En observant les événements récents autour de la Syrie, je me pose la question : la France a-t-elle encore une politique étrangère ?
Par «politique étrangère», j'entends une analyse qui soit propre à notre pays : je comprends, au moins en partie, la politique et la stratégie des différents pays impliqués, sauf en ce qui concerne la France et la Grande-Bretagne.
On ne nous a pas donné, au-delà des propos sentimentalistes et sensationnalistes qui ne peuvent tenir lieu d'analyse, des raisons convaincantes d'intervenir dans la guerre civile syrienne.
Bref, j'attends toujours la réponse à ma question : où est l'intérêt de la France dans cette histoire ? Je pose même la question sacrilège : l'intérêt de la France n'est-il pas que le clan Assad se maintienne au pouvoir ?
C'est, sans doute, que j'attends encore trop de nos politiciens. J'ai beau répéter à longueur de blog qu'ils sont la lie de notre société, il me reste un peu d'espoir déplacé, une trace d'illusion mal venue.
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mercredi, août 28, 2013
La stratégie américaine au Moyen-Orient
Il est de bon ton chez les imbéciles de prendre les Américains pour des simplets, mais, contrairement à la France, les USA ont une stratégie au Moyen-Orient. Elle est contestable, cependant, elle a le mérite d’exister. La France ne peut pas en dire autant.
La voici telle qu’elle est décrite à travers des documents publics (think-tanks, rapports officiels, auditions au Congrès, etc.) :
1) L’avenir américain est dans le Pacifique et le plus gros risque est la Chine. Il faut autant que faire ce peut se désengager du Moyen-Orient (et de l’Europe).
2) Sous-traitons le maintien de l’ordre au Moyen-orient à nos alliés israéliens et saoudiens (Anglais et Allemands en Europe).
a) Cela revient à soutenir les sunnites contre les chiites (soutenus, eux, par l’Iran et, indirectement, par la Chine –on en revient au Pacifique). Les chrétiens d’Orient sont passés par pertes et profits, malheur aux minoritaires.
b) Dans ce contexte stratégique, l’intervention américaine en faveur de la rébellion sunnite, contre le pouvoir alaouite, chiite et chrétien, en Syrie est tout à fait cohérente.
Et j’en reviens à mes questions à MM. Hollande et Fabius : quelle est la stratégie de la France au Moyen-Orient ? Quels sont les intérêts de la France au Moyen-Orient ? Plus précisément, quel est l’intérêt de la France d’intervenir en Syrie ?
La voici telle qu’elle est décrite à travers des documents publics (think-tanks, rapports officiels, auditions au Congrès, etc.) :
1) L’avenir américain est dans le Pacifique et le plus gros risque est la Chine. Il faut autant que faire ce peut se désengager du Moyen-Orient (et de l’Europe).
2) Sous-traitons le maintien de l’ordre au Moyen-orient à nos alliés israéliens et saoudiens (Anglais et Allemands en Europe).
a) Cela revient à soutenir les sunnites contre les chiites (soutenus, eux, par l’Iran et, indirectement, par la Chine –on en revient au Pacifique). Les chrétiens d’Orient sont passés par pertes et profits, malheur aux minoritaires.
b) Dans ce contexte stratégique, l’intervention américaine en faveur de la rébellion sunnite, contre le pouvoir alaouite, chiite et chrétien, en Syrie est tout à fait cohérente.
Et j’en reviens à mes questions à MM. Hollande et Fabius : quelle est la stratégie de la France au Moyen-Orient ? Quels sont les intérêts de la France au Moyen-Orient ? Plus précisément, quel est l’intérêt de la France d’intervenir en Syrie ?
mardi, août 27, 2013
Syrie : les ingrédients de la désinformation se mettent en place, mais c'est laborieux
Je vous rappelle les critères de Volkoff pour reconnaître la désinformation :
1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.
2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.
3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.
4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.
Les trois premiers critères dépendent de la classe jacasssante, qui est crédule comme pas un. De plus, la classe jacassante, politiques et journalistes mêlés, a intérêt à la guerre : ça distrait le public de la situation intérieure et ça fait vendre.
Donc, les trois premiers critères sont remplis, mais moins parfaitement que lors de l'intervention en Libye. Des doutes sont émis à demi-voix.
En revanche, si j'en crois les sondages et les commentaires que j'ai pu lire sur des sites de presse, le quatrième critère n'est absolument pas rempli, ni en France, ni en Grande-Bretagne (je n'ai pas regardé les Etats-Unis).
