mardi, décembre 09, 2008

Subtilité, complexité et intelligence

Dans de nombreuses discussions sur internet à propos des «plans de relance», je songe notamment à Econoclaste, on confond subtilité, complexité et intelligence.

On peut tenir un raisonnement très complexe, très subtile, et pourtant totalement idiot, parce qu'il ne repose sur aucune réalité.

C'était typiquement le cas des marxistes il n'y a pas si longtemps : ils étaient d'une subtilité bien au delà de mes capacités, pourtant ils pensaient dans le vide. Les gens qui vivaient sous un régime inspiré par le marxisme avaient envie de le fuir. Cette réalité écrasait tous leurs subtils distinguos.

J'avoue ne pas toujours saisir les arguments avancés en faveur des plans de relance, mais quand, par un réflexe salvateur, j'essaie de me raccorcher à la réalité en posant la question «Y a-t-il jamais eu un plan de relance qui ait fonctionné ?» , je n'obtiens pas de réponse.

Ceci tend à renforcer dans mon opinion que les fameux «plans de relance» ne reposent sur rien que des idées fumeuses et aucune réalité.

La subtilité et la complexité sont plus souvent qu'à leur tour un moyen de cacher l'absence d'intelligence.

Rappelons nous les discussion du sexe des anges pendant la chute de Byzance : nul doute que s'y déployaient complexité et subtilité, mais où était l'intelligence ?

Les gens vraiment intelligents que j'ai eu la chance de rencontrer se distinguent par un discours limpide, du genre qui vous fait paraître simple un problème compliqué (je me souviens d'une conférence de Cohen-Tanugi sur la physique quantique) ; alors que chez la plupart des économistes et des sociologues que je lis et que j'entends, j'ai la sensation exactement inverse : il font paraitre complexes des problèmes simples. Cela me rend très soupçonneux.

Quand on lit Bastiat, Hayek, Tocqueville, on trouve cette clarté intellectuelle qui semble échapper aux socialistes. C'est sans conteste une raison de mon attirance pour le libéralisme. Bien sûr, leurs adversaires taxent cette limpidité de manque de subtilité, mais cela devient une querelle esthétique : l'intelligence doit-elle être obscure ?

On est à fronts renversés : les libéraux expriment souvent de manière simple des idées subtiles tandis que les socialistes expriment de manière ampoulée et obscure des idées simplistes (1).

Finalement, il y a une pierre de touche : tous ces gens prétendent analyser le réel. En quoi leur pensée adhère-t-elle à la réalité ? Les Anglo-Saxons appellent cela un «reality check».

La macro-économie entre merveilleusement dans ce cadre, elle jongle avec les concepts (qui a jamais vu un PIB ?). C'est bien souvent une série d'abstractions finement articulées mais flottant en l'air, détachées de la réalité. Les macro-économistes, tous ces «experts», qui défilent dans nos medias, me font penser à ces docteurs médiévaux débattant, à partir des dissections de Gallien sur les lapines, si l'utérus des femmes étaient bifides ou non à coups d'arguments auxquels il ne manquait qu'une chose : reposer sur la réalité. Il suffisait d'y aller voir.

Pour expliquer la crise actuelle,et pour résoudre, il me semble plus intéressant d'étudier les relations d'un emprunteur avec son banquier ou d'un trader avec son patron que de nous aligner les pourcentages de PIB «injectés» dans l'économie.

Bien sûr, j'ai pris l'exemple facile de la crise actuelle, mais ce tropisme qui consiste à confondre complexité et intelligence me semble fort répandu.

Peut-être parce que, nos concitoyens étant de plus en plus incultes et inaptes à des raisonnements rigoureux (merci l'Ed Nat), il est de plus en plus facile, en notre époque bavarde, prétentieuse et communicante, de leur faire prendre des vessies pour des lanternes, c'edt-à-dire la complexité et le jargon pour de l'intelligence.

(1) : «si tous les hommes vivaient d'amour, il n'y aurait plus de misère».

20 commentaires:

Théo2toulouse a dit…

Quelles que soient les options choisies pour un plan de relance, elles échoueront inévitablement :
- si vous faites du déficit, il faudra soit baisser les dépenses soit augmenter les impôts, mais comme la première option est impossible à réaliser pour des motifs démagogiques, les gouvernements opteront pour la seconde. Quand on augmente les impôts, on désincite les producteurs à créer des richesses et les points de croissance artificiellement obtenus seront annihilés en peu de temps ;
- l'emprunt : il faudra rembourser et donc augmenter les impôts ;
- faire tourner la planche à billets : tous les gains seront grignotés par la hausse des prix.

