jeudi, avril 02, 2015

Hélas, je n’y perds pas mon latin

Un jour, je me suis retrouvé à parler du latin avec un collègue qui avait passé le latin comme deuxième langue aux concours alors que je l’avais passé en deuxième langue au bac. Nous devisions sur cette langue à la fois étrangère et si familière. Le latin est, pour un Européen, un oxymore : une langue maternelle étrangère.

C’est fini : à « l’école de la république », l’apprentissage du latin devient impossible, par décret de Mme Vallaud.

Pas la peine de longues explications. Entre l’utilitarisme, l’égalitarisme et le nihilisme, il y a suffisamment de mots en « isme » pour comprendre. Il faut sans doute y ajouter la haine moderne de la beauté sous toutes ses formes.

Nous sommes en plein dans les thèses de Rémi Brague (et d’autres) : la culture est chose très fragile. Il suffit qu’une génération (en l’occurrence, les enfoirés de 68ards et leurs descendants directs) refuse de transmettre pour que la chaine soit rompue à jamais. Cette catastrophe a déjà eu lieu à la fin de l’empire romain d’occident, cela n’était pas beau à voir.

Le palmarès de nos destructeurs est impressionnant : français ? Fini. Grammaire ? Fini. Orthographe ? Fini. Littérature ? Fini. Histoire de France ? Fini. Logique ? Fini. Calcul ? Fini. Géométrie ? Fini. Faut-il que la haine soit profonde en leurs cœurs pour arriver là. On le connaît bien ce mélange de la rancœur adolescente et de la jalousie des médiocres.

Fumaroli et Letac sur le massacre du latin

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris
Italiam, fato profugus, Laviniaque venit
litora, multum ille et terris iactatus et alto
vi superum saevae memorem Iunonis ob iram;
multa quoque et bello passus, dum conderet urbem,
inferretque deos Latio, genus unde Latinum,
Albanique patres, atque altae moenia Romae

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