Affichage des articles dont le libellé est désinformation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est désinformation. Afficher tous les articles

samedi, octobre 03, 2020

Désinformation et prescriptions hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché).

On a beaucoup entendu de conneries des médecins désinformateurs stipendiés de Big Pharma : « C'est une folie de prescrire hors AMM. Raoult est dans l'illégalité totale de le faire. Les médecins ne doivent absolument pas le faire. D'ailleurs, on ne le fait presque jamais ».

En réalité, c'est légal et courant : 15 à 20 % des prescriptions sont hors AMM, 80 % en pédiatrie.

jeudi, septembre 27, 2018

La désinformation par le fait accompli

Ornellas/Neumann: faut-il arrêter d'inviter Eric Zemmour dans les médias ?

Je tombe sur cette video par hasard.

Je connais Natacha Polony mais pas le salaud qu'elle a en face. Je dis « salaud » car il trahit ses spectateurs et, plus largement, le devoir d'honnêteté. Dans chacune de ses phrases, il y a une information fausse ou biaisée.

Le moment qui m'a le plus intéréssé est celui sur Jacqueline Sauvage. Polony se défend fort mal (argument d'autorité de la chose jugée) parce qu'elle ne revient pas aux faits.

Le salaud insiste sur l'affirmation que Jacqueline Sauvage était battue depuis des années et ses enfants violentés de même. Or, c'est précisément cette affirmation que deux jurys d'assise n'ont pas crue.

Autrement dit, le salaud nous présente comme une évidence une affirmation plus que contestée.

Tout le reste en découle : si on tient pour vérité incontestable ce que les jurés n'ont pas cru, ils sont des salauds.

Voilà un mécanisme très puissant de la désinformation : répétez un mensonge comme si c'était une vérité et on finira par oublier que c'est un mensonge.

Sauf les gens qui ont de la mémoire et se souviennent que c'est un mensonge, mais ils sont si peu nombreux qu'ils ne comptent pas.




mardi, décembre 13, 2016

Alep : la mauvaise pitié

La pitié pour les civils d'Alep qu'on nous demande, que dis-je ?, qu'on exige de nous sans discussion, est doublement malsaine.

1) elle est le paravent de grosses arrières-pensées. Cette focalisation sur les civils d'Alep dissimule une prise de position anti-Assad et, mécaniquement, pro-islamique, qui, lorsqu'on est français, oscille entre la bêtise et la trahison pure et simple : ce n'est pas dans l'intérêt de la France que les islamistes gagnent en Syrie.

Je sais bien que tous les politiciens et tous les journalistes sont des « appeasers » ou des complices de l'islam conquérant, c'est cela que manifeste une fois de plus cette insistance sur Alep. Vous n'êtes pas obligé de tomber dans le panneau..

2) c'est de la pitié dangereuse, dont j'ai bien peur qu'elle soit plus destinée à nous donner bonne conscience (comme d'habitude) qu'à vraiment résoudre les problèmes des victimes.

En effet, que la guerre fasse des morts civils, la belle découverte ! On voit tout de suite la qualité de l'analyse de ceux qui nous exhortent à la pitié. Mais si nous nous soucions vraiment des habitants d'Alep, souvenons nous qu'il n'y a qu'un moyen d'arrêter rapidement une guerre, c'est de la gagner. Sommes nous prêts à aider Assad pour abréger les souffrances des Aleppins ? Bien sûr que non.

Alors arrêtons de ramener notre fraise, c'est indécent, d'autant plus que nous ne sommes pas pour rien, avec notre diplomatie à la gomme, aux analyses toutes plus erronées les unes que les autres et aux initiatives intempestives, dans le prolongement de cette guerre.

Si vous appliquez les critères de Volkoff permettant de reconnaître la désinformation, il y en a au moins trois sur quatre.

Qu'on me comprenne bien, je ne critique personne qui, en ce temps de l'Avent, montre de la pitié pour ses frères humains, encore faut-il que cela vienne d'un coeur pur et d'une cervelle qui pense juste.

Sinon, ce n'est qu'une mascarade répugnante.

mercredi, janvier 20, 2016

Viktor Dedaj : désinformation et mal-information

Vous savez que le sujet me tient particulièrement à coeur car je considère qu'il est fondamental pour expliquer ce qui ne va pas dans nos sociétés.