En fait, tout part d'un présupposé archi-faux consistant à croire que l'Etat crée des richesses (en revanche il crée de la pauvreté, même là où il n'y a pas). L'Etat tire ses ressources de la contrainte et non de l'échange. Il tape dans des richesses créées par d'autres pour les redistribuer. Où est la création de richesses là-dedans ? Il déplace arbitrairement la finalité de ces transferts et fausse les activités prises en charge par le marché.

Si les hommes de l'Etat connaissait la loi de Bitur-Camember ...

L'hérétique a dit…

Ah, j'aime bien l'aphorisme :-) :
les Socialistes expriment de manière ampoulée des idées simplistes et les Libéraux des idées complexe de manière simple.
Je le retiens celui-là :-)

Tonton Jack a dit…

C'est effectivement une bonne question, y-a-t-il eu dans l'histoire un plan de relance qui a produit les résultats escomptés ?
J'aurais tendance à répondre oui, au moins un. Ce fut celui lancé par le Dr Schacht (cf. A. Sauvy La machine et le chômage, p. 58) sur les traites travail en 1931-1932.
Il a tellement bien marché que, d'après Sauvy, mais si M. Delpha passe sur ce blog son avis m'intéresserait au plus haut point, Hitler a précipité sa prise de pouvoir.
Mais c'était un système complètement dingue, dans une économie très fermée - contrôle des changes très strict - , après un choc économique d'offre bien plus important que celui que nous connaissons - donc avec des capacités de production inoccupées et qui pouvaient avoir des débouchées -.

Sur la base de cette exemple - rappelons que le New Deal de FDR n'a pas fonctionné, Sauvy le dit et un politiste US que j'ai déjà cité Selznick rappelle en 47 dans TVA and the Grass roots combien même la TVA fut un sacré mic mac - , pour qu'une relance par la demande fonctionne, il faut :
- une relance vraiment massive (avec de la monnaie de singe dans ce cas);
- un contrôle des changes stricte (pour éviter que la relance se fasse à l'extérieur par les importations);
- des capacités de production très excédentaires (pour avoir une élasticité importante) ET qui répondent à la demande nouvellement créée.

Dans le cas français, notre économie ne réunit aucune des conditions: relance minable, ouverture des marchés, appareil productif en carafe et inadaptée (sans compter sur tout l'arsenal réglementaire qui conduit à réduire considérablement l'élasticité de l'offre : embauche, législations de protection diverses et variées, droit du sol et j'en passe).

Les relances par la demande ( Chirac 75 ou Mauroy 81 ) ont toutes les deux été des échecs patents : déficits et inflation.

L'autre idée d'une relance par l'offre - investissement public - pour générer de l'inflation qui va faire monter les prix et rétablir un équilibre avec les salaires compatible avec la productivité (cf. Rueff ) me paraît impossible en France : inflation impossible dans un seul pays à cause de l'Euro, marges de manoeuvre budgétaire inexistantes, problème dans la réflexion du dans quoi investir de manière productive.

J'ai en ce moment le mot de Burke qui résonne dans mes oreilles: un système qui n'a pas les moyens de se réformer est voué à disparaître.

Ce n'est pas glorieux, c'est même inquiétant, mais je ne vois guère plus dans ce brouillard.

Cordialement

PS: entièrement d'accord avec les propos de Théo2toulouse.
Faire un plan de relance en gageant le paiement des déficits par des gains futurs n'a jamais marché : les gains futurs, s'ils sont venues, ont toujours été consommés ailleurs.

fboizard a dit…

Il est exact que la relance de Schacht a fonctionné mais vous en décrivez les conditions.

Autrement dit, pour qu'une relance fonctionne, il faut vivre en dictature.

Sauvy raconte qu'il y a eu une inflation du prix des baignoires puis une thésaurisation des baignoires (!) parce qu'on n'avait pas pensé à en contrôler les prix.

Comme je l'ai plusieurs fois écrit, je suis effaré que l'unanimité relanciste soit si forte, même chez des gens qui devraient mieux savoir (je pense à certains journalistes économiques).

