lundi, mars 20, 2017

La mort en direct de la démocratie

La campagne électorale française pour les présidentielles est en train d’avorter, tuée par les journalistes, les politiciens et, ne surtout pas les oublier, les oligarques mondialistes (Bergé, Niel, Drahi et compagnie).

Bien sûr, les électeurs de droite peuvent en vouloir à la collusion de Hollande, du Canard Enchaîné et du PNF d’avoir rendu leur candidat inaudible. Mais les électeurs de gauche n’ont guère plus de raisons de se réjouir, avec Hamon et Mélenchon bâillonnés de fait. Quant aux électeurs des « petits » candidats, ils ont de quoi être désespérés . Pour finir, une unique thématique stérilisera tout le débat médiatique : quel niveau atteindra le FN ? Qui « fait le jeu », ou pas, du FN ? Aucun candidat n’a pu contourner ce barrage médiatique comme Trump l’a fait avec Twitter, mais il est vrai que son audience était assurée par sa position en tant qu’un des deux candidats dans le système américain bi-partisan.

Si nous vivions dans une démocratie en état de marche, les choses se passeraient ainsi. Un débat politique aurait lieu, avec ses outrances, mais aussi avec ses moments d'intelligence. La politique ferait un grand virage à droite et, si la situation des électeurs les plus désespérés ne s’améliorait pas instantanément, ils n’en auraient pas moins la satisfaction d’être entendus.

Au lieu de quoi, nous avons la gauche-castor (qui comprend d’ailleurs une bonne partie de la droite) dont le seul projet est de « faire barrage » au FN, autrement dit, qui n’a plus aucun autre projet politique que de se cramponner à ses places quelques années de plus.

Les Français ne sont pas coupables : les sondages, les discussions de café, tout indique qu’ils aimeraient qu’on cesse, au moins un petit peu, de les prendre pour des cons. Leurs réactions, plaçant les politiciens, les juges et les journalistes dans les professions les moins crédibles et les moins respectables, montrent qu’ils ne sont dupes de rien.

Mais ils sont quand même responsables, au moins de ne pas se révolter. On connaît le mécanisme : pour l’instant, la révolte n’est pas dans la rue, tant qu’il y a l’espoir (l’illusion ?) que cette révolte puisse se faire dans les urnes, en votant Le Pen.

Mais si cet espoir, faute de se concrétiser, se dissipait ? Les bonnets rouges puissance dix ?

Cependant, il y a un autre scénario, peut-être meilleur, peut-être pire : les changements de politique forcés par l’extérieur. La fin du mondialisme par le retour du protectionnisme, la fin de l’européisme par éclatement de l’Euro, etc. Le problème est toujours le même : il est idiot de compter sur les hommes qui ont créé les problèmes pour les résoudre. Comment croire que des hommes qui ont plus que leur part dans le Système seraient les mieux placés pour en gouverner la sortie, d’autant plus si cette sortie se faisait sous la pression des circonstances et non par un choix délibéré ?

Et puis, il ne faut jamais oublier l’épée de Damocles de la dette publique. Les révolutions commencent toujours par une crise financière (ou une défaite) pour une raison simple : les finances sont (avec la guerre) le seul domaine de la politique où on ne peut mentir indéfiniment. Quand les taux d’intérêt sont stratosphériques, ça merdoie grave.

Mais tout cela est à l'horizon de quelques mois, ce qui, en ces temps d'accélération de l'histoire, est long.

Aujourd'hui, à court terme, nous assistons à la mise à mort de la démocratie française et les raisons n'en sont pas mystérieuses, elles sont même limpides pour qui a des yeux pour voir : le refus de la classe dominante du libre jeu démocratique, parce qu'il l'emmène vers une politique qui la défavorise, et l'impuissance des forces démocratiques, en gros les classes moyennes, à le lui imposer :

« En 2017 ou en 2022, la France périphérique fera basculer la présidentielle ». Entretien avec le géographe social Christophe Guilluy

Je vous propose d'analyser dans les semaines et les mois qui viennent le destin de la France à l'aide du schéma classique (de Pareto, me semble-t-il). Les problèmes politiques non résolus ne disparaissent pas, ils se posent de loin en loin, chaque fois plus aigus jusqu'à aboutir à l'une des trois issues :

♘ les élites arrivent à résoudre les problèmes par tâtonnements (cas de la Reconquista espagnole).

♘ on change d'élites jusqu'à trouver des élites capables de résoudre les problème (cas de la révolution française).

♘ l'entité politique incapable de changer d'élites et de résoudre les problèmes disparaît (cas de l'empire aztèque).



















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