jeudi, janvier 17, 2008

En mai 1940, fallait il entrer en Belgique ? (Bruno Chaix)

C'est en fait une thèse étoffée pour l'édition.

Je vous rappelle le problème : le 10 mai 1940, une fraction de l'armée allemande attaque la Belgique et la Hollande. Le meilleur des armées anglaises et françaises se porte à la rencontre de l'ennemi.

Simultanément, l'élite blindée de l'armée allemande passe les Ardennes, la Meuse, et, en quelques jours, encercle le gros des armées alliées imprudemment engagées en Belgique.

Les pertes sont trop importantes, aucune nouvelle «bataille de la Marne» n'est possible, la bataille de France est militairement terminée sur le sol métropolitain : le problème devient politique.

La question de savoir si il fallait entrer en Belgique est donc légitime.

Bruno Chaix s'en tient à l'aspect militaire.

Il fait plusieurs remarques :

> des exercices avant guerre avaient mis en lumière la vulnérabilité de la manoeuvre belge à un contournement par des unités blindés. Il n'en a pas été tenu compte.

> la manoeuvre belge, offensive destinée à établir une nouvelle ligne de défense, est en partie en contradiction avec la doctrine statique de l'armée française.

> bien que les meilleures troupes françaises fussent engagées en Belgique, leurs performances face à l'armée allemande dont les meilleures troupes étaient ailleurs ne furent pas éblouissantes.

En conclusion :

> la vulnérabilité d'une doctrine défensive statique est qu'elle laisse toute initiative à l'ennemi d'attaquer les points faibles d'une ligne continue et étirée. (De Gaulle avait insisté en vain sur la nécessité d'un corps blindé capable de repousser ce genre de coups).

> la supériorité de l'armée allemande en matériels (en qualité et en quantité), en effectifs, en doctrine d'emploi tactique, était telle que l'Allemagne pouvait prendre tous les risques et la France aucun.

La France a gaspillé les maigres chances qu'elle avait en entrant en Belgique. Gamelin n'a pas été Napoléon, très loin de là : pas d'imagination, pas de caractère, pas de charisme, pas de chance. Mais, au fond, l'issue était presque fatale, Belgique ou pas.

A défaut d'être intelligents (1), les généraux français auraient pu être accrocheurs. Mais c'est là qu'entre en scène le génie politique d'Hitler : il a su si bien cajoler et terrifier, souffler le chaud et le froid qu'il a découragé toute velleité de continuer le combat outremer (sauf quelques fous qui ont sauvé l'honneur).

Au fond, ce qui m'intrigue le plus, ce sont non pas les événement de mai 1940, mais ceux de juin.
En effet, Weygand choisit de nouveau la défense statique, alors qu'elle vient d'échouer. Je sais bien qu'il est limité par ses maigres moyens, bien évidemment encore plus que Gamelin. Mais tout de même.

Les autres idées (réduit breton, outremer, défense sur la Loire, etc.) étaient certes aventureuses, mais, entre une solution connue dont la défaite est certaine (Weygand n'avait aucun doute) et des solutions aventureuses mais qui préservent un espoir, le choix aurait pu être différent.

Je connais l'explication habituelle : Weygand a fait de la politique au lieu de faire la guerre, il a voulu rendre la défaite irrémédiable pour forcer un armistice.

Qu'il me soit permis de considérer cela comme une trahison. D'ailleurs, il n'a échappé à un procès après-guerre que parce que De Gaulle estimait le procès Pétain suffisant et qu'il voulait passer à autre chose.

On notera cependant que De Gaulle, président, a refusé pour son enterrement les honneurs militaires et la messe aux Invalides, refus qui me semble pleinement justifié.

Je ne juge pas Weygand et Gamelin de la même manière : Gamelin a fait preuve d'incapacité, pas de malice ; Weygand a trahi.

Je suis en train de lire Les fossoyeurs, de Pertinax.


(1) : je sais bien que la critique rétrospective est facile, mais quand on voit ce qu'ont su faire des gens comme Leclerc, Patton, Joukov, Von Manstein ou Rommel, quelquefois avec des moyens dérisoires, on se dit que, tout de même, nos généraux de 1940 n'étaient pas des flèches.

