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dimanche, février 10, 2019

Green book

Ca fait partie de ces films que je vais voir avec crainte, mais des fois qu'il y aurait une bonne surprise ...

En 1962, un chauffeur tout rital bien bourrin trimballe dans le Vieux Sud un artiste noir noir, nègre quoi : je m'attendais au pire des clichés politiquement corrects. Il y en a quelques uns, mais pas tant que ça.

Franchement, c'est un bon film.

lundi, octobre 09, 2017

Autant en emporte le vent

Je m’aperçois que je n’ai jamais écrit de critique de ce film.

Dans L'armée des ombres, Ventura et Meurisse sortent d'un cinéma de Londres : « Pour les Français , la guerre sera finie quand ils pourront voir ce film merveilleux ».

Ce n’est pas mon film préféré (bien entendu, pas pour les raisons idiotes qui excitent les bien-pensants).

C’est un film de producteur : l’argent dépensé se voit à l’écran mais il manque la patte artistique d’un réalisateur de talent. La première partie, la guerre civile, est bien. La deuxième partie, la reconstruction et les relations entre Rhett et Scarlett, est assez médiocre, manque de psychologie.

Alors il reste le merveilleux Technicolor.

Mais, dans le genre « film qui en jette », je préfère Lawrence d'Arabie ou Out of Africa. Je vois pourtant ce film du Vieux Sud avec plaisir.



jeudi, août 17, 2017

Charlottesville : explosion de bêtise

Je suis terrifié par les événements de Charlottesville car ils me semblent non pas singuliers mais, au contraire, représentatifs de l'effondrement de l'intelligence en Occident.

L'atmosphère est au lynchage.

Donald Trump a eu des paroles raisonnables, il s'est fait cracher dessus par les médias.

L'intelligence n'est vraiment pas au rendez-vous. Une journaliste américaine a dit : « Pour les écoliers américains et pour une bonne partie du public, l'histoire des Etats-Unis, c'est : oppression des indiens, puis oppression des noirs, puis oppression des femmes (aujourd'hui) et rien entre ».

Nous payons cinquante ans de destruction méthodique de notre civilisation. Nous n'avons plus de peuples, mais des conglomérats d'adolescents attardés ignorants, excités et haineux, leur haine étant à la mesure de leur ignorance, abyssales, ne connaissant aucune limite à leurs pulsions destructrices puisque n'ayant pas été éduqués. Aujourd'hui, comme les talibans, ils détruisent les statues. Demain ?

Je ne suis pas souvent d'accord avec Guy Millière, sioniste excessif, mais, comme lui, je suis estomaqué :

Les Khmers rouges américains à l’assaut de la Maison-Blanche

On a pu décrire le nazisme comme la politique des enfants sans père. Que faisons nous depuis cinquante ans, si ce n'est des enfants sans père ?

L'avenir de l'intelligence est sombre. Elle doit de nouveau se cacher.

Addendum :

On proclame le terrorisme islamique révoltant, mais on ne se révolte pas vraiment. On se comporte comme les victime pleurnichardes d'un malheureux phénomène météorologique imprévisible (le réflexe "bougie, nounours", comme pour les accidents d'avion). Contre le nazisme, là on se bat, pas de "bougie, nounours". De la castagne, de la baston.

Deux poids, deux mesures.

Révolte contre un danger imaginaire, le nazisme. Pas de révolte contre un danger réel, l'islamisme.

Quand une société se trompe à ce point d'ennemi, elle est très malade. La tête est atteinte, nous sommes fous.


Addendum :


« La guerre de Sécession américaine ne peut être réduite à un conflit pour ou contre l'esclavage »

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Comparer à Vichy, à la 2e guerre mondiale, au nazisme, voire même Lee à Hitler comme on a pu le lire, n'a pas grand sens et témoigne d'abord d'une méconnaissance assez sidérante d'une histoire complexe.

[…]

Encore une fois, la guerre civile ou guerre de Sécession est le seul épisode de cette ampleur sur le sol américain; symboliquement, 150 ans après et malgré les deux guerres mondiales, il a une résonance encore puissante comme acte fondateur de ce qu'est la nation américaine. Sous-estimer les symboles, tout comme les charger de trop de valeur, relève je pense de la même erreur. Plutôt que des comparaisons hasardeuses avec le nazisme, on pourrait se demander, toutes choses égales par ailleurs et toutes proportions gardées, les réactions ici si l'on s'en prenait à l'Arc de triomphe à cause du rôle de Napoléon dans le rétablissement de l'esclavage, au Sacré-Cœur commémorant l'écrasement de la Commune, aux statues de Kléber à cause de la Vendée, de Colbert pour le Code noir, au mur des fédérés à cause des exécutés de la Roquette, à Versailles comme symbole de la monarchie absolue, ou à n'importe quel cimetière allemand de la 2e guerre mondiale à cause des horreurs de l'occupation nazie ...
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samedi, mars 04, 2017

Le Sud pouvait-il gagner la guerre de Sécession ? (V. Bernard)

Ce n'est pas une uchronie, mais un examen des possibles.