Viktor Dedaj insiste sur plusieurs points :

1) La mal-information est proportionnelle à : Vitesse de traitement de l'information x complexité du sujet.

2) La désinformation est proportionnelle à : Enjeu politique de l'information x absence de sens critique des medias. Or, il se trouve, c'est un constat, que plus le sujet important, moins les medias ont de sens critique. Ils enquêteront sur la déclaration de patrimoine d'un élu, mais pas sur la version officielle d'un attentat (pourtant, la version officielle des attentats du 13 novembre soulève une foule de questions !). Donc le phénomène est exponentiel, si le sujet est important, vous êtes pratiquement certain d'être désinformé.

3) Il y a une différence entre ingurgiter de l'information et s'informer. Il revient sur un thème qui m'est cher : passer son temps devant les chaines en continu est à l'information ce que bâfrer au Mac Do est à la gastronomie. L'information en continu provoque l'obésité intellectuelle, l'incapacité à se décentrer et à se remettre en cause. Il insiste, comme moi, comme Volkoff, sur l'absolue nécessité de couper les canaux d'information en continu. J'apprécie, par vanité, qu'il pose la même question que moi : « Si vous apprenez un attentat, non pas dans l'heure qui suit, mais le lendemain, qu'est-ce que ça change ? ».

Certes, l'auteur est un gauchiste, mais cela vaut le coup de l'écouter car les critères qu'il donne pour essayer de détecter la mal-information et la désinformation sont neutres.






Et pour vous amuser, je vous mets le faux communiqué élyséen de Viktor Dedaj à propos des attentas :

Le communiqué de l’Elysée que vous ne lirez pas

Suite aux événements tragiques d’hier, il a été décidé que la France réexaminera sa stratégie et politique étrangère.

1) Considérant les soutiens de certains pays avec les mouvements terroristes, soit par leur création à des fins géostratégiques douteuses, soit par leur financement, soit par une complaisance à leur égard, la France révisera ses relations avec les Etats-Unis, le Qatar, l’Arabie-Saoudite, Israël et la Turquie.

2) Considérant le rôle actif joué par la France elle-même dans le point 1), les membres des gouvernements successifs annoncent leur démission en bloc et leur mise à disposition de la Justice française et internationale, non sans avoir au préalable engagé des actions contre les figures politiques, culturelles et médiatiques qui ont défendu et encouragé ces politiques criminelles.

3) Considérant que les 5 années d’interventions occidentales en Syrie et les 15 années de campagnes « d’éradication du terrorisme » ont produit moins de résultats qu’un mois d’intervention russe, la France révisera ses alliances stratégiques en matière de lutte contre le terrorisme et reconsidérera les propositions russes et autres pour une paix au Moyen-orient.

4) Constatant le rôle extrêmement belliqueux et destructeur de l’OTAN ces 30 dernières années, la France se retire de toutes les instances de cette organisation et soumet à l’examen de la Justice la responsabilité des dirigeants de cette organisation pour des actes de guerre illégaux et actes de crimes contre l’humanité.

5) Reconnaissant le rôle indispensable joué par les marchands d’armes dans les guerres, l’Etat français procédera à la nationalisation sans indemnisation et la liquidation de toutes les entreprises privées engagées dans cette filière. Un référendum sera soumis au peuple français sur le devenir d’un éventuel secteur public dédié exclusivement à la Défense.

6) Constatant (pendant qu’on y est) qu’il circule librement et à ciel ouvert des « armes interdites » par les Conventions internationales, la France lancera des mandats d’arrêt internationaux contre les responsables d’entreprises et leurs subordonnés employés dans les services de Recherche et Développement (l’argument « je ne faisais qu’obéir aux instructions » ou « si ce n’est pas nous, c’est quelqu’un d’autre qui le fabriquera » ne saurait être opposé).

7) Considérant que « lorsque nos réactions sont prévisibles, nous devenons manipulables », le Gouvernement de la France se refuse à tomber dans le piège tendu et retire toutes les mesures de surveillance massive et d’atteintes aux libertés publiques et engagera une véritable lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, d’où qu’il vienne, et contre tous ses promoteurs, alliés ou non (qu’on se le dise).