25 commentaires:

daredevil2007 a dit…

une petite correction : la supériorité au niveau matériel n'était pas du tout aussi importante que cela... contrairement à ce que l'on a toujours voulu faire croire. Par contre, la doctrine, elle, l'était! Ne pas oublier non plus le problème du général Gamelin : un général de l'intendance...
D'ailleurs, au niveau de la doctrine, n'avons-nous pas toujours 1 métro de retard... ?

fboizard a dit…

Certains chars français étaient meilleurs que les chars allemands, mais trop dispersés par la doctrine, avec une logistique inadaptée et l'absence très handicapante de radios fiables.

Quant à l'aviation, elle était surclassée en quantité, en qualité et en doctrine.

Oui, nous avons une nette tendance à avoir un métro de retard.

Par exemple, l'armée suisse, dont, ils est vrai, les problématiques diffèrent, fait preuve de plus de qualités.

daredevil2007 a dit…

de toute façon, une "vieille" nation peut-elle avoir une armée à la hauteur et une doctrine en "état de marche" ?
L'un des aspects qu'il ne faut pas non plus oublier, c'est le moral des soldats et leur volonté de se battre...
Je crois même qu'au jour d'aujourd'hui, c'est le principal problème... et puis, il faut y consacrer des moyens suffisants mais avec une telle dette est-ce encore possible?

Anonyme a dit…

une petite correction : la supériorité au niveau matériel n'était pas du tout aussi importante que cela...

Tout à fait d'accord.Le Dewotine 520 n'était pas si mauvais que cela...et le Somua pouvait rivaliser avec les panzer (ceux de 40 ne sont pas les Tigre et Panther de 44/45).

L'argument avancé du matériel me semble plus comme une excuse d'un encadrement déficient qui ne savait plus manoeuvrer (voir le retard des transmissions comparativement à l'armée allemande, Guderian c'est la liaison radio air/terre, Rommel est à l'avant, dans son command-car au contact, parfois trop d'ailleurs).

Anonyme a dit…

Comme vous le dites, Franck, Belgique ou pas, en mai 1940 c'était de toute façon foutu. Par contre, en septembre 1939, lorsque le gros de l'armée allemande était occupé en Pologne, ça aurait peut-être été une autre affaire. Mais c'est vrai que frapper quelqu'un dans le dos est fort peu courtois. C'est quelque chose qui ne se fait pas entre gens bien, alors en plus, la France et la Grande Bretagne ont donné au Reich un cadeau de plus de huit mois de "drôle de guerre" pour qu'il puisse regrouper ses troupes, completer ses effectifs et reproduire ses stocks de munitions et de matériel méchamment entamés lors de la campagne de Pologne. Comme quoi, pour gagner, il faut avoir non seulement les moyens matériels, mais aussi un minimum de volonté.

Tonton Jack a dit…

De mémoire le Général Lucien Beaufre disait que la stratégie est la dialectique des volontés, manière de montrer qu'au delà du matériel, la volonté des hommes et notamment des chefs - voir Marc Bloch pour le cas de 1940 - se révèle primordiale.

PS: Merci pour cette référence, cela ne me fera qu'un livre de plus à lire...

Anonyme a dit…

Je lirais ce livre. Nous n'avons pas encore un panorama de tout l'effondrement de 40. A part l'immense Marc Bloch bien sûr. La lecture de l'Etrange défaite a été un vrai choc pour moi. Elle m'a rappelé mon enfance et mon grand père qui m'a raconté son 1940 dans l'artillerie anti-aérienne. Mon pauvre Papi n'a jamais compris ce qui était arrivé....


A savoir, je crois que Gamelin avait par ailleurs un reste de Syphillis mal soignée ce qui peut poser des problèmes d'acuité de l'intellect.....

Anonyme a dit…

Qualité du matériel ET disponibilité. Si le Dewoitine n' était pas si mauvais, combien de centaines sont restées à la sortie de l' usine en attendant leurs hélices ?

Erick

fboizard a dit…

«L'argument avancé du matériel me semble plus comme une excuse d'un encadrement déficient qui ne savait plus manoeuvrer»

Non, la formation, la doctrine, le matériel, ça va ensemble.

Quand on n'a pas la bonne doctrine, on n' a pas le bon matériel.