Cela donne une idée du niveau de peur. On se raccroche à la pensée magique, comme la décrivait ironiquement un commentateur : «On ouvre le robinet de la dépense publique. Le fluide bienfaisant se répand dans les tuyaux. L'économie refleurit.»

Il y a aussi les ravages du scientisme décrit par Hayek : l'économie serait une machine, ou un animal bien dressé, on raisonne en grosses masses, à coups d'animisme («Le PIB grimpe» «Le marché pense»). Il suffirait d'appuyer sur les bons boutons, de donner les bons ordres pour que tout reparte.

Ce genre de raisonnement est par essence étatiste : qui peut donner les ordres et appuyer sur les boutons, à part l'Etat ?

C'est pourquoi ceux qui pensent ainsi finissent toujours par approuver le principe des plans de relance étatiques : cela cadre avec leur vision mécaniste de l'économie.

Tonton Jack a dit…

Effectivement, la vision mécaniste de l'économie explique bien des choses.
Pourtant, depuis 1922 et Economic calculus in socialism commonwealth de Mises, on devrait savoir que l'économie n'est pas une mécanique bien huilée comme une horloge suisse, c'est le calcul imprécis et improbable de milliard d'individus avec leurs envies, leurs besoins, leurs moyens etc. Bref, un truc qui dépasse de loin le champ de l'intelligence d'un homme ou d'un groupe d'homme.

Cordialement,

Robert Marchenoir a dit…

Les gauchistes ont toujours adoré enfumer le monde avec leur prétendue "complexité". Ca dure depuis Sartre. C'est imbitable, donc ça doit être supérieurement intelligent.

Vous remarquerez que, parmi les objections gauchistes automatiques, il y a: "C'est plus compliqué que ça". Hélas, ils s'arrêtent toujours là, et ne nous font jamais l'honneur d'expliquer en quoi c'est "plus compliqué" que "ça".

Probablement parce que ce serait trop compliqué pour eux.

Variante: "C'est simpliste"; "c'est du gros bon sens". Donc du populisme. Et le peuple, comme chacun sait, est incapable de penser droit (je veux dire gauche) sans le secours de l'avant-garde éclairée de la classe ouvrière.

Il est quand même étonnant de constater à quel point le snobisme est une caractéristique de la gauche.

Matthieu a dit…

"J'avoue ne pas toujours saisir les arguments avancés en faveur des plans de relance, mais quand, par un réflexe salvateur, j'essaie de me raccrocher à la réalité en posant la question «Y a-t-il jamais eu un plan de relance qui ait fonctionné ?» , je n'obtiens pas de réponse."

Donc si on suit ce raisonnement, il m'est impossible de réussir un soufflé au fromage puisque dans le passé je n'ai jamais réussi... Et dire que tout tient là-dessus et qu'en plus vous êtes soutenu... c'est triste.

pedro a dit…

@ Robert Marchenoir

A contrario les discours gauchistes simplissimes passent très bien, par exemple les vulgates de la théorie du complot, ou les schémas explicatifs très simples de luttes des classes qui fournissent des clés prétendant expliquer la réalité.
Par exemple : le but économique et politique de Sarkozy est de s’enrichir lui et ses amis au détriment d’une classe ouvrière corvéable, le but des réformes de l’éducation nationale étant de lui fournir les petites mains sans cervelles indispensables à ses usines.
Voilà le kit de base de la réflexion et des discours de gauche, depuis les syndicalistes de base jusqu’aux députés.
Dans ce cas expliquer et affiner demande du temps et est effectivement "plus compliqué" que "ça".
Il n'y a souvent pas le temps d’expliquer (à la télé notamment) et de toute façon vouloir expliquer alors qu’il y a une explication simple - principe de parcimonie oblige - c’est que l’explication proposée est exacte et que l’on cherche à noyer le poisson. Ou que l’on est bien naïf.


@ Matthieu,
Les leçons de l’histoire, sans doute, n’ont aucune importance ?
Votre raisonnement est le suivant : personne n’a jamais réussi de soufflé au fromage en suivant cette recette, mais la recette paraît correcte, je vais la suivre malgré tout, je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas.
Je ne comprends pas.

Tonton Jack a dit…

Pour filer la métaphore du soufflet au fromage, ça veut surtout dire que pour l'instant, tout ceux qui ont tenté de faire ce soufflet n'y sont pas arrivés, sauf dans des circonstances particulières qui ne sont pas réunies ici.

