mercredi, juin 13, 2018

Propaganda : la fabrique du consentement

Un documentaire passionnant sur la propagande en démocratie :

 

Comme le fait remarquer un des intervenants, la fabrique du consentement est tellement puissante que, même lorsque le marionnettiste explique ses trucs (il n’y a rien de caché, les fondateurs, Bernays et compagnie, ont écrit des tonnes de bouquins), les gens ne peuvent pas s’empêcher de tomber dans le panneau. C’est le même truc que les rires enregistrés sur les émissions comiques : les gens disent les détester, mais quand on fait la comparaison, on s’aperçoit qu’ils préfèrent quand même celles où il y a les rires enregistrés.

Faire une pub « Achetez mon produit, c’est le meilleur », c’est grossier.

Il y a beaucoup plus fin.

Les leaders d’opinion, par exemple. Une profession respectée, les médecins. Si les médecins vous conseillent de faire un solide petit-déjeuner, vous allez les écouter, n’est-ce pas ? Et vous ne saurez jamais que l’étude était financée par un fabricant de bacon (qui a fait fortune). Hé oui, le petit-déjeuner américain bacon and eggs, qui paraît si évident, si traditionnel, est une création marketing des années 20.

L’humour. Les blagues de blondes, c’est spontané, n’est-ce pas ? Il ne vous viendrait pas à l’idée que c’est la création d’un vendeur de teinture noire ? Et pourtant …

Le merveilleux de tout cela, c’est que c’est consenti, non-contraint. Mais est-ce la liberté ?

Vous me direz : « Et si le fabricant de décolorant fait des blagues sur les brunes ? Tout cela s’équilibre ». Non, car la propagande coûte cher et, dans la propagande, il y a une prime au premier. Tout cela favorise outrageusement les puissances établies. Ce n’est pas un hasard si, depuis ces techniques, il n’y a pas eu de révolution (là encore, je n’invente rien, je ne fantasme pas : ce sont les professionnels qui s’en vantent).

La solution est connue, mais hélas hors de portée psychologique de la plupart : débrancher. C’est pourquoi on rationalise, on se raconte des conneries du genre « Oui, mais moi, je filtre » qui font bien rire les professionnels.

Vraiment, les blagues de blondes, vous filtrez en pensant que c'est un coup de marchand de teinture ? Vous vous foutez de ma gueule ? Orwell était moins naïf : quand on écoute Big Brother, volontairement ou non, il en reste toujours quelque chose.

Il y a aussi la variante de Volkoff : échantillonner à basse fréquence. Lire l’Huma et Minute une fois par semaine.

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