Les problèmes de matériel ne sont pas tant une excuse que la concrétisation d'une mauvaise doctrine et d'un mauvais commandement.

«à part l'immense Marc Bloch bien sûr. » L'Etrange Défaite a tout de même un défaut, bien souligné par Françaois Depla : il se concentre sur les origines françaises de la défaite mais il oublie les causes allemandes de la défaite et, notamment, la très habile politique hitlérienne qui nous y a mené.

Si il ne s'est trouvé quasiment personne en juin 40 pour conseiller la résistance outremer, cela est en grande partie du à la manière dont Hitler a préparé le terrain politique (lire François Delpla).

Anonyme a dit…

je cous conseille de lire "Mai Juin 40" qui font intervenzndunir des historiens étrangers sur la question ,ce qui évite les élucubrations sur l'affaiblissement moral et la trahison.

Et je ne vois pas pourquoi le fait que Gamelin soit de l'intendance ferait de lui un mauvais général.Pour l'anecdote ,le génie responsable de Diem Bien Phu était un cavalier.


http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2862609919

J'en ai fait une synthése rapide sur un autre forum; la voici :


Je tire la synthése suivante du livre : "Mai Juin 40" Collection Autrement et plus particuliérement l'article de Dennis Showalter "Ce que l'armée Francaise avait comprise de la guerre moderne".

En 1921 le service militaire était de deux ans, il passe a un an en 1928.

Les tactiques utilisées par l'armée a la fin de la grande gerre reposait sur le feu et le mouvement ce qui recquerrait outre de grandes capacités physiques et morales, de l'initiative,de l'adresse au tir et du sens du terrain, qualités s'acquérant soit par l'expérience ,soit par l'entrainement poussé.

Pendant l'entre deux guerre,l'armée d'active, au lieu d'étre une force de professionels se connaissant et s'entrainant a la guerre de manoeuvre, était un cadre d'entrainement dont les officiers supérieurs et sulbarternes consacraient la plus grande partie de leurs temps a la gestion et la l'administration. Ceux de la reserve étaient encore moins efficace.

Le résultat sur le terrain c'était un commandement par le consensus ou les ordres suceptibles d'étre remis en question n'était pas données et les missions accomplies par l'affirmation collective.

Une mobilisation générale voulait dire le triplement des effectifs des unités d'actives, ce qui impliquait l'impossibilité pour ces unités de commencer la guerre par une action offensive.L'armée avait besoin de temps pour préparrer ses troupes.


D'ou la ligne Maginot, concue pour gagner du temps, avant une offensive.

La doctrine Francaise est celle de la bataille préparée ou tout est orchestré du haut ou tout est planifié.

Cette doctrine était lente a réagir et trés lourde, mais elle présentait l'avantage de coordoner les forces, la logistique et la puissance de feu.

Elle ne nécessite que peu de sens tactique et de capacités a commander en dessous du niveau du bataillon (la ou les reservistes étaient majoritaires).

Les techniques d'infiltration des troupes d'assaut Allemande en 1918 suceptibles de fausser cette belle mécanique, n'impressionait guére, étant donné qu'ils avaient attaqués jusqu'a l'anéantissement.La percée avait été endiguée.

Ll'incorporation bisanuelle voulait dire que par manque de moyens les appellés était entrainé au mieux pendant 6 mois, le reste étant dépensés en corvées diverses.

Un cinquiéme des hommes ne savait pas tirer au fusil ( dans un régiment d'infanterie),un quart n'avait jamais lancé une grenade et les trois quart ne savaient pas ajuster un masque a gaz).


Conséquence ; un déclin de la culture de compétence.

" toutes les institutions militaires dépendent fortement, pour leur crédibilité parmi les hommes de troupes de leurs capacités a organiser l'emploi du temps de facon a donner ua moins l'impression que les responsables savent ce qu'ils font.

Paperasserie, corvée, caserne miteuse n'étaient pas de nature a atirrer les jeunes adultes."

Une culture de refus du risque apparait chez les officiers ,qui ,plongée dans la bureaucratie,savent qu'ils seront cassés si ils soulévent le probléme des capacités face aux responsabilités.

L'initiative, l'originalité sont nuisibles a ce systéme, elles sont donc sanctionnés au profit de l'obéissance et de la discipline.