Vive la France (pour ce qu’il en reste), vive la République (pour ce qu’elle en vaut).

Fait à l’Elysée, le 14 novembre 2015

Le Président








vendredi, janvier 15, 2016

Trop-plein d'informations et abrutissement

Terrorisme : comprendre la menace pour mieux lacombattre

Cet article esquisse une réflexion intéressante mais ne va pas au bout.

La fréquence de l'information, indépendamment de son contenu, est un problème fondamental.

Vladimir Volkoff explique très bien, dans tous ses ouvrages théoriques, que plus la fréquence d'information est élevée, plus le taux de bruit, de fausse information et de désinformation s'accroît. La bonne foi et la compétence des journalistes ne sont même pas en cause, c'est un phénomène mécanique, mathématique, lié à l'échantillonnage.

Et Volkoff insiste : ceux qui disent « J'écoute France Info (ou je regarde BFM TV) mais, - attention ! - je filtre » sont des imbéciles qui ne comprennent pas le fonctionnement de leur cerveau.

Le seul moyen efficace de filtrer France Info ou BFM TV, c'est de les éteindre.

Je vous rappelle les recommandations de Volkoff :

1) S'informer à des sources au positionnement revendiqué, se méfier comme de la peste des sources prétendues neutres.

2) Choisir un échantillonnage assez espacé et s'y tenir, quelle que soit l'actualité..

Bref, lire l'Humanité et Minute une fois par semaine et c'est tout.

3) Garder son esprit critique, ne pas se laisser emporter par l'hystérisation, prendre en toutes circonstances du recul.

4) L'unanimité médiatique est suspecte. Elle doit être pour vous un signal d'alarme.

Je n’arrive pas à la rigueur de Volkoff. Mais j’essaie de m’en rapprocher. J’ai un dossier de signets de 40 sites ou blogs, dont certains sont gauchistes. Je les ouvre tous une seule fois par jour pour lire les nouveaux articles, cela me prend en général entre vingt minutes et une demi-heure, quelquefois une heure. Pas de télé, pas de radio. Il m'arrive en revanche d'être pris par des fils de commentaires auxquels je participe, mais j'essaie de faire gaffe.

Il n’y a jamais aucune actualité qui justifie qu'on reste scotché aux medias (1).

Même pas les récents attentats. Le matin du 14 novembre, j’ai « surfé » une heure sur les sites des journaux en apprenant les événements de la nuit, puis je me suis dit « Tu es con, débranche ». Aujourd’hui, deux mois après, suis-je moins informé que ceux qui sont restés devant leur télé toute la journée ? Le lendemain, étais-je moins bien informé ? Non. Mais, assurément, je n'ai pas été traumatisé, je suis plus en condition de mettre à distance et d’analyser.

L’abrutissement médiatique est devenu une composante majeure de nos vies. Il appartient à chacun de nous de faire ce qu’il faut pour le combattre. Sans compter le temps libre dégagé par rapport aux hypnotisés.

Quand j’expose ces idées, pourtant essentielles dans notre monde, soit on me prend pour un farfelu, soit je rencontre un succès d’estime, étant bien entendu que mon bienveillant interlocuteur n’adoptera pas pour lui-même une position aussi radicale que la mienne, que mes bons conseils, je me les garde.

Si, à cause de mon blog, un seul lecteur a bazardé sa télévision, je n'aurais pas perdu mon temps. Ne dites  pas : « C'est une idée, je vais y réfléchir ». Faites le ! Vous comprenez bien que ce n'est pas un geste anodin, il porte en lui une méditation sur le divertissement pascalien, la vie intérieure et le rapport au monde.

La seule personne de ma connaissance qui débranche complètement est aussi quelques coudées au-dessus de toutes les autres. Bizarre, non ?

***********
(1) : sauf en cas de vraie guerre ou de vraie catastrophe naturelle près de chez vous. Mais, en France, cela ne s'est pas produit depuis le printemps 1940.




mardi, mai 20, 2014

Ce que le tapage autour de Kerviel révèle de notre société

Kerviel, une Léonarda qui se prend pour le Christ ?

Kerviel, symptôme d'une société infantilisée

Tout est dans ces articles : l'information en continu fait perdre le sens des faits et le goût de la mise en perspective. La société infantilisée fait perdre le sens des responsabilités.