Cordialement

Matthieu a dit…

Voilà ! Si les circonstances ne sont pas les mêmes, le résultat n'est pas le même ! D'où l'espoir de réussite des plans de relance de nos gouvernants : la situation n'est pas la même (époque, niveau technologique, bilan financier, fonds disponibles...), le plan de relance n'est pas le même, ça se ressemble mais ce n'est pas la même chose. Il faut arrêter les amalgames pourris.
ATTENTION !! Je n'ai pas dit que j'avais confiance dans les plans de relance proposés, je dis juste que le raisonnement utilisé ici est fallacieux.

fboizard a dit…

@ Tonton Jack

Comme vous l'avez compris, j'ai la plus grande méfiance vis-vis des macro-économistes et des sociologues, ils me rappellent trop les docteurs sorbonicoles de Rabelais.

Ils sont capables de bâtir un raisonnement sophistiqué sur des prémisses faux.

Yvan Roufiol a un jour écrit que la principale fonction des sociologues était de vous convaincre que vous ne voyez pas ce que vous voyez (par exemple vous voyez que les émeutes de banlieues sont raciales et non sociales. Hé bien, les sociologues sont prêts à vous convaincre du contraire).

Je n'apprécie guère plus les économistes, c'est un libéral qui avait dit d'eux (Paul Fabra ? De Closets ? Jacques Marseille ?) : «Il faut être très intelligent pour NE PAS comprendre les causes du chomage en France».

A leur décharge, je dois dire que la vision mécaniste de l'économie a de puissants attraits, le principal étant qu'elle rassure.

Une vision plus correcte de l'économie, comme soumise à un ensemble de lois (loi de l'avantage comparatif, loi des débouchés, loi de Laffer, etc ...) indépendantes, parcellaires et pas toujours très bien démontrées, est beaucoup plus angoissante.

@ Bob

C'est une des différences fondamentales entre libéralisme et socialisme : le socialisme suppose toujours d'une manière ou d'une autre une avant-garde éclairée et, comme les intellectuels se voient très bien dans ce rôle, ils sont de gauche. C'est pourquoi le snobisme est tout à fait à l'aise à gauche.

@ Matthieu

Pour le soufflé au fromage, il faut que les bords du plat soient bien propres. Vous pouvez les lubrifier avec de l'huile.

Pour le reste, votre raisonnement, que vous n'êtes pas le seul à tenir, au point que j'en avais fait le sujet d'un message, rappelle le précepte Shadok n° 3 :

Je pose la question «Y a-t-il jamais eu un plan de relance qui a réussi ?»

A partir de là, on bâtit un arbre simple :

1) Oui. Dans ce cas, s'est-on inspiré de ce(s) plan (s) ?

2) Non. Dans ce cas, pourquoi ces plans passés ont-ils échoué et a-t-on fait en sorte que les plans actuels n'aient pas les mêmes raisons d'échouer ?

Or, on nous a parlé de deux plans antérieurs :

> le plan japonais qui a échoué. On a attribué cet échec à un manque de réactivité et on a conclu qu'il falllait intervenir très vite. Cette explication n'est qu'à demi satisfaisante. Il est possible que ça soit l'idée même de ce plan qui fut erronée : on en fait pas boire un âne qui n'a pas soif.

> le New Deal a été présenté dernièrement comme un succès ; ce qui est, au mieux, optimiste. Rappelons que, sans même aller jusqu'à faire intervenir Friedman et compagnie, que Jacques Rueff et Alfred Sauvy, qu'on ne peut taxer de libéralisme forcené, étaient fort sceptiques sur la réussite du New Deal.

En réalité, comme le signale très justement Tonton Jack, le seul plan de relance qui a sans conteste fonctionné est le seul dont on n'a pas parlé, et pour cause : c'est le plan Schacht (ce n'est sans doute pas totalement un hasard si, parmi les pays opposés à des plans de relance, on trouve l'Allemagne).

Ma question est loin d'être infondée, puisque la réponse en est : on n'a pas tiré les leçons des plans antérieurs, qu'ils aient réussi ou échoué. J'ai donc quelques raisons de douter de la réussite des plans actuels.

Mais si, malgré tout, cette question ne vous convient pas, je peux vous en poser d'autres en guise de «reality check».

