vendredi, décembre 14, 2012

La stratégie du désordre


A l'instar de Stéphane Denis, je suis persuadé que le désordre actuel est perçu par François Hollande comme étant à son avantage. Il n'a probablement pas tort. En brouillant les pistes, en s'efforçant de camoufler toute ligne directrice, en occupant l'espace médiatique de ses défauts, puisqu'il ne peut pas l'occuper de ses qualités, François Hollande empêche les oppositions de se coaguler en une révolte organisée. Il n'a donc en face de lui que des mouvements d'humeur, des gestes de mépris, certes peu agréables, mais point dangereux. Le mépris seul n'a jamais fait perdre le pouvoir à personne.

Bien sûr, la politique suivie par le gouvernement est claire pour qui se donne la peine d'être attentif : elle est d'un socialisme sectaire, avec son cortège liberticide de répression et de misères (comme disait récemment un intervenant de BFM : «Je ne sais pas ce que vont donner les mesures du gouvernement, mais je sais qu'elles sont l'opposé de ce qui a marché dans d'autres pays (1)»).

Combien de Français sont assez captivés par la politique pour faire cette analyse ?

La plupart se contentent, car ils ont d'autres soucis, de la propanga staffel télévisuelle, qui est pleinement complice de la stratégie du désordre.

Evidemment, il serait du rôle de l'opposition constituée de tenir un discours clair et net, d'éclairer les zones d'ombres du gouvernement, de tenir des raisonnements droits pour contrer les louvoiements ministériels, de dévoiler la part obscure. Mais l'opposition, Marine Le Pen comprise, est à peu prés aussi socialiste et aussi progressiste que le gouvernement. Comment les notables des partis pourraient-ils raisonner juste contre une politique qu'au fond de leur coeur, ils approuvent ou, du moins, ne désapprouvent pas dans le principe, seulement dans le degré ?

Nous, à qui le socialisme fait horreur, à quelque degré qu'il soit, avons compris les stratagèmes hollandistes, mais qui nous entend ?

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(1) : il aurait même pu ajouter : «et en France par le passé»

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