La dessus apparait la notion de mécanisation de l'armée, et nottament de l'armée d'active,

Mais ces quelques divisions (7 au total ) recoivent une formation pour étre une ligne Maginot mobile qui enleverra de la pugnacité au "Boche", toujours dans l'optique de gagner du temps au début de la guerre.


La doctrine défensive influe aussi sur la conception du materiel, les chars francais ne sont que trés rarement dotés de radio alors que les fortifications en sont largement dotés.

Ce qui implique qu'un changement de doctrine, surtout fait dans l'urgence n'a pratiquement aucune chance de marcher.la structure de l'armée et son équipement ne pouvait permettre une copie de la blitzkrieg.

Méme si de Gaulle avait été écouté,il y auraient eu peux de chances qu'un appareil efficace puisse étre construit avant le début des hostilités.


Et de l'autre coté ?

Les Allemands disposent d'une petite armée d'élite hautement motorisé et trés mobile, 90% de leurs troupes utilisent encore leurs pieds et le cheval.

Ils disposent de 2400 chars contre 4200 chez les alliés,3500 avions contre 4500 alliés,les Allemands alignent 140 divisions contre 144 chez les alliés.

Ils n'ont donc pas la supériorité du nombre.


Jusqu'en 1935 l'Allemagne dispose d'une armée professionelle de 100 000 hommes ou seule l'élite des candidats est selectionée.

Aprés 1935 et jusqu"au début des hostilités,les conscripts de la premiére vague sont de 100000 hommes par an seulement, le service durant deux ans.

Et l'armée Allemande commence la campagne de France aprés celle de Pologne.

Au niveau tactique, sa supériorité est claire


C'est la facteur temps qui a été crucial.La percée et son exploitation a été si rapide que le systéme l'armée Francaise n'a pas eu le temps de réagir.

Face a des advesaires utilisant des systéme similaires, mais possédant des avantages géographiques les protégeant d'une guerre rapide ( nottament l'URSS), la blitzkrieg a finni par s'enrayer et la quantité a repris le pas sur la qualité.

fboizard a dit…

J'ai lu Mai-Juin 1940 de la collection Autrement il y a longtemps, je ne l'ai plus sous la main pour me rafraichir la mémoire.

Parler d'affaiblissement moral est subjectif, mais les témoins, pas tous des pétainistes, de l'époque ne reculaient pas devant ces termes.

Quant à moi, je parle plutôt d'affaiblissement intellectuel, car De Gaulle n'a pas prôné les chars comme ça, dans le vide. Il a décrit précisément ce qui allait se passer, il a té prophétique (même si certains ont chipoté après coup).

Or, il n'a rencontré qu'un succès d'estime, et encore.

De plus, les leçons de la guerre de Pologne en septembre 39 ont été ignorées.

Anonyme a dit…

il a été prophétique

Allez l'occasion est trop belle de chipoter...
C'est le général Estienne qui est visionnaire.
Rien de bien neuf chez De Gaulle.

Anonyme a dit…

Estienne avait compris la liaison chars/avions, lui.

Anonyme a dit…

Je cite :

Sur un plan plus opérationnel, J.F.C. Fuller ou le général Estienne, concevant la guerre
blindée, formuleront des conceptions – notamment au travers du document TSR III de
Fuller – dont Guderian et von Melhentin reconnaîtront avoir tiré partie lorsqu’ils
concevront la théorie du Blitzkrieg. Certes, ils auront l’idée de coupler l’avion au char
quasi-organiquement. Mais le concept d’emploi des chars, qu’ils raffineront, sera
directement issu de la pensée du Britannique et du Français.

Rendez à Estienne ce qui est à Estienne et laissez le prophète De Gaulle à sa place...

Anonyme a dit…

Très bonne analyse sur le sujet :

http://forum.periskop.info/viewtopic.php?t=153

Allez à "De Gaulle et la 4 DCR"
Le colonel est à sa juste place, il bouge et c'est déjà beaucoup pour l'époque mais en faire pour autant l'homme providentiel, le prophète...c'est un peu fort de café.

fboizard a dit…

«En faire pour autant l'homme providentiel» Quoi que vous en pensiez, je suis convaincu que c'est le cas à partir du 18 juin 1940.