Par exemple, comment sont faits les arbitrages des plans de relance ? Comment décide-t-on d'aider tel secteur plutôt que tel autre ? Par quels processus s'assure-t-on que les choix sont optimisés ?

Je soupçonne que si l'on analysait cette question en détail, on s'apercevrait que les critères sont médiatiques et électoraux et non économiques.

Robert Marchenoir a dit…

"Donc si on suit ce raisonnement, il m'est impossible de réussir un soufflé au fromage puisque dans le passé je n'ai jamais réussi..."

Cette phrase illustre parfaitement deux autres spécialités de la gauche, en dehors de la complication inutile: 1) l'ignorance complète de la logique, 2) le nombrilisme terminal.

Agrémentées, bien entendu, de la conviction contraire: les gens qui manifestent le plus ces deux défauts passent leur temps à expliquer qu'ils sont plus intelligents et plus altruistes que les autres.

Donc, Matthieu, le fait que vous soyez infoutu de réussir un soufflé au fromage ne signifie pas que personne n'en ait jamais réussi un. Cela signifie simplement que vous êtes un mauvais cuisinier.

En revanche, affirmer qu'aucun plan de relance n'a jamais réussi (j'ignore si c'est vrai, mais c'est ce qu'a suggéré Franck) signifie que PERSONNE, JAMAIS, n'en a réussi un.

Et si cela est exact (encore une fois, je n'en sais rien), ALORS, il y a au minimum une TRES FORTE PRESOMPTION que ce soit parce que les plans de relance ne peuvent pas fonctionner, parce que c'est une mauvais idée en soi, et non parce que ceux qui les ont conçus ou appliqués s'y sont mal pris, ou qu'ils n'ont pas eu de chance.

Maintenant, si vous voulez apporter une contradiction utile au débat, vous pourriez nous citer un plan de relance qui a réussi, et expliquer ce qui vous fait dire qu'il a réussi. Si, bien sûr, vous avez des informations allant dans ce sens.

Evidemment, les communistes ne s'arrêtent pas à de telles broutilles: ce n'est pas parce que ça n'a jamais marché dans l'histoire de l'humanité que ça ne peut jamais marcher.

L'URSS, ce n'était pas le communisme, c'était la déviation stalinienne. (J'ai encore lu ça pas plus tard qu'hier dans le Monde Diplo sous la plume de Lucien Sève -- oui, il m'arrive parfois d'avoir de mauvaises lectures.)

Eux qui nous parlent, les vrais communistes, ils sont plus intelligents que les milliards de cons qui se sont succédés sur terre depuis les débuts de l'humanité, et si l'on consent à leur donner les clés du pouvoir (qui sont dans la boîte à gants), on verra ce qu'on verra, ils vont créer l'homme nouveau et tout ça va changer, moi j'vous l'dis.

fboizard a dit…

Dans mon commentaire précédent j'ai oublié un lien :

Les Shadoks de la relance

C'est la troisième devise (paragraphe 2) qui concerne Matthieu.

Bob,

Je pense que nos commentaires se sont croisés.

Veuillez m'excuser pour la syntaxe approximative et le Français inélégant d'un commentaire rédigé à la va-vite.

Théo2toulouse a dit…

La différence entre le soufflé au fromage et la relance est de deux ordres :
- le cuisinier et ses convives auront peut-être quelques désagréments mais ils seront très passagers alors qu'avec la relance les français auront la chiasse pendant un bon bout de temps (chômage, impôts encore plus importants, etc).
- le soufflé ne fera quelques victimes alors qu'un plan de relance touchera un gros paquet de gens même ceux qui n'ont rien demandé.

J'y pensais ce matin, l'économie n'est pas un moteur auquel il faudrait mettre un peu de dégrippant dès que ça coince pour le faire repartir. L'économie, c'est l'interaction de centaines de millions d'êtres humains aux intérêts et aux buts différents. Or comme ce sont des êtres humains, des fois ils se plantent, mais ça fait partie de la vie.
A la différence d'un moteur, un être humain pense et agit en fonction de sa situation et des buts qu'ils se fixent. C'est pour cette raison que l'économie planifiée a échoué et échouera toujours.

"sans le secours de l'avant-garde éclairée de la classe ouvrière."

