mercredi, avril 11, 2007

Irak, la guerre parfaite ?


Réflexion d'un Marine : "It's a perfect war : they want to die, we want to kill them." (c'est la guerre parfaite : ils veulent mourir, nous voulons les tuer.)

Au delà de la boutade, cela mérite réflexion.

Il est admis dans les medias européens que la guerre en Irak est, évidemment, un échec, que les Américains ont, évidemment, fait n'importe quoi et que, évidemment, la situation actuelle n'a que des inconvénients.

Je mets ces opinions plus sur le compte d'un anti-américanisme qu'il faut bien appeler primaire qu'au crédit d'analyses circonstanciées.

En effet, on peut relever quelques points positifs qui ne sont jamais cités :

> les djihadistes étrangers tués en Irak, évalués à plusieurs milliers, n'ont pas sévi autre part. D'ailleurs, cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu d'attentats aux USA, simple coïncidence ?

> les conditions de vie dans certaines parties de l'Irak se sont améliorées (les attentats ont lieu dans 4 régions d'Irak où vivent 37 % de la population, autrement dit 63 % de la population vivent dans des régions sans attentats).

> les pétro-monarchies archaïques et oppressives commencent lentement à s'ouvrir à la modernité et ce qui se passe en Irak (et en Iran) n'y est pas étranger.

Et il me reste une question : la guerre civile en Irak est elle de la responsabilité des Américains ? N'a-t-on pas à faire à des Irakiens qui tuent d'autres Irakiens ?

Il me semblait que ces quelques faits et cette question devaient être rappelés pour une vision plus nuancée de la situation en Irak.

Ajout du 11/04 : Irak, une intoxication stupéfiante

Vous êtes surpris ? Moi pas, et vous non plus, peut-être.

Ajout du 13/04 : j'ai mis la photo.

10 commentaires:

claude a dit…

Quand je pense que je viens de voir un article à la tv dénonçant une guerre civile sur TOUT le territoire irakien, cela fait du bien de lire un blog comme le votre. D'ailleurs j'y passe très souvent merci pour la qualité de vos articles

Anonyme a dit…

Bon courage à vous, vous risquez de vous faire traiter de tout les noms si vous dites autre chose que la "vérité officielle" en France.

Anonyme a dit…

Un FAIT essentiel dans la campagne de désinformation généralisée: alors qu'on fait le compte presque un par un du nombre de morts US (censé symboliser l'échec US), on ne parle jamais du nombre de morts irakiens civils, car alors on devrait dire QUI les a tués (ou alors des évaluations totalement exagérées qu'on attribue à la guerre américaine", et donc aux Américains); ni le nombre de "résistants" (djihadistes ou baathistes) tués par les US, car au bout du compte, ils sont indéfendables (les "résistants"), et prouverait la réussite US.

Ce qui m'étonne le plus, c'est que depuis le début de la guerre, aucun grand médis n'a donné ces chiffres, et que personne ne semble s'en apercevoir.

Bonne continuation, votre style est de plus en plus sobre et convaincant,

gil_c.

fboizard a dit…

"on fait le compte presque un par un du nombre de morts US" Le "presque" est de trop : si vous vous abonnez au site du Department of Defense américain, vous recevrez l'identité de chaque mort ainsi que les circonstances de son décès.

"on devrait dire QUI les a tués" excellent remarque.

Anonyme a dit…

Je voulais dire, par "on", les médias...

Ciao.

Anonyme a dit…

Un extrait du discours de Robespierre du 18 décembre 1791 contre la guerre et qui fera peut-être réfléchir:

