mercredi, août 12, 2009

Il manque un roi à la France

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Avertissement. Cet article s'adresse avant tout à des vrais Français, avec quelque culture et quelque sentiment historique. Si vous êtes un de ces décérébrés, ces crétins, suivant l'heureuse expression de Brighelli, comme le goulag pédagogique en fabrique des millions, vous risquez d'être choqué, ou même de ne rien comprendre. Cependant, vous êtes tout à fait libre d'essayer de lire le texte qui suit.
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Dans le vocabulaire politico-médiatique, «républicain» et «citoyen» remplacent toujours plus «français». C'est ainsi qu'on ne parle plus que de «l'école de la République» ou des «lois de la République».

C'est un mensonge éhonté : nous sommes français avant que d'être républicains et citoyens. On peut même être excellemment français sans être ni citoyen ni républicain (1). Ni même démocrate, ni «tolérant».

Si les valeurs républicaines dont on nous rebat les oreilles consistent à nous laisser envahir chaque année par des centaines de milliers d'étrangers et à laisser la totale impunité à des sauvageons, je suis contre la république.

Le pouvoir républicain tel qu'il est exercé depuis quelques décennies est une trahison de chaque jour. Je n'avais aucun a priori contre la république. Par le passé, elle a bien mérité de la patrie. Il se trouve qu'aujourd'hui, la république devient une machine à trahir.

C'est une visite désespérante que celle de la basilique de Saint-Denis, un des hauts lieux de notre histoire, cernée par les vendeurs de drogue, les trafiquants, les étalages à la sauvette, les immigrés de toutes sortes, certains illégaux, à n'en pas douter, et pas un Français de France à l'horizon, ou alors égaré et comme en territoire étranger.

Mieux que tous les discours et toutes les analyses, un tel pèlerinage donne la mesure de la trahison de nos politiciens.

La Révolution fut un coup de hache, ou plutôt de guillotine, dans la continuité historique de notre pays. Cette coupure des racines a tué le sacré.

Nous connaissons précisément les raisons de cette brisure, elles ont été l'obsession de maints philosophes et historiens au XIXème siècle et encore au XXème.

La racine du mal, c'est le remplacement rousseauiste des hommes réels, concrets, avec leurs racines et leur histoire, par des hommes abstraits, supposés intrinsèquement bons et uniformément semblables. Ainsi ont été déligitimés tous les particularismes, qui font les hommes de chair et de sang : histoire, traditions, rites, coutumes. Et au sommet de ces traditions, trône le sacré, qui lui aussi fut abattu.

Or, cette absence de sacré en politique est une perte terrible sur le long terme. Robespierre lui-même l'a bien senti puisqu'il a tenté d'établir le culte de l'être suprême.

Et que font d'autre les présidents de la Vème république, «au-dessus des partis» que de mimer, assez piteusement, le sacré royal ?

Il manque quelqu'un qui parle pour la France, et non pas seulement pour les Français. Plus personne ne parle pour la France. Et, par une suite logique, à force de ne plus parler pour la France, on finit par en oublier aussi de parler pour les Français.

Qu'il le veuille ou non, le roi est sacré car l'oint du Seigneur. Bon ou mauvais, il personnifie la France. Il est partout chez lui en son royaume, non pas qu'il possède tout, mais il est légitime partout. Dans son être, se retrouve la continuité de la France.

Délivrés par la monarchie rétablie de la nécessité d'incarner eux-mêmes la France, devoir qui leur incombe mais qu'ils négligent, les politiciens pourraient arrêter de mélanger les genres et se consacrer pleinement à la politique. Un Churchill ne fut pas gêné d'avoir un roi au-dessus de lui, bien au contraire. De plus, ayant le roi au-dessus d'eux pour personnifier la France et sa continuité, la trahison (comme ce mot revient souvent !) serait sans doute moins aisée.

Cela ne réglerait pas les problèmes : une mauvaise politique resterait une mauvaise politique. Je n'ignore pas que les monarchies européennes se débattent dans des difficultés semblables aux nôtres. Mais, du moins, l'amour de la patrie cesserait d'être regardé de travers et un ultime recours serait possible.

Bien entendu, le rétablissement de la royauté en France est hautement improbable. Le peuple français subit depuis deux siècles un enseignement hautement politisé (au début de la république, il avait le courage de s'avouer tel) qui ne sauve du mépris que Saint Louis (et encore) et Henri IV.

Cependant, l'histoire est riche de rebondissements, nous ne sommes jamais certains de rien. Peu importe d'ailleurs pour l'instant de savoir si ce but a quelque chance d'être atteint, le simple fait d'y réfléchir et d'en discuter permet de mettre en lumière nos déficiences et de tenter d'y remédier.

Ah, comme je me languis d'un politicien qui ne parlerait plus de la république, dont je me fous comme d'une guigne, mais de la France.

(1) : dans la même veine réductrice, certains considèrent que trouver le système de sécurité sociale totalement idiot est se montrer mauvais Français. Il faut avoir la vue bien courte pour en venir à placer l'essence française dans ces détails circonstanciels et contingents. C'est à cette myopie provoquée que travaille l'endoctrinement de l'EN.

