lundi, avril 01, 2013

Les deux problèmes du moment : les institutions et le chef

Dans cette émission, Jean-Pierre Petit dresse un  tableau très noir de la situation française, qu'il qualifie de décadence, avec les symptômes que mes fidèles lecteurs connaissent bien : démagogie, social-clientélisme, nominalisme, etc.

Un des intervenants, patron (2), lui répond qu'il y a des gens très bien en France.

Jen-Pierre Petit réplique que ce n'est pas le problème, qu'il y a aussi des gens très bien en Argentine, mais que ce qui fait la différence entre les pays, c'est la «gouvernance» et que la qualité du personnel politique français ne cesse de décliner depuis trente ans.

Il trace ainsi en quelques mots le problème.

La «gouvernance», j'appelle cela les institutions.

Nostalgiques des poisons et délices de la IVème République, les apparatchiks de la fausse droite et de la vraie gauche se sont entendus comme larrons en foire pour dénaturer complètement, à coups de réformes constitutionnelles magouillées entre eux, les institutions de la Vème République.

Ils ont réussi l'exploit de ne garder de la constitution gaullienne que les défauts.

Suivant l'adage qu'il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problème pour les résoudre, nous ne pouvons compter ni sur la vraie gauche ni sur la fausse droite pour une réforme radicale de nos institutions.

Il reste donc la vraie droite, telle qu'on la voit apparaître dans les Manifs pour Tous. Cette vraie droite a besoin, pour se fédérer, d'un vrai chef. Sinon, nous pouvons nous attendre au même naufrage que les Tea Parties américaines.

De ce point de vue, Frigide Barjot est une catastrophe (voir l'article de Roman Bernard).

Or -on en revient à Jean-Pierre Petit- la qualité du personnel politique a décliné à ce point qu'on ne voit aucune institution d'où pourrait venir une personnalité à la fois forte et compétente (il faut les deux caractéristiques).

Les Français de 2013 étant ce qu'ils sont, c'est-à-dire amollis par une société de confort, je ne pense pas qu'ils feront émerger le chef radical et exigeant qui leur manque.

La suite de la jacquerie de la France bien élevée est donc écrite : l'extinction progressive avec quelques groupes radicaux trainant par ci par là et qui serviront de noyaux au prochain mouvement.

Et pendant ce temps, la France continuera de s'africaniser (3), de se «bantoustaniser».

Si l'analyse rationnelle conduit à ce noir pessimisme, il ne faut pas oublier que l'histoire est le domaine de l'imprévu et il ne faut pas perdre la foi.

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(1) : il fait une différence entre décadence et déclin. Le déclin est passager. La décadence est auto-entretenue.

(2) : au passage, cela montre que les patrons peuvent être très bons en micro-économie et très nuls en macro.

(3) : je n'entends pas seulement cette africanisation en termes raciaux. Nicolas Sarkozy essayant de caser son fils à l'EPAD ou François Hollande se dépatouillant de ses multiples pseudo-épouses, ce sont des bouts d'africanisation.

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