Pour le prophète des chars, je m'en fiche un peu, puisque ni De Gaulle, ni Estienne, ni personne faisant la promotion des divisions blindés n'ont été entendus.

Autre chose : Pertinax dans les Fossoyeurs racontent les polémiques au ton fort vif entre le colonel De Gaulle et le colonel de Lattre de Tassigny à propos de l'emploi des chars.

L'anecdote est intéressante quand on sait que les pertes de la 2ème DB ont considérablement augmenté à partir du moment où elle a été rattachée à de Lattre (que Leclerc traitait par ailleurs de menteur, bonjour l'ambiance).

Anonyme a dit…

Je ne suis pas d'accord avec votre jugement sur Weygand. Lorsque ce dernier a été appelé à la direction de la manœuvre, la défaite était consommée et bien plus que militaire, elle était totale. A part quelques exceptions notables, comme Jean Moulin à Chartres, les structures même de l'Etat avaient complètement disparu et personne, au sommet, ne possédait ou ne pouvait obtenir les renseignements indispensables pour organiser un minimum de résistance sérieuse (sauf évidemment à accepter une occupation totale du territoire métropolitain et à poursuivre la guerre à partir des colonies). Weygand avait 73 ans et il est déjà miraculeux qu'il ait pu revenir du Liban compte tenu de la situation en Métropole. De plus, et il peut-être commis des erreurs de jugement mais qui n'en aurait pas fait à sa place, il est un des rares responsables à avoir fiat preuve de caractère au moment. L'étrange défaite, pour reprendre le mot de Marc Bloch est avant tout la faillite des élites d'un pays, que cette élite soit de droite ou de gauche.
Les 100000 militaires français morts au cours de cette campagne (un mois et demi) témoignent à eux seuls de l'âcreté et de la dureté des combats. Il n'y a pas eu que des lâches. L'armée française disposait de nombreux équipements de qualité (char Somua,chasseur D520 sans oublier une marine de premier plan) mais la hiérarchie militaire de l'époque était tellement médiocre (Gamelin souffrait réellement de syphilis et pas au stade initial de la maladie) que les actes de courage rencontrés (il y en a eu beaucoup) ne pouvaient guère changer la donne. Le GQG français a été informé des préparatifs de la percée ardennaise par des reconnaissances aériennes mais a refusé d'en tenir compte (comme nos dirigeants actuels, gauche et droite confondus, refusent d'appréhender la réalité du monde économique en particulier, prisonniers qu'ils sont de leurs mensonges et tellement assoiffés de pouvoir) et c'est en toute connaissance que le plan Dyle a été appliqué. Au vu des plus récentes recherches sur le sujet, tous les plans, comme celui du fameux réduit breton, était voué à l'échec. Seul un départ du gouvernement pour l'AFN aurait peut-être pu être envisagé mais avec quelle conséquence pour la population métropolitaine.
Avec le recul du temps, les décisions prises par le Gal de Gaulle en juin 40, si elles apparaissent extrêmement courageuses et flattent notre orgueil national, ressemblent énormément à un quitte ou double qui, bien que fondé sur une excellente approche globale (cette guerre est une guerre mondiale) était un pari bien aléatoire quant au résultat final.
J'aimerai être certain que la France de janvier 2008 ne soit pas à l'image de celle de juin 1940 mais j'ai malheureusement de sérieux doutes.

François Delpla a dit…

je découvre à l'instant ce débat.

Effectivement j'ai commis quelques écrits sur cette campagne, résumés en divers endroits de mon site : http://www.delpla.org

L'habileté de Hitler, cher Franck, il faudrait développer pour avoir une chance de convaincre :

-avant tout il se fait sous-estimer, sur un plan personnel comme national; l'Allemagne est crue au bord de l'asphyxie et de l'implosion, et il n'y est pas pour rien (par exemple, ses victoires sans guerre de 36-39 créent l'illusion qu'une fois qu'on lui déclare la guerre il est cuit);

-outre l'usage sans retenue ni vergogne de l'arme blindée contre tous les conservatismes y compris l'allemand, il déclenche l'entrée de l'adversaire en Belgique (que pour ma part j'estime indispensable au type de victoire qu'il visait), par une série d'intoxications suivant lesquelles il ne vise que le (futur) Benelux : comme il est censé ne pas avoir le projet,d'une offensive plus vaste, il apparaît sans risque de le lui disputer, et dangereux de ne pas le faire (les Alliés entendent gagner la "bataille des neutres").

etc.