On peut discuter du fait que Kerviel oeuvrait dans un système mauvais, que la Société Générale a été au moins très négligente. Mais Kerviel est bien coupable de ce dont on l'a accusé, il doit donc faire sa peine.

Quant à l'argument du pardon, il est fort inquiétant, surtout venant d'hommes d'église. Il y a là un mélange des genres prouvant une confusion intellectuelle qui ne laisse pas de m'inquiéter (mais vous savez ce que je pense de la baisse affligeante du niveau du clergé).

Le pardon n'est ni dans le rôle ni dans le pouvoir du système judiciaire. De plus, on ne pardonne qu'un pécheur repentant.

Or, ces derniers jours, Jérôme Kerviel a prouvé qu'il restait égal à lui-même : manipulateur (la pseudo-audience du pape), paranoïaque et assoiffé de lumière des projecteurs. En rien, il n'est un homme qui a renoncé à Satan et à ses pompes.

Le point sans doute le plus intéressant, car de portée générale, est la technique de manipulation qui a permis de transformer un coupable en pseudo-victime.

Elle est à base d'information en continu. Elle repose sur quelques principes simples :

• la mémoire de poisson rouge : tout ce qui s'est passé avant ces deux derniers jours disparaît, englouti dans le brouillard de l'oubli. Les faux et usage de faux de Kerviel paraissent aussi loin de nous que les papyrus des pharaons. Les frasques de DSK et sa politique économique désastreuse semblent n'avoir jamais existé.

• le biais : on ne vous dit pas les choses directement, on ne vous dit pas «Kerviel est une victime donc il est innocent», mais on vous le présente en situation de victime et on laisse votre cerveau faire le reste du travail, l'interprétation. Ainsi, l'opinion qu'on vous aura suggérée sera d'autant plus ancrée que c'est vous qui l'aurez élaborée.

• le martèlement. Répétez dix fois la même chose et cela deviendra une vérité.

Maxime Tandonnet nous fait une synthèse :

Principes d'une manipulation de masse

Nous sommes dans la situation décrite maintes fois par Volkoff.

Une seule solution : comme disait France Gall, débranche tout.

Je n'ai pas la télévision et j'écoute de temps en temps BFM, en podcast, jamais en direct, à des moments de mon choix, des émissions de mon choix. Pas plus de trois ou quatre heures par semaine au total (à comparer au 27 heures en moyenne devant la télévision, et 35 heures pour les enfants, sans parler de la radio dans la voiture).

J'ai des collègues, dont je vous ai déjà parlé, qui se croient plus malins que les autres : «J'écoute France Info mais je décrypte» ou «il faut bien savoir ce que dit l'ennemi». Tu n'as pas besoin de savoir ce que dit l'ennemi, tu le sais à l'avance et tu décryptes ce que tu veux, mon con, ça ne t'empêche pas de te faire bourrer le mou comme les autres.

L'information en continu est une forme d'addiction. C'est donc une question de discipline personnelle : ceux qui font un régime pour ne pas avoir l'air trop ventripotent sur la plage devraient avoir la même attitude vis-à-vis de l'information que de la nourriture.

Addendum :

Excellent commentaire : je ne connaissais pas cette recommandation célinienne fort intéressante :

Plus j'y réfléchis, plus je me rends compte que Céline a raison quand il dit que pour s'informer, il suffit de regarder les publicités et la rubrique nécrologique des journaux. Avec l'un, vous connaissez votre époque et la société dans laquelle vous vivez, de façon infaillible et crue jusqu'à l'obscénité. Vous savez ce que veulent les gens et jusqu'où ils sont prêts à aller pour l'obtenir. Avec l'autre vous connaissez les gens qui peuplent cette société de façon individuelle, vous savez quand ils sont morts.

dimanche, septembre 15, 2013

L'information en continu ou les aventures de Lippe et Ri

J'apprécie deux miens collègues, baptisons les Lippe et Ri pour conserver leur anonymat. Ils ont les idées saines . Ils ne rechigneraient pas à organiser une compétition sportive pour les jeunes défavorisés des banlieues. La traversée de la Méditerranée à la nage par exemple (dans le sens nord-sud bien évidemment).

Néanmoins, ils sont affectés d'un grave défaut : ils écoutent des radios d'information en continu, style France Bolcho et ils me sortent l'argument stupide pour se justifier : «Oui, mais je filtre».