Résumons : le Sud a souffert de beaucoup de choses, notamment d'un manque d'encadrement compétent. Chaque indisponibilité d'un  bon général sudiste (maladie, mort) est une petite catastrophe.

Mais c'est la stratégie qui péchait. Le Sud a mené une guerre offensive sur le théâtre oriental, entre Richmond et Washington, les 160 kilomètres où ont eu lieu toutes les batailles célèbres, alors qu'il a perdu la guerre sur le théâtre occidental et qu'il aurait pu adopter une position défensive à l'est.



mardi, mars 31, 2015

Lee (Douglas Southall Freeman)

Cette biographie est un monument à la gloire de Lee à l’égal de la sculpture de Stone Mountain.

Freeman dresse une liste des erreurs de Lee mais le seul défaut de caractère qu’il lui trouve vraiment est de laisser parfois sa bonne éducation l’empêcher de bousculer ses subordonnés au point de compromettre la réussite de la mission. Que se serait-il passé à Gettysburg si Lee, qui sentait la résistance de Longstreet au parti pris, avait mis les points sur les i ?





Sinon, Freeman décrit Lee comme poli, magnanime, droit, travailleur, exigeant, pieux, discret, attentionné, clairvoyant, audacieux. Un Napoléon avec un bon caractère, sans mégalomanie et qui prie tous les jours. Le chef idéal.

Il lui manqua sans doute un trait de génie. Il reste que, même si l'historien sudiste Shelby Foote a écrit que Gettysburg est le prix que le Sud a payé pour avoir choisi Lee comme général en chef, beaucoup pensent que Lee est le meilleur général de l'histoire des Etats-Unis. Il a toujours combattu en infériorité numérique et matérielle et a réussi pourtant à obtenir quelques victoires impressionnantes. Il fut bien près de renverser le cours de l'histoire.

Gettysburg fut le Waterloo du Sud, beaucoup d'analogies entre ses deux batailles décisives. L'un des camps avait juste besoin de ne pas perdre, tandis que l'autre devait vaincre à tout prix.

Ses hommes vouaient un véritable culte à Lee.

Un trait original pour un guerrier (qu’il partageait toutefois avec Jackson) : il se plaisait en compagnie des jeunes femmes et des enfants. Cette présence apaisante devait soulager ces croyants obligés d’ordonner chaque jour des tueries. On connaît une anecdote sur Jackson qui n’aurait pas paru déplacée chez Lee : lui qui n’avait pas versé une larme à la mort de ses amis a pleuré comme une Madeleine quand on lui a annoncé le décès de la petite fille de ses hôtes.

Sur la guerre, deux citations de Lee valent d’être méditées : « La guerre est si horrible que tous les moyens sont bons pour vaincre au plus vite » et «Heureusement que la guerre est horrible sinon nous y prendrions goût » (à rapprocher de l’ancien ambassadeur israélien en France Elie Barnavi dont la mère disait « Il y aura toujours la guerre parce que vous, les hommes, aimez cela ». Citation – les hommes fauteurs de guerre- qui doit faire exulter les féministes combattantes. Reste à se demander si, dans certaines circonstances, la guerre n’est pas préférable à la paix. Une guerre honorable d'hommes libres à une paix déshonorante et servile, par exemple).

Enfin, dernière citation, incompréhensible pour notre époque mais qui explique tout Lee : « "Devoir" (duty) est le plus beau mot de la langue anglaise ».

Traveller, le cheval de Lee, est presque aussi célèbre que son cavalier.


samedi, mars 28, 2015

Grant et Lee : le stratège et le tacticien ?

Il est de coutume de dire que Grant était stratège et que Lee était tacticien.

C'est une approche biaisée : quand une nation agricole de 9 millions d'habitants combat une nation industrielle de 23 millions d'habitants, il n'y a pas de bonne stratégie pour vaincre.

La cause sudiste était plombée par trois erreurs d'analyse initiales et fondamentales :

1) les Sudistes avaient probablement le droit pour eux. La sécession était justifiée juridiquement. Mais ce fait n'était pas pertinent : à la guerre, la force prime le droit.

