vendredi, juillet 14, 2006

Un tabou français : la médiocrité de l'Education Nationale (telle que révélée par elle-même)

En matière d'enseignement, la médiocrité commence par l'abaissement des exigences. A en croire le document ci-dessous qui m'a été obligeamment communiqué (mes commentaires en rouge), nous sommes bien partis pour battre des records d'ignorance et d'inculture :

Conseils d'évaluation

2 commentaires:

Anonyme a dit…

ATTENTION !

Avec l'esprit "poil à gratter" qui me caractérise, je dirai que Franck se conduit ici comme un syndicaliste enseignant de la FSU un peu obtus et soupe-au-lait, comme on en rencontre parfois... et comme, par ailleurs, il les déteste !

Les réunions avec ce genre d'inspecteur sont en effet parfois houleuses, quand il y a en face ce type d'enseignant.

Ce qu'il faut bien voir, c'est que le ton est donné, en matière de correction d'examen, par l'Inspection générale, et que nous avons là un inspecteur régional et un seul. Sa personnalité joue un rôle dans sa prose, et non des moindres.

Ainsi, j'ai été, personnellement, briefé cette année, bien plus que les précédentes, à la veille des corrections du bac, et je reconnais là certaines des consignes que j'ai reçues, mais poussées à l'extrême. Par exemple il était dit d'utiliser tout l'éventail des notes, mais non point, comme ici, surtout vers le haut !

Donc il ne faut ni généraliser, ni croire que le corps enseignant absorbe ce genre de choses sans broncher -les syndicats FSU étant particulièrement attentifs, depuis toujours, à concilier l'objectif de la démocratisation et celui du maintien du niveau. Depuis des décennies, ils se battent contre la démagogie du ministère qui se manifeste plus ou moins suivant les gouvernements, mais point du tout selon l'alternance droite-gauche, et qui tient à deux raisons de fond : bugétaires (les redoublements coûtent cher) et politiques (il y a plus de parents électeurs que d'enseignants, et il peut paraître rentable de faire croire aux premiers que tout est de la faute des seconds).

Cela cerné, tout ne va pas si mal. Et il n'est pas toujours inutile non plus de rappeler aux enseignants qu'ils ont affaire à des jeunes en formation, qui n'ont pas que leur discipline à étudier.

fboizard a dit…

"Avec l'esprit "poil à gratter" qui me caractérise, je dirai que Franck se conduit ici comme un syndicaliste enseignant de la FSU un peu obtus et soupe-au-lait, comme on en rencontre parfois... et comme, par ailleurs, il les déteste !"

Montaigne, dans de De l'art de conférer, fait tout un plat du fait qu'il ne faut pas disputer avec n'importe qui, au risque d'en prendre la ressemblance ; alors il possible que je vire FSU !

Il est impossible de traitter de bonne foy avec un sot. Mon jugement ne se corrompt pas seulement à la main d'un maistre si impetueux : mais aussi ma conscience.

Dont acte.

"Donc il ne faut ni généraliser, ni croire que le corps enseignant absorbe ce genre de choses sans broncher"

La jeune "prof" qui m'a transmis ce texte décrit une réception agitée où l'approbation n'a pas la meilleure part.

"il y a plus de parents électeurs que d'enseignants, et il peut paraître rentable de faire croire aux premiers que tout est de la faute des seconds"

Là dessus je suis d'accord : j'ai maintes fois glosé sur la différence entre éducation et instruction, et la première est principalement du ressort des parents.

L'instruction est un sujet qui lme tient particulièrement à coeur pour deux raisons :

> la pensée et la culture me semblent une part essentielle de la vie. Or je suis navré du vide dans la "forme" (incapacité à tenir un raisonnement rigoureux) et dans le "contenu" (manque de culture et de références) des jeunes entre 15 et 25 ans qu'il m'arrive de rencontrer. Bien sûr, il y a des exceptions, mais elles viennent le plus souvent d'une attention spéciale des parents et nond'une école efficace.

> le "mammouth" est la priorité et le symbole de la réforme de l'Etat, notre dahu politique, tant évoquée mais jamais vue.