mardi, avril 21, 2020

Joshua Mitchell : « Méfions-nous du doux despote qui veut nous protéger de la mort à tout prix ».

Joshua Mitchell : « Méfions-nous du doux despote qui veut nous protéger de la mort à tout prix ».

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Ce super-État, fait autre chose, que Tocqueville n’avait pas anticipé: il nous soulage de la dette irremboursable que tant d’Occidentaux ressentent à cause de leur histoire nationale. Il leur dit, venez à moi, renoncez à vos nations, et en échange, je vous donnerai la paix de l’esprit. En achetant cette paix que le christianisme aurait pu offrir à travers la notion de pardon, mais qu’il ne peut fournir aujourd’hui (parce qu’il n’est plus en vogue), les citoyens renoncent à leur chance de construire un monde national ensemble et regardent vers le haut, au lieu de regarder vers leur voisin.

Ce qui est remarquable est la rapidité avec laquelle notre attention a été reportée sur la pandémie du coronavirus et à quel point nous avons volontairement abandonné toutes nos libertés, afin d’empêcher la mort d’entrer dans nos maisons. On nous dit que le virus met plusieurs semaines à incuber, qu’il est mortel, et que pour cette raison nous devons transformer notre monde, et user de toutes les ressources technologiques, y compris la surveillance de l’intelligence artificielle, pour nous protéger. Mais imaginez le scénario suivant: nous découvrons qu’il existe un virus qui prend 70 ans à incuber, et qui est 100 % mortel. Transformerions-nous complètement notre monde pour tenir la mort à distance? Vous avez peut-être anticipé où je veux en venir. Chaque être humain qui a vécu a contracté ce virus. C’est notre «destin de mortel». Nous acceptons cette mortalité. Nous ne devons pas la braver inutilement, nous devons chérir la vie qui est un don, mais ce n’est pas la valeur suprême.
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