2) les pays européens ne se sont pas ralliés au Sud par crainte du manque de coton sudiste alimentant leur industrie textile.

3) le militarisme sudiste n'a pas été suffisant pour vaincre l'industrie nordiste.

Autrement dit, la cause sudiste était perdue à partir du moment où le Nord avait décidé de se battre vraiment, c'est-à-dire quasi dès le début. Le personnage de Clark Gable dans Autant en emporte le vent le comprend de suite.

L'entêtement de Lincoln fut pathologique (je ne comprends pas qu'on fasse de ce cinglé un héros), mais le Sud ne pouvait vaincre qu'en ne commettant aucune erreur.

Lee commit trois erreurs majeures :

1) Trop se concentrer sur le théâtre virginien. La perte du contrôle du Mississippi condamnait le Sud.

2) Lors des Sept Jours, il rata la seule occasion d'envelopper et d'anéantir l'armée nordiste par manque de poigne vis-à-vis de ses subordonnés (défaut qui le distingue de Napoléon). Il est à noter que Stonewall Jackson fut très en dessous de ses capacités, probablement par manque de sommeil.

3) A Gettysburg, une accumulation de petites fautes l'empêche de vaincre. C'est la moindre de ses erreurs puisque, à ce moment, la guerre était sans doute déjà perdue. Ceux qui font de cette bataille le tournant de la guerre se méprennent sur le rapport de forces à ce moment, déjà très défavorable au Sud.

En face, Grant a fait jouer à plein sa supériorité matérielle et démographique. Il n'avait pas besoin de génie pour cela, juste de caractère. C'est le grand classique  de l'armée américaine des guerres mexicaines et indiennes : submerger l'ennemi par la puissance de feu.

On notera tout de même que les Nordistes eurent plus de pertes que les Sudistes.

Il reste une énigme à plusieurs millions de morts : pourquoi les états-majors européens, qui avaient des observateurs dans les deux camps, n'en ont tiré aucune leçon ? Car tout y était déjà, la puissance de feu, l'artillerie, les tranchées, le fil de fer barbelé ...






jeudi, février 12, 2015

Lee's lieutenants : a study in command (Douglas Southall Freeman)

J'ai écrit la recension de ce livre en 2010 :

Lee's lieutenants, a study in command (Douglas Southall Freeman)

mais je voulais le rappeler à mes lecteurs. C'est un des livres les plus extraordinaires que j'ai lus.

L'auteur, Douglas Southall Freeman, mérite aussi le déplacement.

Vous pouvez le lire dans la version abrégée, celle qui est en photo dans le billet de 2010. Elle fait seulement 900 pages (je vous laisse imaginer la version complète).

L'extraordinaire figure de Stonewall Jackson domine l'ouvrage. Cet homme très pieux et franchement chiant dans la vie civile se révèle au feu un général de la trempe de Napoléon. Il n'est pas sûr qu'il soit exagéré de dire que la perte de ce chef hors du commun, juste avant Gettysburg, tué dans la nuit par ses sentinelles sur une erreur d'identification, ait été la perte du Sud.

Comme Lee, son apparence pondérée cache une audace folle. Sa dernière bataille, la Wilderness/Chancellosville, est un chef d'oeuvre d'esprit de décision digne de Friedland ou de Patay.

Laissant un rideau face à l'ennemi en faisant l'hypothèse audacieuse mais juste qu'il n'attaquera pas tout de suite, il fait contourner au gros de sa troupe les lignes nordistes par des chemins « impraticables » (style « les Allemandes ne passeront pas par les Ardennes ») et gagne une victoire écrasante contre des troupes deux fois supérieures en nombre.

L'envie de m'intéresser au Sud m'a été donnée par cet enfoiré (c'est presque affectueux) de Bertrand Tavernier, dont j'ai souligné le paradoxe.


Et la bande-annonce :




La Terre Tremblante

Les pêcheurs mettent leurs lignes comme des araignées
Piégeurs, voleurs des âmes
Les attrapes sont mises pour les innocents
Gambleurs, éviteurs des blâmes

Descends
Allons
Descends
Dans l'eau saumâtre
Reviens
C'est rien
Reviens
A la terre tremblante

Les voleurs, ça met leurs appâts sur la ligne
La bouteille, la fierté et l’argent
Ça voit pas qu’ils sont piégés pour toujours
Dedans un fil étranglant

Descends

Allons
Descends
Dans l'eau saumâtre
Reviens
C'est rien
Reviens
A la terre tremblante