Voulez-vous parler de celle qui dort au chaud aux frais de la princesse dans les amphis des facs de lettres, celle qui peuple les UFR de sociologie et celle qui ne sait même pas où est la bibliothèque de la fac et qui se targue de savoir mieux que le ministre comment on fait fonctionner l'université française ?

PS : pour le soufflé, je connais quelqu'un qui le prépare divinement bien, toujours dans un plat en verre.

Matthieu a dit…

Merci pour tout ces conseils culinaires ! =D un peu d'humour ne fait jamais de mal et ce blog en manque cruellement.
En ce qui concerne les plans de relance, et pour continuer l'analogie du soufflé, il est bien plus difficile à réaliser que n'importe quelle recette : il n'y a pas de recette fixe ou miracle, il faut toujours adapter à la situation et comme la plupart de nos dirigeants ont étudié le droit (ou la pharmacie) et non l'économie, ils se retrouvent bien embêtés lorsqu'il s'agit de décisions économiques complexes telle que celle-ci. Je pense qu'un plan de relance peut fonctionner, mais ça serait déjà un miracle que des baltringues comme eux ne se perdent pas dans leur baignoire, alors relancer l'économie... ça sera pour un prochain gouvernement.

pedro a dit…

"y-a-t-il eu dans l'histoire un plan de relance qui a produit les résultats escomptés ?"

Et qu'en est-il du plan Marshall ?

fboizard a dit…

Pas mal, Pedro, bel effort.

Ce pendant, le plan Marshall ne visait pas à résoudre une crise économique (les dégâts étaient tels que, de toute façon, la reconstruction imposait une très forte reprise de l'activité).

De plus, avec le recul, on s'aperçoit qu'il a un effet plus psychologique et politique qu'économique.

En tirant les choses très fort par les cheveux, on peut considérer le plan Marshall comme une relance réussie.

Ce qui fait, comique de situation, que les «relancistes» passent sous silence les deux seuls plans de relance ayant fonctionné, l'un parce qu'il vient des Américains, Satan fantasmé, l'autre parce qu'il vient des nazis, Satan réel.

pedro a dit…

"Tu n'as jamais entendu parlé du Plan Marshall ?"
C'est ce qui m'a été répondu, avec un haussement d'épaule à mi-chemin entre l'évidence agacée et le mépris, quand je me suis hasardé à poser la question sus-nommée à un collègue d'histoire. Il a complété à peu près ainsi :
"comme quoi les plans de relance c'est quelque chose qui fonctionne. D'ailleurs je crois que ce coup ci tout le monde a bien compris qu'il faut que l'état intervienne dans l'économie. Dommage qu'il ait fallut une crise pareille pour le comprendre."
Je dois avoué que j'ai laissé filer la discussion...

fboizard a dit…

Alors, mettons les points sur les i.

J'ai répondu un peu à la légère dans mon commentaire précédent pour me moquer des relancistes.

Le plan Marshall n'est pas un plan de relance car ce n'est pas Etat creusant ses déficits dans l'espoir de «relancer» (c'est-à-dire, en réalité de plomber pour les dix prochaines années) son économie.

C'est une aide venue d'un pays étranger, autrement dit, on échappe totalement à la problématique de la «relance» qui est «relancer avec des dettes qui devront être payées un jour».

Au contraire, le plan Marshall, c'est tout bénéf pour les destinataires, aucune dette, aucune charge.

Conclusion : votre prof d'histoire est nul en histoire ou en économie ou les deux.

Ce qui, depuis qu'un hurluberlu pseudonymé Canut est intervenu sur ce blog en se prétendant prof d'histoire, ne m'étonne plus guère.

Je suppose que «professeur d'histoire» est le terme administratif pour propagandiste marxiste membre d'ATTAC (bon, Ok, j'exagère, même peut-être pas tant que ça).

Théo2toulouse a dit…

Le plan Marshall était fait avant tout pour éviter que l'Europe de l'Ouest ne tombe sous la férule des communistes.

On pourrait répondre au collègue de Pedro : savez-vous que le plan Marshall a été proposé également par les Américains à Staline et que celui-ci a refusé, car s'il avait accepté, c'eût été avouer la supériorité du capitalisme sur le communisme ? En fait, pas besoin de plan Marshall pour arriver à cette conclusion. Et quand bien même l'URSS aurait accepté l'aide, le résultat aurait été exactement identique.