Affichage des articles dont le libellé est le général Lee. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est le général Lee. Afficher tous les articles

mardi, mars 31, 2015

Lee (Douglas Southall Freeman)

Cette biographie est un monument à la gloire de Lee à l’égal de la sculpture de Stone Mountain.

Freeman dresse une liste des erreurs de Lee mais le seul défaut de caractère qu’il lui trouve vraiment est de laisser parfois sa bonne éducation l’empêcher de bousculer ses subordonnés au point de compromettre la réussite de la mission. Que se serait-il passé à Gettysburg si Lee, qui sentait la résistance de Longstreet au parti pris, avait mis les points sur les i ?





Sinon, Freeman décrit Lee comme poli, magnanime, droit, travailleur, exigeant, pieux, discret, attentionné, clairvoyant, audacieux. Un Napoléon avec un bon caractère, sans mégalomanie et qui prie tous les jours. Le chef idéal.

Il lui manqua sans doute un trait de génie. Il reste que, même si l'historien sudiste Shelby Foote a écrit que Gettysburg est le prix que le Sud a payé pour avoir choisi Lee comme général en chef, beaucoup pensent que Lee est le meilleur général de l'histoire des Etats-Unis. Il a toujours combattu en infériorité numérique et matérielle et a réussi pourtant à obtenir quelques victoires impressionnantes. Il fut bien près de renverser le cours de l'histoire.

Gettysburg fut le Waterloo du Sud, beaucoup d'analogies entre ses deux batailles décisives. L'un des camps avait juste besoin de ne pas perdre, tandis que l'autre devait vaincre à tout prix.

Ses hommes vouaient un véritable culte à Lee.

Un trait original pour un guerrier (qu’il partageait toutefois avec Jackson) : il se plaisait en compagnie des jeunes femmes et des enfants. Cette présence apaisante devait soulager ces croyants obligés d’ordonner chaque jour des tueries. On connaît une anecdote sur Jackson qui n’aurait pas paru déplacée chez Lee : lui qui n’avait pas versé une larme à la mort de ses amis a pleuré comme une Madeleine quand on lui a annoncé le décès de la petite fille de ses hôtes.

Sur la guerre, deux citations de Lee valent d’être méditées : « La guerre est si horrible que tous les moyens sont bons pour vaincre au plus vite » et «Heureusement que la guerre est horrible sinon nous y prendrions goût » (à rapprocher de l’ancien ambassadeur israélien en France Elie Barnavi dont la mère disait « Il y aura toujours la guerre parce que vous, les hommes, aimez cela ». Citation – les hommes fauteurs de guerre- qui doit faire exulter les féministes combattantes. Reste à se demander si, dans certaines circonstances, la guerre n’est pas préférable à la paix. Une guerre honorable d'hommes libres à une paix déshonorante et servile, par exemple).

Enfin, dernière citation, incompréhensible pour notre époque mais qui explique tout Lee : « "Devoir" (duty) est le plus beau mot de la langue anglaise ».

Traveller, le cheval de Lee, est presque aussi célèbre que son cavalier.


samedi, mars 28, 2015

Grant et Lee : le stratège et le tacticien ?

Il est de coutume de dire que Grant était stratège et que Lee était tacticien.

C'est une approche biaisée : quand une nation agricole de 9 millions d'habitants combat une nation industrielle de 23 millions d'habitants, il n'y a pas de bonne stratégie pour vaincre.

La cause sudiste était plombée par trois erreurs d'analyse initiales et fondamentales :

1) les Sudistes avaient probablement le droit pour eux. La sécession était justifiée juridiquement. Mais ce fait n'était pas pertinent : à la guerre, la force prime le droit.

2) les pays européens ne se sont pas ralliés au Sud par crainte du manque de coton sudiste alimentant leur industrie textile.

3) le militarisme sudiste n'a pas été suffisant pour vaincre l'industrie nordiste.

Autrement dit, la cause sudiste était perdue à partir du moment où le Nord avait décidé de se battre vraiment, c'est-à-dire quasi dès le début. Le personnage de Clark Gable dans Autant en emporte le vent le comprend de suite.

L'entêtement de Lincoln fut pathologique (je ne comprends pas qu'on fasse de ce cinglé un héros), mais le Sud ne pouvait vaincre qu'en ne commettant aucune erreur.

Lee commit trois erreurs majeures :

1) Trop se concentrer sur le théâtre virginien. La perte du contrôle du Mississippi condamnait le Sud.

2) Lors des Sept Jours, il rata la seule occasion d'envelopper et d'anéantir l'armée nordiste par manque de poigne vis-à-vis de ses subordonnés (défaut qui le distingue de Napoléon). Il est à noter que Stonewall Jackson fut très en dessous de ses capacités, probablement par manque de sommeil.

3) A Gettysburg, une accumulation de petites fautes l'empêche de vaincre. C'est la moindre de ses erreurs puisque, à ce moment, la guerre était sans doute déjà perdue. Ceux qui font de cette bataille le tournant de la guerre se méprennent sur le rapport de forces à ce moment, déjà très défavorable au Sud.

En face, Grant a fait jouer à plein sa supériorité matérielle et démographique. Il n'avait pas besoin de génie pour cela, juste de caractère. C'est le grand classique  de l'armée américaine des guerres mexicaines et indiennes : submerger l'ennemi par la puissance de feu.

On notera tout de même que les Nordistes eurent plus de pertes que les Sudistes.

Il reste une énigme à plusieurs millions de morts : pourquoi les états-majors européens, qui avaient des observateurs dans les deux camps, n'en ont tiré aucune leçon ? Car tout y était déjà, la puissance de feu, l'artillerie, les tranchées, le fil de fer barbelé ...






vendredi, octobre 12, 2012

L'enfant comme accessoire de mode


Est-ce moi qui aie l'esprit mal tourné ? Je suis vaguement mal à l'aise devant ces photos de Nicole Kidman avec ses enfants. Ce qui est privé doit rester privé.



Il est est vrai que l'enfant est de plus en plus traité comme un objet de consommation, comme s'il y avait un droit à l'enfant (cf la revendication d'adoption par les homosexuels) alors que, dans une conception saine, il y a des devoirs vis-à-vis de l'enfant (protection, éducation).

Dans notre société, le général Lee serait un extraterrestre («Le plus beau mot de notre langue est "devoir"»).