dimanche, février 24, 2019

Question de vocabulaire : dictature ou tyrannie ?

Depuis qu'il a été élu, Emmanuel Macron est en train d'établir un régime antidémocratique (j'y reviens plus loin dans ce billet).

C'était largement prévu (il suffisait de lire ce blog 😀), c'est pourquoi je persiste à en vouloir aux électeurs de Macron de premier et de second tours. Le sujet est trop grave pour que je pardonne facilement. L'argument « On pouvait pas savoir » signe juste la stupidité ou le manque d'intérêt pour la politique (mais, dans ce cas, pourquoi voter ?) de celui qui le profère.

J'ai l'habitude de qualifier le régime macronien de « tyrannnie ». A lire cet extrait de l'article de Michel Geoffroy, j'ai un doute :

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Demain la dictature ?

C’est là que l’essai de Philippe Bornet sur la dictature, vient éclairer d’un jour sombre celui de Fabrice Grimal. Car « la méditation des leçons du passé est la seule prophétie des gens raisonnables ».
Qu’est-ce que la dictature en effet ? « Le propre de la dictature est d’être légale, au moins a posteriori » avertit Philippe Bornet en s’appuyant sur une analyse détaillée des précédents historiques. Il montre que la dictature apparaît dans des circonstances précises : la guerre à l’extérieur, les factions et le chaos à l’intérieur.
« Les représentants de la nation doivent se sentir menacés par le peuple qui rêve de les voir finir au bout d’une corde. Aussi ces représentants prennent-ils le pari de se désister au profit d’un dictateur, qui confisquera peut-être ce pouvoir auprès duquel ils émargent, mais endossera aussi le passif de leur échec et confirmera leurs privilèges. Avant toute dictature, il y a négociation et rachat à bon compte d’une dette historique entre l’oligarchie et le futur dictateur ».  Et c’est pourquoi il est préférable que « le futur dictateur fasse partie de l’oligarchie, qu’il en partage les intérêts et les préjugés, les mœurs et le langage ».
La dictature vise donc à rétablir, par la force, un certain ordre. « Plutôt une injustice qu’un désordre », tel est toujours le mot d’ordre du parti de l’ordre. La dictature se présente alors comme le moyen d’empêcher la révolution ou de l’arrêter une fois déclenchée. Pour préserver parfois aussi l’intérêt de ceux qui en ont profité, comme ce fut le cas de la bourgeoisie française après la Terreur.
L’analyse de Philippe Bornet débouche évidemment sur une interrogation sous-jacente : la dictature peut-elle revenir au goût du jour en France – qu’elle soit une dictature 2.0 ou un totalitarisme mou ne changeant rien à l’affaire ?
Ou pour le dire autrement : qui peut prendre le pari que la dictature ne sera pas l’ultime recours des profiteurs de la révolution néocapitaliste – l’oligarchie, l’eurocratie, ses idiots utiles ou la macronie aux abois – qui a conduit les peuples à la déchéance, à la pauvreté et finalement à la révolte ?
Alors, la France est-elle à l’heure de la révolution ou de la dictature ? Ou bien des deux à la fois successivement ?
Pour répondre à ces interrogations, mais aussi mieux comprendre ce qui se passe dans notre pays, on ne saurait donc trop recommander la lecture croisée de l’essai de Fabrice Grimal Vers la révolution avec celui de Philippe Bornet Demain la dictature.
Michel Geoffroy

21/02/2018
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Jusqu'à maintenant, je considérais, en vieux latiniste, que la dictature devait être légale et dans l'intérêt du pays (caveant consules ...). Ce fut probablement le cas (cela reste à discuter) des régimes de Franco et de Pinochet.

Evidemment, le régime macronien ne remplit pas cette seconde condition puisqu'il est le bras armé du régime européiste/mondialiste en France, que, dès qu'on songe à la France plutôt qu'à son patrimoine, on déteste la politique de Macron.

C'est pourquoi je préférais parler de tyrannie.

Mais le régime macronien ne présente pas le caractère désordonné et arbitraire, capricieux, de la tyrannie. Il est encore entouré de formes légales, même si celles-ci sont d'une parfaite hypocrisie. On y retrouve toute l'opposition entre légitimité et légalité : Macron est à peu près légal (tout de même, élection dans des conditions douteuses) mais pas du tout légitime (il se soumet à d'autres intérêts que ceux de la France). En cela, il ressemble beaucoup au régime pétainiste.

C'est pourquoi je change d'avis, je parlerai désormais de dictature, parce qu'elle est légale.

Première remarque : la dictature Macron n'est pas une nouveauté, elle n'est que l'aboutissement d'un long processus de dérive anti-démocratique. Quand je dis que je l'avais prévu, c'est au début de la présidence Hollande que j'ai exprimé mes craintes le plus clairement ! Macron n'est que le prolongement.