Ce n'est point ainsi que raisonnent ceux qui,
impatiens d'entreprendre la guerre, semblent la
regarder comme la source de tous les biens ; car il
est bien plus facile de se livrer à l'enthousiasme que
de consulter la raison. Aussi croit-on déjà voir le
drapeau tricolore planté sur le palais des empereurs,
des sultans, des papes & des rois : ce sont les
propres expressions d'un écrivain patriote, qui a
adopté le système que je combats. D'autres assurent
que nous n'aurons pas plutôt déclaré la guerre, que
nous verrons s'écrouler tous les trônes à la fois.
Pour moi, qui ne puis m'empêcher de m'appercevoir de
la lenteur des progrès de la liberté en France,
j'avoue que je ne crois point encore à celle des
peuples abrutis & enchaînés par le despotisme. je
crois autant que personne aux prodiges que peut opérer
le courage d'un grand peuple qui s'élance à la
conquête de la liberté du monde ; mais quand je fixe
les yeux sur les circonstances réelles où nous sommes
; lorsqu'à la place de ce peuple je vois la cour, &
les serviteurs de la cour ; lorsque je ne vois qu'un
plan imaginé, préparé, conduit par des courtisans ;
lorsque j'entends débiter avec emphase toutes ces
déclamations sur la liberté universelle, à des hommes
pourris dans la fange des cours, qui ne cessent de la
calomnier, de la persécuter dans leur propre pays ;
alors je demande au moins que l'on veuille bien
réfléchir sur une question de cette importance."

Anonyme a dit…

Extrait du premier discours de Robespierre contre
> la guerre et les boutefeux girondins (1792):
>
> "La plus extravagante idée qui puisse naître dans
> la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à
> un peuple d'entrer à main armée chez un peuple
> étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa
> constitution. Personne n'aime les missionnaires
> armés ; et le premier conseil que donnent la nature
> et la prudence, c'est de les repousser comme des
> ennemis.
> J'ai dit qu'une telle invasion pourrait réveiller
> l'idée de l'embrasement du Palatinat et des
> dernières guerres, plus facilement qu'elle ne ferait
> germer des idées constitutionnelles, parce que la
> masse du peuple, dans ces contrées, connaît mieux
> ces faits que notre Constitution. Les récits des
> hommes éclairés qui les connaissent démentent tout
> ce qu'on raconte de l'ardeur avec laquelle elles
> soupirent après notre Constitution et nos armées.
> Avant que les effets de notre révolution se
> fassent sentir chez les nations étrangères, il faut
> qu'elle soit consolidée. Vouloir leur donner la
> liberté avant de l'avoir nous-mêmes conquise, c'est
> assurer à la fois notre servitude et celle du monde
> entier ; c'est se former des choses une idée
> exagérée et absurde, de penser que, dès le moment où
> un peuple se donne une Constitution, tous les autres
> répondent au même instant à ce signal."(...)
>
> "Une telle guerre ne peut que donner le change à
> l'opinion publique, faire diversion aux justes
> inquiétudes de la nation, et prévenir la crise
> favorable que les attentats des ennemis de la
> liberté auraient pu amener. C'est sous ce rapport
> que j'ai d'abord développé les inconvénients de la
> guerre.
> Pendant la guerre étrangère, le peuple, comme je
> l'ai déjà dit, distrait par les événements
> militaires des délibérations politiques qui
> intéressent les bases essentielles de sa liberté,
> prête une attention moins sérieuse aux sourdes
> manoeuvres des intrigants qui les minent, du pouvoir
> exécutif qui les ébranle, à la faiblesse ou à la
> corruption des représentants qui ne les défendent
> pas."
>

Anonyme a dit…

certes la guerre civile en Irak ne concerne pas toute la population.

Mais vouloir inculquer de force la démocratie à un peuple qui n'est pas prêt à la mettre en oeuvre fut une erreur monumentale. D'ailleurs, soit dit en passant, je me pose la question de savoir si le peuple Français est prêt pour une démocratie saine quand j'entends les inepties racontées dans cette campagne éléctorale et l'imbécilité de certains de mes concitoyens qui les prennent pour argent comptant.

D'un point de vue strictement occidental le régime baasiste de Hussein n'était pas si mauvais. On avait notre petrole en traitant certes avec un dictateur mais nos démocraties occidentales ont avalé des couleuvres bien plus grosses que celle ci. Et surtout cette région du monde était bien plus calme avec des chiites moins fanatisés et un Iran qui se tenait plus à carreau certainement en souvenir de la guerre Iran-Irak

l'intervention des USA n'a fait que mettre le feu aux poudres en réveillant l'Iran, le Hezbollah et les chiites qui ne pensent qu'à emasculer le plus grand nombre d'occidentaux possible.