Pierre Robes-Roule a dit…

Il me semble que Georges Mandel a été arrété au Maroc. L'idée d'une France combattante d'Outre-Mer (cf aussi l'épisode de Dakar) est donc assez vain au regard de ces 2 faits. N'oublions pas non plus le triste sort de la Flotte. Bref quand il n'y a pas d'esprit combattant et bien c'est foutu.

fboizard a dit…

La résistance outremer par le gouvernement officiel et légitime, ça aurait été autre chose.

Anonyme a dit…

La résistance outre mer, c'était du fantasme a moins de la faire au Tchad ou a Tahiti.

Hitler aurait juste poussé ses Panzer un peu plus loin et les aurait fait débarquer a Tripoli un peu plus tot.

Pendant ce temps la,seule la loi martiale allemande s'appliquerait en France avec la conséquence que l'on imagine sur le pays.

Les Italiens se serait largement servi sur nos colonies et sur le Sud de la France.

Il n'y avait pas d'industries en AFN capable d'alimenter une économie de guerre et probablement une économie tout court.

Enfin, les autochtones n'était pas tous amicaux comme la suite de l'histoire l'a montré et aurait été facilement retourné contre nous par les forces de l'Axe.

fboizard a dit…

> Les Allemands auraient traversé la Méditerranée comme ils ont traversé la Manche ?

> La loi qui se serait appliquée en France aurait été celle qu'on subit les Pays-Bas et la Belgique dont les gouvernements étaient à Londres, en quoi était-ce si différent de la loi de Vichy ?

C'est vain de chercher à refaire l'histoire. Mais, à mon avis, c'est une erreur de considérer que l'armistice était la seule solution.

Anonyme a dit…

Dans la Manche il y avait la Royal Navy qui empechait de traverser.Et dérriére un pays entier et intact qui attendait les troupes de débarquement Allemande pour une chaude réception.

Dans la méditéranée, c'était plutot la Régia Marina qui dominait.Mussolini l'a laissé au port pendant toute la guerre parcqu'il ne voyait aucun intérét pour l'Italie a l'utiliser pour l'Axe, mais la perspective de nos colnies l'aurait fait changer d'avis.
Et les Allemands n'aurait pas eu a prendre des ports d'assaut pour débarquer.Les ports Lybiens faisait trés bien l'affaire.
Et enfin, ne pas oublier que si Franco, alleché lui aussi par nos colonies, c'était mis de la partie en laissant les Allemands passer jusqu'a Gibraltar,nous aurions été encore plus vite cuit.
De gaulle a choisi Londres pour lancer son appel, pas Alger.

fboizard a dit…

«Dans la Manche il y avait la Royal Navy qui empechait de traverser.»

Dans l'hypothèse d'un transfert légal en AF du N., il y aurait eu la Royal Navy ET la marine française.

«De gaulle a choisi Londres pour lancer son appel, pas Alger.»

Bien sûr puisque le gouvernement légal le considérait comme dissident, n'empêche qu'il a espéré le ralliement de Noguès.

Puis, De Gaulle lui-même, qu'a-t-il fait si ce n'est utiliser le peu de colonies qu'il controlait comme base de reconquête ?

zephirin a dit…

Continuer à vouloir expliquer la défaite par l'incapacité ou la syphilis de Gamelin (personne n'en parlait en 40 !!) n'est pas digne d'un historien et c'est tromper les gens. C'est prendre un bouc émissaire et lui mettre toutes les responsabilités sur le dos alors que ses prédecesseurs en ont au moins autant.Le parti Pétain-Weygand s'en sort mieux le procès de Riom a laissé des traces).Qu'il ait manqué de caractère en ne démissionnant pas, soit ( cela aurait été mieux pour lui) mais pas d'intelligence et d'honneteté dans un milieu politique assez médiocre. Pouvait on faire mieux devant une Allemagne deux fois plus nombreuse et surtout entrainée. Peut etre en 36 mais plus en 40 malgré notre effort qui date surtout de 38 et nous laissait espérer...