Ils n'ont pas compris malgré mes explications (je déduis qu'elles sont insuffisantes) que l'idée d'information en continu est nocive en soi, même sur radio Courtoisie. Ils ne comprennent pas qu'il n'y a aucun filtre humain assez puissant pour circonvenir la nocivité fondamentale de l'information en continu, que le seul filtre pertinent, c'est de mettre le bouton sur «arrêt».

Vladimir Volkoff insiste bien sur cette nocivité de l'information en continu et recommande de s'informer de manière espacée, sereine et rigoureuse. Le conseil de Volkoff : lire Minute et L'Huma in extenso tous les jours et seulement cela.

Encore plus intéressant, un homme né au XIXème siècle, mais habitué à analyser et à décider, Charles De Gaulle fait dans les années 60 des remarques judicieuses à Alain Peyrefitte sur la nécessité de ne pas se laisser submerger par le flot de l'actualité.

Or, je trouve dans Antifragile (dont il faudra que je parle plus longuement tant ce livre est passionnant) quelques lignes sur le sujet. NN Taleb  fait, en mathématicien, une tentative de chiffrage : la ratio signal/bruit se dégrade à mesure qu'on augmente l'échantillonnage.

Pour lui, dans l'information quotidienne, il y a 95 % de bruit et 5 % de signal. Dans l'information horaire, il y a 99,5 % de bruit. D'où sa conclusion (je cite) : «Celui qui écoute l'information en continu est une étape en-dessous du crétin» (one step below sucker). Il ne parle pas de ceux qui font cette information en continu mais je doute qu'il les aie en grande estime.

Peut-être est-ce que je devrais expliquer à mes collègues qu'ils sont «une étape en-dessous du crétin».

Ce n'est pas anecdotique. Ce point est fondamental et philosophique : voulons nous être la dupe de la société de l'endoctrinement qui vise à «libérer du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola», cette société qui travaille par hystérisation de tout, qui met sur le même plan la guerre en Syrie et Nabillah, cette société qui fait de l'abrutissement son moyen et son but ? Ou voulons nous être des «honnêtes hommes», qui se forgent avec calme et sérénité un avis  et qui n'hésitent pas à avouer leur ignorance si besoin ?

Montaigne recevait les nouvelles par courrier à cheval avec plusieurs semaines (mois ?) de retard, croyez vous qu'il comprenait moins bien le monde qui l'entourait que l'auditeur «scotché» à Rance Info ?

En tous les cas, je n'écoute aucune information en continu et j'ai tendance à échantillonner quotidiennement, mais en différé. Je me demande même si je ne vais pas arrêter de m'informer et attendre que l'information vienne à moi sous la forme des conversations de bureau ou de rue.

Bref, vous avez bien compris : si vous avez un appareil qui diffuse une information en continu, vous mettez le bouton sur «arrêt», vous foutez un coup de fusil, vous piétinez les débris, vous brulez le tout et vous dispersez les cendres en mer après les avoir fait exorciser par un prêtre. Vous ne pouvez pas vous tromper.

jeudi, août 29, 2013

Les «frappes humanitaires» et la notion de «crime contre l'humanité» : une régression du droit international

Les «frappes humanitaires» et la notion de «crime contre l'humanité» sont une régression du droit international.

En effet, la notion de «crime contre l'humanité» est extrêmement floue et permet de se passer de tous les instruments du droit international : pas de déclaration de guerre, pas de passage à l'ONU.

Elle ouvre la porte à l'arbitraire le plus complet, comme nous le constatons aujourd'hui. Elle justifie tout et n'importe quoi.

Gazer des civils, c'est dégueulasse, c'est criminel, mais est-ce un «crime contre l'humanité» qui exige qu'on cesse tout questionnement et qu'on fonce dans le tas sans réfléchir ?

J'abhorre le sentimentalisme qui mène l'escalade guerrière contre la Syrie et qui occulte toute réflexion. La situation au Moyen-Orient est extrêmement complexe et l'on invoque le «crime contre l'humanité» pour nous imposer une action simpliste, en nous en cachant farouchement les tenants et les aboutissants.

On nous prend pour des cons et c'est désagréable.

