mercredi, mars 18, 2020

L'épidémie, la peur de la mort et la démocratie.

Je partage cet avis d'Eric Verhaghe :

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Le manque de discipline dans le respect des consignes fait réagir vivement. L’exode des Parisiens exaspère les provinciaux qui craignent d’être contaminés. Le gouvernement est suspect de manquer d’autorité.

Et toujours cette peur de mourir. Alors qu’en 1920, le pays qui sortait de la guerre avait encaissé des centaines de milliers de morts du fait de la grippe espagnole, cent ans plus tard, il ne veut pas endosser 500.000 morts du coronavirus. Alors on bloque tout, et on paralyse le pays. On le paiera par 65 millions de pauvres pendant au moins une décennie, qui seront prêts à toutes les aventures autoritaires.

En réalité, dans les deux ou trois semaines, le Président recourra à l’article 16 de la Constitution et suspendra les libertés. On est déjà supposé indiquer pour quel motif on marche dans les rues aujourd’hui, si l’on rompt le confinement, même pour faire cinquante mètres. Personne n’a réagi à cette annonce : tout concourt à défendre l’ordre.

C’est une phase régressive. Je me souviens de l’essai de Jean-François Revel : comment les démocraties finissent, qui m’avait éveillé à la politique. Sa peur n’a jamais été aussi proche de se réaliser.
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Je pense que cette évaluation de 500 00 morts est très excessive. 20 000 me semble un maximum (au début, je disais 2 000/4 000). N'oubliez pas que, si nous sommes sur la pente ascendante de l'épidémie, d'un autre coté, le savoir des remèdes et des méthodes s'accumule (savoir, que du fait de l'imprévoyance du gouvernement, nous aurons bien du mal à exploiter, il est vrai. Il faudra demander aux politiciens pourquoi nous avons 200 fois plus de morts que la Corée, de taille comparable).

Toujours est-il que, lorsque je songe à nos ancêtres et à ce qu'ils ont enduré avec courage et détermination, j'ai honte de mes contemporains qui perdent leurs nerfs pour quelques dizaines de milliers de morts potentiels.

Il se peut que je sois touché par le virus, moi-même ou dans mes affections. Et alors ? C'est la vie. Je persiste à considérer que ce n'est pas une raison suffisante pour mettre notre pays à genoux.






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