Par ailleurs d'un point de vue du droit moral et ou international si nous devons faire les gendarmes du monde, je ne comprends pas pourquoi il fallait taper sur la tête à Hussein et pas sur celle du président iranien dont les propos sont autrement plus agressifs que ne l'étaient ceux de Hussein ou encore pourquoi laisser prospérer le ditacteur nord-coréen ?

Luc a dit…

Affligeant... Je tombe par hasard sur votre blog et lis quelques articles à la suite... Un ensemble de remarques et de constats de mauvais comptoirs de café du commerce assainé comme des vérités confirmées, ça fait sincèrement froid dans le dos... Je n'ai pas le temps de commenter vos précédents messages, mais sur l'Irak, je le prends!
Car pour quelqu'un qui dit apprécier l'Histoire, il y a des raccourcis démagogiques qui ne sont pas entendables!
Certes, il y a bien une guerre civile qui touche l'Irak, et l'ensemble de son territoire et pas seulement quelques poches que vous réduisez à des pourcentages de territoires, risibles si on ne parlait pas de morts et de blessés.
Rappelons succintement tout d'abord, les origines de la création de l'Irak, réalisé par les occidentaux au lendemain des deux guerres mondiales pour favoriser l'appropriation des ressources pétrolières selon un découpage géographique qui ne recoupait absolument les réalités ethniques et religieuses voire tribales, à la manière du charcutage de l'Afrique qui conduit aux tensions que nous connaissons depuis la décolonisation. C'est connu et reconnu que l'Irak est une bombe humaine par la diversité de sa population selon leurs croyances religieuses, qui s'opposent dans le monde musulman. Et la principale critique sur l'intervention américaine, outre leur volonté de récupérer les intérêts pétroliers, vient de l'impréparation de leur intervention espérant par leur simple déboulé apporter la démocratie (pour info, la république en France aura mis 80 ans pour s'installer et aux USA, il aura fallu quasiment autant de temps, de révolutions jusqu'à la guerre civile dite de secession, et la cause des noirs n'était pas la véritable raison...)dans un pays dirigé par un dictateur depuis près de 25 ans et de ce fait par une minorité religieuse sur la majorité du peuple. Rappelons à juste titre que ce dictateur laïque avait justement été soutenu et encourage dans les années 80 dans sa guerre contre l'Iran (République Islamique) par les occidentaux (nous avons fourni armes et financements...). A l'issue de la guerre Iran/Irak (match nul), du fait des pertes terribles et du coût pour la population, le fameux Saddam a réclamé aux occidentaux ce qu'il avait demandé auparavant à savoir de récupérer au moins en partie (financière) le pétrole que le micro-état extrêment riche, à savoir le Koweit pompait dans les réserves du sous-sol irakien... Fin de non recevoir, on connait la suite... avec l'inquiétude de la coalition en 1991, de devoir se battre contre ses propres armes vendues pour la guerre Iran/Irak.
La guerre civile était malheureusement inévitable entre une minorité (sunnite) dépossédée du pouvoir qui veut le reprendre, une majorité chiite (divisée) soutenue et alimentée par le grand frère iranien, une minorité kurde qui veut créer un état Kurde présent notamment sur 3 pays dont la Turquie (et que cette dernière pourchasse), et vous ajoutez par dessus, les hommes d'Al quaida qui veulent détruire le diable américain... et vous obtenez un immense bordel et une intervention américaine qui tourne au carnage, construite sur du vent (la menace chimique de Saddam, démontrée par la suite comme inexistante), préparée à la va-vite pour satisfaire une opinion vat-en guerre suite au 11/09...
Une guerre civile est forcément absurde, insensée et terrible mais pouvait être évité sans le fanatisme des dirigeants américains du moment!

Soufiene a dit…

Lorsqu'on parcour un peu le blog, on peut s'apercevoir trop vite que les degats des US ont depasse l'Irak. Il y'en a meme en France, j'espere que ca s'arretera la.
On peut etre pro-Americains sans etre pour autant pour la guerre en Irak. La preuve qu'il y'a plusieurs Americains qui sont contre ce projet. Faut pas etre plus royiste que le roi comme-meme.