C'est pourquoi je renouvelle mes questions à M. Hollande :

> quelle est la stratégie de la France au Moyen-Orient ? Où est son intérêt ?

> comment les événements de Syrie s'incrivent-ils dans cette analyse ?

> en vertu des réponses aux deux questions précédentes, qu'est-ce qui justifie une intervention armée, ouverte ou secrète, de la France en Syrie ?

Je crains qu'on ne nous donne pas les réponses et, pire, je crains que ces réponses n'existent pas. Parce que la France n'a pas de stratégie au Moyen-Orient, qu'elle n'a pas d'analyse propre de la situation et qu'elle ne sait plus que suivre le sens du vent médiatique du moment, vent qui vient de Washington.

mardi, août 27, 2013

Syrie : les ingrédients de la désinformation se mettent en place, mais c'est laborieux


Je vous rappelle les critères de Volkoff pour reconnaître la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Les trois premiers critères dépendent de la classe jacasssante, qui est crédule comme pas un. De plus, la classe jacassante, politiques et journalistes mêlés, a intérêt à la guerre : ça distrait le public de la situation intérieure et ça fait vendre.

Donc, les trois premiers critères sont remplis, mais moins parfaitement que lors de l'intervention en Libye. Des doutes sont émis à demi-voix.

En revanche, si j'en crois les sondages et les commentaires que j'ai pu lire sur des sites de presse, le quatrième critère n'est absolument pas rempli, ni en France, ni en Grande-Bretagne (je n'ai pas regardé les Etats-Unis).

Mais nos gouvernements ayant appris à se passer de l'aquiescement des peuples, ils vont y aller. Le tambour médiatique bat l'appel aux armes. Le son est reconnaissable entre mille, il nous est familier depuis l'Irak et la Libye.

Mais on n'a toujours pas répondu à la question élémentaire : où est l'intérêt de la France dans cette histoire ? Et de la Grande-Bretagne ? Et, même, des Etats-Unis ?

Mon impression est que les dirigeants de ces pays servent des causes personnelles, politico-médiatiques, peut-être aussi financières (1), bien éloignées de l'intérêt de leurs pays. Hollande, Cameron et Obama ne dédaigneraient pas une petite remontée dans les sondages en jouant aux chefs de guerre.

J'enrage que nous soyons dirigés par de tels gens, aux raisons si minables, à l'analyse si creuse. Mais quoi ? Notre décadence, et spécialement celle du personnel politique, n'est pas une nouveauté.

N'oublions pas que, s'agissant du prétexte officiel à l'intervention, l'usage de gaz de combat sur des civils, rien n'est prouvé et qu'un horrible montage par les rebelles ne peut absolument pas être exclu, la région est coutumière de ce genre de mise en scène (2).

La nullité de nos politiciens peut aller jusqu'à la crédulité, plus facile quand on est inculte comme un énarque (3), et il n'est pas exclu qu'ils croient, au moins en partie, les fadaises droits-de-l'hommistes qu'ils invoquent.

Et même si le gouvernement Assad avait gazé des civils, cela ne serait pas une raison suffisante pour intervenir. Où est l'intérêt de la France ?

De Gaulle a écrit dans ses mémoires qu'il arrive qu'une décision conforme à l'honneur soit aussi un bon placement politique à long terme. Mais, dans quel camp est l'honneur dans une guerre civile ? Il faut avoir une lecture bien simpliste d'une guerre entre frères, entre cousins, entre voisins pour croire qu'un parti a le monopole de la justice et de l'honneur.

C'est pourquoi j'insiste, MM. Hollande et Fabius : où est l'intérêt de la France ?


*************
(1) : il n'est pas crédible que le défilé ininterrompu d'hommes politiques français grassement rémunérés au Qatar, américains en Arabie Saoudite, reste sans influence. Autrement dit, nos politiciens sont corrompus par des pays étrangers.

(2) : Thomas Friedman, ex-correspondant du New-York Times au Liban, en raconte quelques unes.

(3) : un énarque est quelqu'un qui a fait le plein de connaissances à 22 ans et qui n'apprendra plus rien de sa vie.

mercredi, août 08, 2012

Syrie : la désinformation comme elle va

Extrait d'un article sur la Syrie :

********
L’insurrection est loin d’être générale, les minorités en particulier, nombreuses en Syrie craignent l’arrivée au pouvoir des islamistes. En Syrie les différentes communautés vivaient en paix sans qu’il y eût de tension religieuse, musulmans et chrétiens cohabitaient en bonne intelligence souvent dans le même quartier.

