dimanche, décembre 13, 2015

Le scrutin majoritaire à deux tours et la physique de la cocotte-minute

Le scrutin majoritaire à deux tours oblige à des alliances. C'est mécanique. On vient encore de le voir avec les élections régionales.

Le Front National a beau être devenu le premier parti de France, il n'a que deux députés et aucune région.

Cela condamne entre 25 % et 40 % des électeurs a avoir peu de représentants et encore moins de responsabilités exécutives, quelques mairies, pas plus.

C'est une catastrophe démocratique. Surtout si l'on tient compte de l'abstention. Les derniers scrutins signifient que les partis dits de gouvernement représentent dans l'évaluation la plus optimiste un tiers des Français au total, donc chacun 10 % à 20 %.

Comment peut-on gouverner dans ces conditions ? C'est très simple : en ne faisant rien de clair, net et tranché, en brouillant les pistes, en faisant de la "com". La politique Sarkozy/Hollande. Autrement dit, le non-gouvernement, la fuite en avant sur la lancée, européiste, immigrationniste, atlantiste, étatiste, progressiste mais sans l'assumer et sans le soumettre explicitement au jugement des Français. Combien de temps cela peut-il durer ? Mystère.

La suite, hélas, est assez prévisible : un jour, si rien ne change dans les partis dits de gouvernement, ils seront à ce point discrédités que le Front national dépassera les 50 % à une élection nationale et ce sera le saut dans l'inconnu. Arriveront au pouvoir des gens qui, quelles que soient leurs qualités personnelles, n'auront d'expérience majoritaire qu'au niveau municipal.

C'est le problème de la cocotte-minute, c'est bien beau de souquer le couvercle quand la pression monte mais si en plus on a fermé la soupape, ça finit par péter.

Bien sûr, cela s'est déjà produit dans l'histoire de France, puisque nous sommes un pays merveilleux avec un système politique raté et un Etat défaillant. Mais les précédents n'incitent justement pas à la franche rigolade.

C'est pourquoi j'aurais préféré que le FN fasse ses preuves, positives ou négatives, dans une ou deux régions. Les caciques parisiens du PS en ont décidé autrement, pour le plus grand malheur de la France, je crois. Mais s'en préoccupent-ils ?


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