Mais nos gouvernements ayant appris à se passer de l'aquiescement des peuples, ils vont y aller. Le tambour médiatique bat l'appel aux armes. Le son est reconnaissable entre mille, il nous est familier depuis l'Irak et la Libye.
Mais on n'a toujours pas répondu à la question élémentaire : où est l'intérêt de la France dans cette histoire ? Et de la Grande-Bretagne ? Et, même, des Etats-Unis ?
Mon impression est que les dirigeants de ces pays servent des causes personnelles, politico-médiatiques, peut-être aussi financières (1), bien éloignées de l'intérêt de leurs pays. Hollande, Cameron et Obama ne dédaigneraient pas une petite remontée dans les sondages en jouant aux chefs de guerre.
J'enrage que nous soyons dirigés par de tels gens, aux raisons si minables, à l'analyse si creuse. Mais quoi ? Notre décadence, et spécialement celle du personnel politique, n'est pas une nouveauté.
N'oublions pas que, s'agissant du prétexte officiel à l'intervention, l'usage de gaz de combat sur des civils, rien n'est prouvé et qu'un horrible montage par les rebelles ne peut absolument pas être exclu, la région est coutumière de ce genre de mise en scène (2).
La nullité de nos politiciens peut aller jusqu'à la crédulité, plus facile quand on est inculte comme un énarque (3), et il n'est pas exclu qu'ils croient, au moins en partie, les fadaises droits-de-l'hommistes qu'ils invoquent.
Et même si le gouvernement Assad avait gazé des civils, cela ne serait pas une raison suffisante pour intervenir. Où est l'intérêt de la France ?
De Gaulle a écrit dans ses mémoires qu'il arrive qu'une décision conforme à l'honneur soit aussi un bon placement politique à long terme. Mais, dans quel camp est l'honneur dans une guerre civile ? Il faut avoir une lecture bien simpliste d'une guerre entre frères, entre cousins, entre voisins pour croire qu'un parti a le monopole de la justice et de l'honneur.
C'est pourquoi j'insiste, MM. Hollande et Fabius : où est l'intérêt de la France ?
*************
(1) : il n'est pas crédible que le défilé ininterrompu d'hommes politiques français grassement rémunérés au Qatar, américains en Arabie Saoudite, reste sans influence. Autrement dit, nos politiciens sont corrompus par des pays étrangers.
(2) : Thomas Friedman, ex-correspondant du New-York Times au Liban, en raconte quelques unes.
(3) : un énarque est quelqu'un qui a fait le plein de connaissances à 22 ans et qui n'apprendra plus rien de sa vie.
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dimanche, janvier 27, 2013
Honni soit qui Mali pense
Le titre n'est pas original ...
Je m'aperçois que je ne vous ai pas donné mon opinion sur cette affaire, la guerre française au Mali, et comme je tiens un blog pour épancher mes opinions, dont vous contrefoutez ...
Le gouvernement français a bien raison de vouloir casser de l'islamiste. Mais pourquoi aller au Mali pour cela ? Si on doit pourchasser tous les barbus de la planète, on n'est pas sorti de l'auberge.
C'est d'autant plus incompréhensible que messieurs les islamistes ont eu la délicate attention de s'approcher pour nous faciliter le travail.
Un bombardement du Bourget et autres lieux circonvoisins (ciblées, les frappes, hein) ferait tout aussi bien l'affaire et couterait beaucoup moins cher en kérosène. En ces temps de disette d'argent public, il n'y a pas de petites économies.
Je m'aperçois que je ne vous ai pas donné mon opinion sur cette affaire, la guerre française au Mali, et comme je tiens un blog pour épancher mes opinions, dont vous contrefoutez ...
Le gouvernement français a bien raison de vouloir casser de l'islamiste. Mais pourquoi aller au Mali pour cela ? Si on doit pourchasser tous les barbus de la planète, on n'est pas sorti de l'auberge.
C'est d'autant plus incompréhensible que messieurs les islamistes ont eu la délicate attention de s'approcher pour nous faciliter le travail.
Un bombardement du Bourget et autres lieux circonvoisins (ciblées, les frappes, hein) ferait tout aussi bien l'affaire et couterait beaucoup moins cher en kérosène. En ces temps de disette d'argent public, il n'y a pas de petites économies.
samedi, janvier 19, 2013
Laurent Louis sur l'intervention française au Mali
Je n'approuve pas la totalité des propos qui suivent, mais le député belge Laurent Louis dit tout de même quelques vérités qui font du bien à entendre et je suis plutôt en accord, avec quelques nuances dans l'application, sur l'analyse globale de la situation.
Merci à Koltchak
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