L’information diffusée en Occident n’est absolument pas crédible. La source de référence est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en fait un rédacteur syrien exilé à Londres et une traductrice. « Cet organisme est devenu la source quasi unique de l’information sur le terrain, reprise in extenso par l’Agence France-Presse (AFP) et les médias français. » Il est financé par les médias panarabes et est un instrument de propagande favorable aux frères musulmans. C’est à lui qu’on doit le décompte des victimes et l’attribution des massacres, souvent fort improbable.

L’Arabie saoudite et le Qatar, via leurs chaînes de télévision par satellite, Al-Arabiya et Al-Jazira, diffusent aussi une information largement partisane.

********
Dans ces cas-là, on se pose la question : les journalistes sont-ils cons, naïfs, paresseux ou sciemment partisans ? Ou un mélange de tout cela ?

En tout cas, une certitude : les journalistes font très mal leur métier présumé, nous sommes très mal informés et ils ajoutent ainsi au malheur du monde.

J'en viens à me demander si je ne vais pas suivre le conseil de Volkoff : ne plus lire que Minute et l'Humanité.

jeudi, août 02, 2012

Le talisman Hollande


François Hollande, président et premier ministre (Ayrault est un super-directeur de cabinet), a un talisman qui le distingue de tous ses prédécesseurs depuis Lionel Jospin : la presse est soumise, enamourée. Les quelques exceptions, qu'on peut compter sur les doigts d'une main sont si faibles, qu'elles ne sont que l'alibi démocratique qui renforce ce système profondément anti-démocratique.

Ce soutien inconditionnel de la presse est la véritable différence de Normal 1er. Dans notre société hyper-médiatique, c'est un avantage incommensurable que de voir tous ses faits et gestes rapportés par leur bon coté. On peut reprendre le petit manuel des techniques de désinformation et on les trouve toutes, benoitement utilisées.

La presse est le point stratégique : si la droite se bat, si chaque intervenant de droite reprend de volée chaque journaliste tendancieux (pléonasme), comme l'a fait Henri Guaino pendant la campagne, elle a une chance de retrouver la confiance perdue de son électorat. La stratégie Juppé-Fillon-NKM de se soumettre à la presse bobo-gaucho ne peut mener qu'à une alternance par lassitude sans aucun intérêt pour la France.

Bien sûr, je ne crois pas une minute que les ténors de la droite montreront cet esprit combatif. C'est pourquoi elle restera toujours une fausse droite.

samedi, juillet 07, 2012

A propos de la Birmanie et d'Aung San Suu Kyi

L'unanimité médiatique étant une des caractéristiques principales d'une entreprise de désinformation moderne, il convient de manifester une saine méfiance chaque fois qu'on est confronté à un cas.

Notamment, l'homme est ce qu'il est, chaque fois qu'on nous présente un "saint laïque" (oxymore, mais les journaleux ne sont pas à ça près), une prudence de sioux s'impose. Alors, quand c'est une "sainte laïque" ...

Une tragédie birmane

mercredi, juin 27, 2012

Un sommet de désinformation à méditer


Un sommet de désinformation, d'après Volkoff : être arrivé à implanter la croyance que tout est économique. Avec les analyses et décisions qui découlent de cette croyance.

Beau sujet de méditation, non ?

jeudi, mars 15, 2012

La désinformation sous vos yeux

Mais pourquoi la France fait-elle semblant de ne pas voir la menace islamiste qui pèse sur la Syrie ?

L'attitude des politiciens français est en effet incompréhensible : peur de heurter les musulmans en France ? Ca serait bien dans la tradition de grand courage de nos politicards.

Le seul dont je m'explique sans problème l'attitude, c'est Alain Juppé : il est sans doute un des hommes politiques français les plus cons, alors même que notre classe politique a d'immenses ressources en la matière. Chaque fois qu'il a eu une décision importante à prendre, il s'est trompé. Qu'il se trompe complètement sur la Syrie est dans l'ordre des choses. Je n'ai jamais compris cette légende d'intelligence qui l'entoure. Peut-être le crâne d'oeuf ...

lundi, février 13, 2012

Désinformation : qui a gagné la Guerre froide ?