La dictature macroniste ressemble beaucoup à la dictature louis-philipparde. Elle se caractérise par :

1) L'extrême-centrisme : le refus acharne de toutes les solutions radicales (éclatement de l'Euro, chantage à l'éclatement de l'UE, bras d'honneur à Berlin et à Bruxelles, sortie de l'OTAN, alliance anglaise, arrêt de l'immigration ...) permettant à la France de retrouver son indépendance et sa souveraineté (on songe à Jean Dutourd :  « Sous l'ancien régime, il arrivait que les Français fussent malheureux mais la France n'était pas menacée. Sous la république, c'est l'inverse : il arrive que les Français soient heureux mais la France est sans cesse en danger »).

2) Le grignotage de la liberté d'expression par une accumulation de lois ad hoc.

3) L'étouffement à mort du débat public par un pesant consensus politiquement correct, dont les journalistes sont les commissaires politiques (voir l'affaire Gave). Dont la répression de l'humour.

4) La répression politique par un usage très partial des lois (enquêtes sur FI et FN par rapport à pas d'enquête sur MODEM et LREM, matraquage des Gilets jaunes par rapport à pas de matraquage de la racaille, etc. ).

5) La répression fiscale.

Mettons à part les macronistes purs et durs, qui sont de purs imbéciles ou de durs cyniques.

Les macronistes réticents (dont je suis entouré) sont d'extrêmes-centristes : tout plutôt que de voir bousculer le petit monde où ils vivent bien. C'est un calcul pas forcément idiot : les vraies catastrophes qui bouleversent la pyramide sociale sont rares dans l'histoire. Mais ce n'est qu'un calcul. Pas très glorieux, « les eaux glacées du calcul égoïste ». Il ne faut rien avoir à transmettre, ou une vision très étroite de ce qu'on a à transmettre.



Allez, puisque nous serons libres le jour où il n'y aura plus de police de l'humour, quelques blagues soviétiques :

Un homme s’énerve tellement à propos de la file d’attente à faire pour acheter de la vodka qu’il dit "Je vais aller au Kremlin et je vais tuer Gorbatchev". Lorsqu’il revient, les autres dans la file lui demandent :

"Alors, as-tu tué Gorbatchev ?", et il répond : "Non, la file d’attente est encore plus longue là-bas".

Le fait que Gorbatchev ait répété lui-même cette blague lors d’une interview en 1995 est un élément particulièrement révélateur. Dans la dernière phase du communisme soviétique "les blagues étaient reconnues comme étant dépositaires de la vérité".

L’humour constituait à la fois un mécanisme politique et une échappatoire à la réalité. La culture humoristique communiste était particulière écrit Lewis, "les blagues communistes défiaient le système et l’idéologie de l’Etat. Elles n’étaient pas seulement une distraction ; elles pourraient avoir aidé à transformer le monde."

Quelques blagues clandestines pendant la période soviétique :

Trois travailleurs se retrouvent en prison et se demandent l’un l’autre pour quelle raison.

Le premier répond : "J’arrive toujours en retard de 10 minutes au boulot, c’est pourquoi on m’a accusé de sabotage."

Le second : "J’arrive toujours avec 10 minutes d’avance au boulot, c’est pourquoi on m’a accusé d’espionnage."

Le troisième : "J’arrive toujours à l’heure au boulot, on m’a donc accusé d’avoir une montre étrangère."


Pourquoi le KGB opère par groupe de trois ?

Un sait lire, un autre sait écrire et le troisième garde un œil sur les deux intellectuels.

Un officier du KGB marche dans un parc et rencontre un vieux Juif lisant.

- Que lis-tu vieil homme ?

- J’essaie d’apprendre l’hébreu

- Et pourquoi vous apprenez l’hébreu ? Il vous faudra des années pour obtenir un visa pour Israël. Vous serez mort avant d’avoir obtenu vos papiers.

- J’apprends l’hébreu car quand je mourrais et que j’irais au paradis que je serais capable de parler à Abraham et Moise. On parle l’hébreu au paradis.

- Mais que ferez-vous si vous allez en enfer ?

- Mais je connais déjà le russe.


Brejnev tombe éperdument amoureux d’une danseuse du Bolchoï. Après une cour pressante, il parvient enfin à la convaincre de venir dîner au Kremlin. Là, malgré tous ses efforts la ballerine résiste à ses avances. A bout d’arguments ainsi que de patience, Brejnev promet de lui accorder la première faveur qu’elle demandera.

- Je veux, dit la danseuse, je veux que tu ouvres les frontières.

- Ah, timide, tu veux donc que nous restions seuls…

Existe-t-il des droits d’auteur pour les blagues politiques?

- Oui, cela dépend de la qualité de l’histoire et ça peut aller de trois ans à la perpétuité…




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