalité, la faire retomber sur les autres.

C'est flagrant dans tout un tas de domaines : Euro, immigration, instruction, économie, etc.

Les Macron, Buzyn, Véran, Salomon, sont des gens qui ont passé leur vie à esquiver l'épreuve de la réalité, à grimper, non par leurs résultats, mais par leurs relations et par leurs discours, par leur virtuosité intellectuelle qui n'est pas intelligence, par leur « brillance » par leur servilité aux courants de la mode aussi, leur allégeance aux pouvoirs.

C'est l'éternel parabole des lions et des renards. Par temps calme, les renards se coalisent pour virer les lions et, quand ils ont bien foutu la merde (à force de nier les réalités et de repousser les problèmes plutôt que de les résoudre), ils les appellent au secours.



Notre formation aussi est en cause : dans tous les domaines, on pousse les gros bourrins-pougneurs. Ces types-là sont faits pour apprendre par coeur en une nuit un dossier de mille pages et le régurgiter le lendemain, pas pour diriger un grand pays millénaire.

L'antique liberté universitaire nous manque énormément, même si peu de gens ressentent ce manque.


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