10 commentaires:

Criticus a dit…

J'adhère à l'ensemble du billet, sauf à sa thèse : le principe dynastique est hautement dangereux, quand la dynastie en question n'est plus guère représentée que par des « fins de race ». L'héritier capétien comme Bonaparte serait aujourd'hui incapable de régner sur la France. Et je vois mal le début d'une nouvelle dynastie, même si les médias voient dans Jean Sarkozy, aussi médiocre que son père, un potentiel successeur à Nicolas. De toute façon, quand bien même la France trouverait l'homme providentiel qui pourrait refonder la monarchie, comment être sûr que ses successeurs l'égaleront ? Il n'y a qu'à regarder ce qu'est devenu le fils du général de Gaulle. Je crois plutôt au principe électif tel que De Gaulle l'a institué en 1962. Si les Français élisent par la suite un mauvais président, ce qu'ils ont fait sans discontinuer depuis 1974 (et j'en viens presque à me demander si le moins mauvais n'a pas été celui élu en 1981 et réélu en 1988...), c'est qu'ils se sont choisi un président à leur image. Rien ne garantit qu'un nouveau monarque serait meilleur qu'eux. Regardez un peu les familles royales européennes...

fboizard a dit…

Un monarque moderne règne, il ne gouverne pas.

Criticus a dit…

Justement, comment la frontière serait-elle établie ? Un monarque aurait sensiblement les mêmes pouvoirs que ceux du président de la Ve République (lequel, s'il s'en tient à la lettre de la Constitution, a peu de pouvoir, comme les trois cohabitations l'ont bien montré).

Comment, dès lors, empêcher que ce monarque se mue en chef de parti ?

fboizard a dit…

Regardez la Grande-Bretagne, les Pays-Bas.

Bien sûr, en France, le rétablissement de la monarchie serait un événement.

Criticus a dit…

Comme précisé dans mon premier commentaire, je ne suis pas "emballé" par les monarchies européennes. Le problème de la nature et de la forme du régime me semble secondaire : républiques ou monarchies, tous les pays occidentaux sont décadents...

Gabriel a dit…

Globalement d'accord avec l'article, mis à part que je préfère l'Empereur au Roi. Je trouve ça nettement plus classe.

Sinon, si le président est politisé et gouverne, c'est parce qu'il doit être élu, ce qui l'oblige à avoir tout un appareil partisan derrière lui, et le rend par ailleurs maître dudit appareil, et donc chef de parti. Une autre possibilité de président "régnant" mais sans gouverner, c'est le président type Israël, où il n'a aucun pouvoir. Et je ne suis pas sûr que ça marche, car même là, l'élection est politisée...
Par contre, il y a quand même une objection des républicains qui me paraît difficilement contestable : comment justifier qu'un homme soit promu souverain par le simple fait de sa naissance ? Quand d'autres ont bien plus de mérites que lui...

fboizard a dit…

«comment justifier qu'un homme soit promu souverain par le simple fait de sa naissance ? Quand d'autres ont bien plus de mérites que lui...»

Bien au contraire, c'est là l'intérêt principal du roi : il est désigné selon une règle arbitraire intangible et incontestable, qui n'est pas liée à des jugements toujours fragiles et contestables sur sa personnalité.

Croyez vous que nos ancêtres étaient des idiots qui croyaient le roi parfait, ou même simplement méritant ?

alexandre a dit…

Maurice Dantec a écris un jour que les Etat-Unis sont une monarchie dont le monarque est la Constitution.
Je pense qu'il a touché là un point essentiel pour comprendre les Etats-Unis, tout en montrant qu'il existe un moyen de sauver le principe monarchique des avanies de son incarnation dynastique, qui n'en est au fond que l'expression faible et corrompue (humaine me direz-vous).

H. a dit…

Article très intéressant dont je partage les conclusions: plus je vieillis, plus je me sens français et moins je me sens républicain. En particulier, j'abhorre, le mot est faible, ces appels incessants aux principes "républicains" et "citoyens" par ceux là-même qui les respectent le moins et qui ont transformé des sentiments ou attitudes des plus nobles (magie de la langue française) en l'infâme salmigondis actuel. Nous ne sommes pas loin, parfois, d'une rhétorique qui n'a rien à envier à celle en vigueur en Corée du nord et autres paradis communistes.

Le débat était profond, entre 1870 et 1914, entre monarchisme et républicain. J'en arrive parfois à soupçonner les seconds d'avoir délibérément entamé et poursuivi la boucherie qu'est la WWI afin d'asseoir leur régime: tout bon politicien qui se respecte sait que le baptême du sang vaut toutes les onctions. Lisez, si ce n'est déjà fait, l'Histoire de France de Jacques Bainville (éditions Tempo). C'est assez éclairant (en plus, passionnant à lire).

fboizard a dit…

Bainville, c'est déjà fait.

Mon monarchisme, tout platonique qu'il est, est très récent et sans illusions.

Mais je souffre de voir ce qu'on fait de la France et des Français,toujours avec les mots "citoyen" et "république" à la bouche, comme un mauvais tic de langage, au point qu'ils me deviennent odieux.