mardi, mai 01, 2018

Brexit : la démocratie anglaise à l'épreuve

Les Lords viennent de voter un amendement (pas de Brexit sans accord) qui, s'il était confirmé par les Communes, viderait le Brexit de sa substance, en mettant en permanence la Grande-Bretagne en position d'infériorité durant les négociations avec les tyrans technocratiques de Bruxelles.

Certains (c'est mon cas) considèrent cet amendement comme une trahison.

Mais le problème est plus large. D'un point de vue strictement juridique, le référendum sur le Brexit était consultatif, il n'a pas force de loi (contrairement au referendum de 2005 en France, et on a vu ce qu'il en est advenu).

Donc rien n'impose formellement aux institutions de respecter le résultat du référendum. Le seul vrai moyen carré d'obtenir un Brexit véritable selon la tradition britannique, c'est d'avoir au Parlement une majorité pro-Brexit, ce qui n'est pas le cas.

La question devient passionnante. Depuis des siècles, la Grande-Bretagne, en concurrence avec la Suisse, est citée comme un exemple de démocratie. Mais va-t-on respecter l'esprit (il est clair que le peuple anglais est pour le Brexit, les Remainers sont d'ailleurs en moyenne moins anglais que les autres) ou la lettre (pas de majorité parlementaire pro-Brexit) ?

Je connais beaucoup de pessimistes qui pensent que la question est déjà tranchée. Je n'en suis pas si sûr.


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