Pour bien comprendre l'extrait ci-dessous, il faut avoir assimilé que la désinformation est comme le vampirisme : de même qu'un vampirisé devient à son tour un vampire, un désinformé devient à son tour un désinformateur, en propageant la désinformation dont il a été victime.

C'est ainsi que la désinformation peut survivre bien longtemps après que le désinformateur initial, qui avait intérêt à cette désinformation, a disparu.

L'exemple du Protocole des sages de Sion est célèbre : il date du XIXème siècle, son auteur est mort depuis longtemps, mais il circule toujours. Plus récemment, on a dit beaucoup de mal des Serbes lors de la guerre du Kosovo, et un journaliste propageant ces mauvais clichés a obtenu un prix (non pas que ces articles soient factuellement faux, mais le choix même du sujet est orienté : il n'a pas choisi d'enquêter sur les séquelles des exactions des milices islamistes).

Désinformation : qui a gagné la Guerre Froide ?

On rejoint la thèse de Bezmenov ou de Maurice Druon dans La France aux ordres d'un cadavre (le cadavre en question étant celui de l'URSS). L'Occident est victime de la désinformation communiste par delà la mort du communisme.

Maintenant, comment reconnaître la désinformation ?

La grille des symptômes est la suivante :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les mauvais de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Vous remarquerez que ces critères s'appliquent très bien au politiquement correct. C'est normal : le politiquement correct est au débat ce que le stalinisme est à l'art de gouverner. Il est l'apothéose de la campagne de désinformation communiste : non seulement, il a des réponses qu'il est sacrilège de contester, mais le fait même de poser certaines questions devient «nauséabond». C'est le triomphe de la dictature de la bêtise auto-destructrice.

Ceci étant dit, que faire contre la désinformation quand on est un consommateur d'informations ?

> Ne pas compter sur l'Etat. Lutter contre la désinformation devrait faire partie de ses fonctions régaliennes mais, en pratique, il est l'un des principaux vecteurs de la désinformation.

> Attacher du prix à la vérité. C'est essentiel : penser que tout se vaut, qu'il n'y a pas de vérité, que des opinions, c'est s'offrir en victime consentante à la désinformation.

> Débrancher. Ne pas se laisser submerger par l'hystérie informative. Très peu de télé, pas d'infos en continu. Ne pas se laisser hypnotiser, notamment par la télé. Se ménager des places de silence et de méditation.

> Préférer s'informer à des sources dont l'orientation est claire plutôt que prendre le risque de s'endormir sur une fausse objectivité. Mieux vaut lire l'Huma et Minute et Radio Courtoisie que Le Monde et Le Figaro. Volkoff donne des exemples particulièrement cruels de la très hypocrite fausse objectivité du Monde. Finalement, j'ai plus de respect pour l'Huma qui avance à découvert.

> Apprendre par des exercices réguliers à détecter une campagne de désinformation à l'aide des critères définis plus haut.

> Pratiquer l'esprit de contradiction.

> Préférer se forger des opinions plutôt que les acheter toutes faites (cela prend du temps).

> Refuser l'auto-censure.

Au fond, pour résister à la désinformation, il faut avoir des valeurs, des connaissances et du caractère, et le goût de la lucidité et de la vérité, qui n'est pas forcément partagé.

samedi, février 11, 2012

Petite histoire de la désinformation (V. Volkoff)

Soyons clairs : j'estime la lecture de Volkoff comme étant absolument indispensable pour comprendre notre monde.

La désinformation est une technique ayant pour but de favoriser les tendances auto-destructrices de la cible et d'affaiblir ses défenses.

Si vous n'avez pas une conscience claire de l'importance de la désinformation et des agents d'influence, vous ne pouvez pas comprendre une des causes principales de notre décadence.

Que l'URSS ait fini par clamser ne termine pas cette histoire : tout le monde sait que les USA et le Qatar mènent des activités louches dans nos banlieues (et qui dit agents d'influence dit, à terme, désinformation) et je serais curieux de savoir ce que font les Chinois dans ce domaine, eux qui ont été les premiers à théoriser la désinformation avec Sun Tzu.